On
se baignait en bord de plage. Elle m'éclaboussait
d'eau pour que je me venge en faisant semblant de vouloir
la noyer. Comme j'étais fier que tout le monde
la regarde dans son maillot sexy. D'habitude, c'était
moi qui regardais les hommes et les femmes qui s'aimaient
mais aujourd’hui, c’était enfin mon
tour d’avoir ma femme à moi. Bien sûr,
elle était trop belle pour ne désirer que
moi et ne plus en changer. Elle se faisait draguer par
de nombreux mâles qui ne voyaient pas en moi un
rival sérieux. Elle leur répondait en me
pointant du doigt qu'elle n'aimait que moi. Ils avaient
alors un gloussement et partaient ricaner tout en continuant
de la regarder. Je la prenais aux hanches pendant qu’elle
me maintenait par les épaules. Je la soulevais
et quand elle me sentait fébrile, elle se laissait
tomber en arrière. Elle se retournait dans l’eau,
nageant entre les algues brunes. Quand elle remontait
à la surface, pas un n’avait perdu de vue
sa silhouette malgré les rouleaux de mer démontée.
Elle avait toutes les formes où il fallait. Ça
l’amusait que les hommes la reluquent.
De retour sur le sable chaud, elle me demandait d'étaler
la crème à bronzage sur ses hanches, son
dos, ses cuisses et autour des aréoles de ses mamelons.
Le contact de ma main sur son épiderme lui donnait
des frissons. Je n’avais pas encore appris à
me contrôler en public. Je ramenai mes genoux sur
mon ventre pour que ça ne se voie pas trop. C'est
bien simple, je ne voyais qu'elle. Après toutes
ces années passées à chercher à
la comprendre, j'oubliais qu'elle avait un esprit pour
ne voir plus que son corps.
Après l’après-midi bronzette, on faisait
la tournée des bars, elle se promenait en body.
On s'embrassait du bout des lèvres devant tout
le monde et seulement dans les recoins sombres ou un peu
à l'écart, on se bécotait. Quand
je ne voyais personne à l’entour, je la plaquais
contre le mur effrité de vieilles bâtisses
pour m’enivrer de la senteur de sa chair fruitée
et joliment marbrée.
Comme j'avais peur de me retrouver trop près d'elle,
me sachant incapable de lui résister, j’ai
demandé à Danaé de nous accompagner.
Danaé nous regardait nous enlacer sans paraître
gênée. Mais je devinais dans ses yeux son
agacement qu’Antéa se laissa faire par un
freluquet de mon genre. L'important était qu’Antéa
était devenue aveugle au fil des années.
En marchant dans la rue, je me tenais à l'écart
pour la contempler. J'essayais de remodeler son corps
en esprit mais je n'arrivais pas à faire mieux.
Il y avait des femmes favorisées d’un plus
beau visage mais le sien monté sur son corps sculptural
me restait gravé dans l’esprit comme un archétype.
Elle appartenait à ce genre de fille qu’on
ne rencontre qu’une seule fois dans sa vie, qui
prend de la place, la perle rare et authentique qu’on
n’échangerait pour rien au monde, fusse la
plus belle femme qui soit !
Le soir, on ne faisait pas l'amour. On n'en avait même
pas envie tellement on s'aimait. On revenait à
la plage. Quand on ne prenait pas de bain de minuit, on
restait peau contre peau à se dire « je t'aime
» dans le blanc des yeux. Jamais, elle ne l'avait
dit ainsi à un garçon à ce qu'elle
disait. Danaé riait de voir combien Antéa
s’abandonnait à moi. J'aurais voulu mourir
là, pénétrer dans la mer et nager
droit devant, être englouti, puis broyé entre
les rochers acérés et être déposé
ensanglanté et démonté sur la grève
aux pieds d’Antéa, seulement pour apprécier
davantage la déchirance de son amour pour moi.
