«
Maître des Univers Extérieurs, est-il vrai
que tu exauces les voeux des simples mortels en échange
de leurs âmes ?
- Cela se peut bien, mais pourquoi t'adresser à
moi, petit homme ?
- Parce que Dieu, je L'ai déçu si souvent
que j'ai peur de Lui demander des choses que je ne mérite
pas qu'Il m'accorde.
- Quel est ton voeu ? Je peux faire de toi le maître
du monde, l'Antéchrist, mon serviteur sur la Terre.
Non seulement, tu pourras approcher les plus belles femmes
qui existent mais en plus, elles seront toutes amoureuses
de toi. Je te donnerai également un palais dans
chaque région où des serviteurs zélés
exauceront tes moindres caprices et où des femmes
se feront belles dans l’attente de ta seule venue.
Et enfin, toute la technologie sera à ton service
pour t'emmener dans les mondes préfabriqués
par l'imagination florissante de l'homme.
- Ca m'a l'air merveilleux mais vois-tu, il n'y a qu'une
femme que je désire et quelle femme ! Quant à
l'imaginer dans un monde virtuel, ça me serait
trop frustrant.
- Mais cette femme, je peux te la donner si tu veux.
- Hé comment ferais-tu !
- C'est simple, comme il y a deux ans, lui donner l'illusion
qu'elle t'aime.
- Tu sais donc de qui il s'agit ?
- Me crois-tu donc dans l'ignorance de tes tribulations
avec Antéa ?
- Tu lis dans mes pensées ?
- Oui, bien sûr petit homme puisque je suis justement
tes pensées, ton mental. Je ne suis que l'empêcheur
de la manifestation divine, le persécuteur au nom
de Dieu. Si tu savais comme il est facile de vous tromper,
vous autres humains !
- J'en suis souvent la victime mais il m'arrive de plus
en plus de l'aimer sans rien attendre en retour et ça
part vers elle et ça me revient sous forme qu'elle
prend de mes nouvelles.
- Alors tu sais ! C'est toi mon maître, petit homme.
Je te conduirai partout comme du temps de mon cher Faust.
- Conduis-moi vers ma belle.
- Monte sur mon dos, petit homme, prochain arrêt
en gare d’Antéa. »
[...] Apparition dans la chambre promise !
« Antéa, comme tu es belle ma déesse
endormie.
- Mon Mani ! Fis-tu dans ton demi-sommeil.
- Sors de ton sommeil, je suis venu te chercher, c'est
la balade de Méphisto. »
Tu clignes longuement des yeux avant de les ouvrir en
grand. Tu distingues une forme humaine toute auréolée
de lumière. Méphisto derrière moi
sous son apparence chevaline, les yeux rouges, paré
de vert, la queue dressée et menaçante,
de la vapeur s'échappant de ses naseaux et une
robe tachetée de rouge et de verdâtre.
« Comment es-tu venu à moi ?
- Ne cherche pas à savoir.
- Et ce monstre chevalin, que nous veut-il ?
- Il ne te fera rien, n’aies pas peur. Je te présente
la monture que j'ai gagnée pour mon amour pour
toi. Méphisto a des foulées plus rapides
que la lumière.
- Mais, comment es-tu entré ?
- Par ton coeur, par la douceur de tes sentiments pour
moi. Ils ont guidé Méphisto jusqu'à
toi.
- Alors, tu peux venir me voir et repartir quand tu veux,
je n'ai plus d’intimité. Tu peux faire comme
bon te semble avec moi !
- Est-ce une proposition pour finir la nuit ?
- Non, c'est juste que je me rends compte combien tu dois
m'aimer pour être capable de telles choses. C'est
dommage que je ne t'aime pas en retour.
- Tu dois m'aimer un peu sinon Méphisto n'aurait
pas pu te trouver au milieu des autres. Il a repéré
sur la terre qu'ici même, il y avait le plus grand
foyer d'amour qui s'élevait vers moi.
- Si peu, mon pauvre Mani
- Alors tant pis, les prochaines fois, je te regarderai
dormir sans te réveiller. Ta présence suffira
à mon bonheur.
- Oh non, je veux bien qu'on fasse l'amour ensemble quand
l'envie du sexe d'un homme me prendra. Ce sera plus pratique
que de fuguer en descendant par le balcon. En toi, j'aurais
un homme disponible pour satisfaire mon corps, retrouver
mon âme et établir mon esprit.
- A ton service, ma chérie.
- Mon amour, apprends-moi à enfourcher ton bel
étalon ?
- C'est un jeu où l'on risque de se brûler
les doigts tant les rênes sont contondantes !
- Fais-moi faire un tour alors, ce sera comme lorsque
je me tenais à Dave quand il me prenait sur sa
moto et que nus, nous cheminions à travers champs
et sur les berges des gorges du Verdon.
- Ce n'est pas à travers champs que nous allons.
Là-bas, il n'y a pas de route.
- Comment est-ce, là-bas ?
- Des gens qui prennent racines, qui régressent
dans l'ordre végétal puis minéral
jusqu’à brûler du feu éternel.
Ca va t'effrayer. Ces images te resteront gravées
pour toujours tant la souffrance de ces êtres est
grande. Il me faut traverser cet enfer pour aller jusqu'à
toi.
- Comment peux-tu supporter une telle horreur ?
- Je sais que ma récompense sera de me trouver
près de toi, alors je peux tout endurer pour cela.