Je regardais la mer et elle se plaignit que je ne la regarde
plus. Une seconde, je la dévisageais et la suivante,
je lui préférais la mer. Je n'entendais
déjà plus ce qu'elle me disait. Elle s'agrippa
à mes épaules en me plaquant au sol sur
les fortifications d'un château de sable. Elle voulait
m'empêcher de la rejoindre. Sentant le danger, Danaé
courut chercher de l’aide sur les quais. Je rampai
sur le sable. Je portai le poids tout entier de Antéa
sur mon dos. Elle avait passé ses jambes par dessous
mes cuisses et ses bras autour de mon torse. J'avançai
péniblement sous la pression de ma catcheuse. Je
barbotais dans dix centimètres d'eau. Elle me renversa
sur le sable humide. Dans le retournement, mon coude est
venu cogner son ventre, ce qui la fit lâcher sa
prise. Profitant de sa légère défaillance,
je me levai et détalai m’épuisant
les muscles des jambes à courir dans l’eau.
Perdant mon équilibre face à la pression,
je fis un plat retentissant à la surface de l’eau.
En me rétablissant, je sentis que je n'avais déjà
plus pied. Antéa m'avait suivi mais n'osait pas
s'aventurer plus loin, le niveau d’eau lui montant
jusqu’aux lèvres. Il faisait nuit noire et
les lumières de la côte ne suffisaient plus
pour nous éclairer. Je me suis porté vers
le large mais je nageais si mal que je me fatiguais deux
fois plus vite. Un poing de côté m’a
stoppé net, et j’ai sombré dans les
eaux profondes, enivré de perdre conscience. Mais
j’ai eu envie de vivre, cet instinct de survie que
j’avais connu dans mon enfance quand j’avais
failli tomber d’une falaise que j’avais eu
la folie de vouloir descendre pour essayer d’attraper
un lapin de garenne que j’avais vu en contrebas.
L’eau entrait déjà dans mes poumons.
Je me suis débattu, je me suis senti partir. Tout
espoir était perdu quand soudain je fus saisi par
une forte ossature. Juste avant de retrouver la surface,
je perdis conscience. Immédiatement, je me suis
trouvé au-dessus de la scène. Son bras droit
me maintenait la tête hors de l'eau tandis que de
l’autre, elle allait chercher loin au devant d’elle.
Elle me porta au sortir de l’eau et m’étendit
sur la plage. Puis, elle s’est employée à
me faire du bouche à bouche. Danaé n’ayant
trouvé personne voulant me venir en aide, est venu
prêter mains fortes à Antéa pour faire
pression sur mon torse.
« Ne meurs pas, mon amour, reste avec moi, je t’en
prie, ne me quitte pas, respire, allez respire, tu ne
peux pas partir déjà » me disait-elle
tandis que je les regardais toutes les deux se démener
sur mon corps inerte. Du plan astral, elle était
encore plus étincelante dans son cocon aurifère
d'où jaillissaient par intermittence des volutes
de bleu et de vert foncé qui trahissaient son angoisse
de me perdre. Cette énergie masculine qu’elle
canalisait par sa sensibilité à fleur de
peau la rendait magnifique. La scène se faisait
de plus en plus petite. Je m'en éloignai, attiré
par les hauteurs, quand je fus projeté dans le
sens opposé, vers mon corps à une vitesse
vertigineuse. Je crachai plein d’eau et j’ouvris
péniblement les yeux.
Antéa
me couvrit de bisous le visage et les paupières
tandis que Danaé m'assénait toujours des
caresses habiles et restructurantes pour le corps. Antéa
posa son oreille sur mon coeur, passa ses bras dans mon
dos. Par la force démesurée de son étreinte,
mes côtes s’entrechoquèrent. Quand
j’ai semblé reprendre une respiration normale,
elles m’ont offert chacune une épaule et
m’ont traîné jusqu’en haut de
l’escalier de pierre. Là, à peine
déposé sur un banc, Antéa demanda
à Danaé de s’écarter un peu
de nous en montrant les dents. J'ai senti le moment qu'elles
allaient se disputer pour jouer les gardes-malades auprès
de moi. Pour calmer les esprits, je les invitai sur le
champ au cinéma. À peine m’étais-je
assis sur un siège qu’Antéa vint s'asseoir
à califourchon sur mes genoux en relevant les accoudoirs.
Je lui demandais de se calmer, mais elle a commencé
par me lécher le visage et les lèvres. [scène
omise] Elle m’a souri en clignant des yeux. Elle
a remonté sa culotte et ses bas, baissé
sa jupe, remonté et agrafé son soutien-gorge
et refermé son chemisier.
Le lendemain, Antéa arriva chez moi bonne heure,
se faufila jusqu'à ma chambre et découvrit
le corps nu de Danaé voluptueusement allongée
dans mon lit. Je me préservai maladroitement en
lui disant que j'avais dormi dans le canapé du
salon.
Elle me montra du doigt mon pantalon et mes sous-vêtements
mêlés à ceux de Danaé au pied
du lit. J'appuyais sur le fait qu'on n’était
pas mariés. Mais, elle s’est énervée
et m’a demandé de choisir.
« C’est moi ou Danaé mais tu ne peux
avoir les deux.
- Ca me plairait bien pourtant ! Ai-je eu l’audace
de répondre. »
Elle a téléphoné à un de ses
amis qui s'est empressé de venir. Elle lui a fait
l'amour devant moi. Elle savait qu'il l'avait toujours
désirée sans jamais lui avouer. J'avais
envie de rejoindre Danaé pour imiter Antéa
qui se démenait pour me faire croire qu'elle aimait
ça. Mais je ne voulais pas réveiller ma
princesse endormie. Antéa s'épuisait pour
rien. [scène omise] Avachie, elle vint me recouvrir
de son ossature encombrante mais je n'en faisais rien.
Abattu de n’avoir été qu’un
objet de transition, son compagnon d’un moment s’en
est allé. Elle eut beau mettre mes bras autour
d'elle, je restais inerte. Elle papillonnait, battant
des ailes pour butiner mes fleurs à tour de rôle.
J'étais grisé par l'atmosphère de
nectar qui s'en dégageait. Antéa faisait
des pieds et des mains au plafond pendant que je la regardais
à peine se lécher les mandibules. Elle qui
était pourtant le centre de mes fantasmes déportés,
de mes amours distendus, du chemin de mon coeur jalonné,
me faisait autant d'effet en cambrant ses reins qu’une
2 Chevaux sur une voie de garage.
Et pourtant, il aurait suffi que j'aille à l'autre
bout de la rue et je me serai lamenté qu'elle n'y
ait pas été avec moi. Antéa était
de ce genre de fille qu'on aime avoir loin de soi pour
l'entendre nous répéter des "je t'aime"
implorant la réciprocité immédiate.
Mais surtout qu'on veut écarter de soi quand on
la prend en pleine figure. Antéa s'endormit sur
moi [scène omise] qui avait contribué à
faire de son palais le plus profond qu’il puisse
se trouver.
Danaé m'aida à m'en dégager afin
que je lui donne un supplément d'extase à
la nuit dernière. Antéa fut réveillée
par les râles rauques de sa copine. Elle voyait
dans l'encadrement de la porte ma colonne vertébrale
se déhancher entre les jambes levées et
les cuisses écartées de Danaé. Antéa
était affligée. Elle sentait qu’elle
me perdait irrémédiablement.
Je savais que je regretterais ces exactions après
le plaisir passager mais j'étais persuadé
qu'en me montrant sous ce jour, j'avais toutes mes chances
de pousser Antéa dans ses derniers retranchements
pour me reconquérir. Antéa était
bonne maîtresse au téléphone et par
courrier, mais il n'y avait que dans cela qu'elle excellait.
Danaé mettait très peu de passion amoureuse.
Il n'y avait que du désir, un semblant d'amitié
amoureuse entre elle et moi, aucune souffrance amoureuse
de type passionnelle comme avec Antéa. Simplement
une bonne entente, un plaisir voulu et partagé.
Antéa, je ne me sentais pas assez fort pour l'affronter
tout seul, sans aide, la prendre seulement pour moi. Je
me sentais incapable d'aller jusqu'au bout avec elle.
Quand on vibre d'un trop grand amour, ça coupe
les effets nécessaires. J'étais devenu une
bonne machine à baiser les nanas mais je m'en foutais.
Ce que je voulais, c'était une fille qui souffre
de mon absence, qui veuille tout garder de moi, jusqu'à
garder en elle ma sueur, ma salive et [scène omise].Avec
Antéa, je ne savais pas par où commencer.
J'étais comme un tout petit enfant qui regarde
sa mère pour la toute première fois et qui
ne comprend pas pourquoi elle s’en va. Elle représentait
ce qu'il y avait de plus intouchable. Elle m'apparaissait
comme une statue couverte d'or et je ne devais pas écailler.
Si je la touchais, je risquais de la ternir. Je craignais
qu'elle vienne à se boursoufler, que ses seins
éclatent comme des figues trop mûres, que
ses hanches se brisent comme des branches d'olivier dans
la tempête. Elle avait pourtant tant de souplesse
dans le cou, les hanches et les cuisses et de fermeté
dans la poitrine, le ventre et les fesses qu’elle
était telle un bijou aux mille facettes indomptables.
C'était un enchantement de goûter chaque
partie pour en saisir un arôme différent.
Je découvrais ses saveurs mélangées
au lieu de les imaginer. Ébloui que j'étais,
je ne la voyais même plus me supplier alors qu'elle
était alléchante sous toutes les coutures.
Je voulais lui donner un enfant, lui donner ce qu'elle
ne pouvait pas me reprendre. Mais je craignais de le faire
comme quand une femme veut forcer son compagnon à
prendre une décision en oubliant de prendre la
pilule dans la hantise de voir ses règles revenir.
Lui annoncer quarante-huit heures plus tard qu’elle
est enceinte.
Antéa ressemblait à Johanna dans «
Le Grand Bleu » en plus démentielle, avec
plus d'intensité pour m'aimer. Ce n'était
pas la pitié qui me faisait la serrer contre moi,
ni une marque de virilité. Je couvris ses épaules
de mon étole comme pour la préserver de
regards indiscrets. J'enfilai mon slip entre ses cuisses
pour contenir ma verge mais elle avait du mal à
l’ajuster à ses courbes généreuses.
Je m'habillai plus aisément de son string. J'enfilais
son jean et son tee-shirt pendant qu'elle mettait à
grand peine mon pantalon dont elle ne put fermer les derniers
boutons de la braguette et mon sweet qui la serrait aux
aisselles et comprimait sa poitrine. Je me sentais un
peu plus en elle et je la ressentais presque en moi. Danaé
vint nous trouver, elle avait envie de moi mais je ne
voulais plus d’elle. Elle me dit qu'elle m'aimait.
Elle était seulement jalouse de voir Antéa
près de moi. Danaé s'allongea sur le bord
opposé du lit mais je ne m'occupais pas d'elle.
Elle s'endormit en collant son dos et ses fesses contre
mon flanc. Je regardais le plafond, songeur. Antéa
gardait les yeux fermés, sa joue au niveau de mon
torse en prenant ma jambe libre entre les siennes comme
pour me prendre l’autre côté resté
vierge.
Antéa tomba enceinte, elle ne voulut pas s'en séparer.
Elle me disait qu’elle voulait garder quelque chose
de moi. Je l’ai vu connaître les joies de
l’enfantement. J’ai reconnu l’enfant.
Ce fut le moyen qu’elle trouva pour venir vivre
avec moi sans me faire de promesses. Elle finit ses études
de droit à Annecy. Nous sommes rentrés dans
la routine du couple et les années ont passé
sans qu’on ne se lasse jamais l’un de l’autre.
| Commentaires
: Pour ceux qui seraient tenté par le suicide,
sachez que ce qui n'a pas été surmonté
dans cette vie devra l'être dans une autre
mais surtout que les suicidés regrettent.
Voir le Message des Suicidés au Monde des
Vivants dans le livre d'Anne Givaudan : la
rupture de contrat. [les deux encarts en bas
de la page pour les pressés]
Dans
la nouvelle, il y a la demande à l'être
aimé de nous sauver du suicide et cela parce
qu'il nous aime. Ca aurait pu mal terminer, elle
aurait pu mourir avec lui, noyée.
Ensuite,
c'est l'amour et le désir partagé
entre deux femmes. L'une, c'est trop d'amour et
l'autre trop de désir
|
|
Quelques
questions pour voir si c'est des réponses
que vous cherchez :
N°81
- Comment faut-il réagir face aux louanges
et aux critiques que l'on nous faits ?
N°82
- Que faut-il avoir dans sa maison quand on est
gnostique ?
N°83
- Doit-on pratiquer l'alchimie sexuelle le jour
ou la nuit ?
N°84
- Que se passe-t-il quand un homme et une femme
pratiquent la magie sexuelle pendant des mois ?
Quel problème pose l'infidélité
?
N°85
- Quels sont les anges qui ont pris ou prennent
la forme d'oiseaux dans le ciel ?
Si
vous voulez connaître les réponses
:
81
à 85 - Louanges, critiques, Ambiance Gnostique,
Pratique de la Magie Sexuelle
|