- Dis, tu me réveilleras les prochaines nuits que
tu viendras me voir, promets-moi que tu ne feras pas que
me regarder dormir !
- Tu es si belle quand tu dors que je resterais des heures
durant à contempler ton visage éclairé
par la lumière diffuse du clair de lune.
- Je veillerai dans l'attente de te voir apparaître
et sortir de mon coeur.
- Alors, je ne viendrais pas. Je ne peux infiltrer la
réalité que lorsque tu n'es plus consciente
de ton interaction avec elle. C'est ainsi que je peux
mêler nos réalités individuelles.
Je ne peux venir que si tu dors ou que tu m'aimes au paroxysme
en me faisant revivre en pensées dans ton esprit.
- Je suis moins fort que toi dans ce domaine. Tu es tel
un dieu qui veille sur moi. Que ne pourrais-je refuser
à mon dieu ? Sais-tu que je suis nue sous les draps
?
- Je n'ai pas à l'imaginer, je le vois par mon
troisième oeil.
- Et je ne puis me défendre contre mon dieu. Viens
et aime-moi !
- J'ai peur que l'on s'aime cette nuit et que petit à
petit, jour après jour, on s'aime de moins en moins.
J'ai peur de coucher avec toi et ensuite, te laisser tomber
parce qu'il ne me restera plus rien à découvrir
de toi.
- La première femme avec qui l'on couche, ça
ne s'oublie pas, ne crois-tu pas ? Et puis, tu apprendras
que je suis une femme riche de trésors. Qu’une
vie entière ne te suffirait pas pour te lasser
de moi !
- Sont-ce des trésors longuement accumulés
dans les bras de tous ces beaux hommes auxquels tu t’es
offerte dans tes nuits de débauche ?
- Ils n'ont jamais reçu de moi plus que je voulais
leur montrer.
- En tous cas, chacun d’eux a reçu ce que
j’attendais de toi!
- Le sexe n’est que peu de chose tandis qu’un
amour est éternel. Bien qu’il reste toujours
des séquelles d'un amour brisé, ne doute
pas de mon amour renaissant pour toi. Quand je t'aurais
reçu en moi, tu pénétreras dans le
royaume de Dieu. Je suis la porte, je suis ta Béatrice,
ton Eurydice, ton amour jusque dans l'éternité.
Entre mes cuisses, se trouve la porte de l'infini.
- Peut-on imaginer telle chose dans le corps d'une femme
aussi éprise soit-elle !
- Si un jour, tu en connais une autre que moi, plus jamais
le jardin d’Éden ne te rouvrira ses portes.
- Quel sombre destin tu me donnes, ta jalousie suffirait-elle
à m’en fermer les portes !
- Ce n’est pas que je sois jalouse, mais nos énergies
se seront équilibrées tout au long de nos
joutes sexuelles. Si jamais tu venais ensuite à
coucher avec Danaé ou une autre femme, l’équilibre
serait rompu et il nous faudrait tout reprendre depuis
le début.
- Il a suffi donc que je vienne te voir pour que tu me
reçoives dans ton coeur !
- Je mesure ton amour non à ce que tu me dis mais
à ce que tu fais. Jamais les mots ne vaudront plus
que des mots tant qu’ils ne sont pas suivis par
des actes !
- Mais, pensais-tu réellement refaire un jour ta
vie avec moi?
- Je t’avoue que non, mais vu ton amour et la passion
que tu me portes, je serais bien bête de ne pas
en profiter et d'en désirer un autre. C’est
bien dommage que les sentiments ne se commandent pas,
je voudrais tant être folle de toi et ne penser
à nul autre !
- Comment faudrait-il que je sois pour te plaire ?
- Tu t'en sortiras de toi-même si tu m'aimes vraiment
et puis chez nous les femmes, la beauté des hommes
n’est pas primordiale, on s'en soucie guère
tant qu’on l’aime, qu'il nous fait bien l'amour,
qu’il sait trouver les mots pour nous consoler et
qu’il nous donne l’impression qu’avec
lui, on peut gravir des sommets.
- Pour moi, il n'y a que ta beauté et ta jeunesse
qui m'attirent.
- Goujat, va-t’en, grimpe sur ta monture et ne reviens
jamais plus me troubler ! »
Envol dans les airs et aspiration en ton sein.
[...] Retour dans ma chambre.
« Pourquoi lui as-tu dit que tu ne l'aimais que
pour sa beauté et sa jeunesse, Maître ?
- Parce que c'est la vérité. Que crois-tu
qui m'attire en elle ?
- Mais pourquoi lui dire, elle avait craqué pour
toi, tu l’avais enfin gagnée à ta
cause !
- Elle aura une vie bien plus riche et joyeuse avec un
beau jeune homme plein de force et de volonté,
du genre cadre dynamique ou représentant capable
de convaincre une personne âgée de lui acheter
un ioniseur d’air.
- Mais comment arriveras-tu à vivre sans elle ?
- J'irai sur ton dos l'espionner pendant ses nuits.
- Tu sais, il y a plein de femmes comme elle sur les bancs
de la fac, toutes plus belles les unes que les autres
et qui ne refuseraient pas une partie de jambes en l’air
à l’occasion.
- Je le sais bien, chacune m'interpelle mais comment les
aborder ? Elles sauraient immédiatement que je
ne les aime que pour leur beauté et leur jeunesse.
Elles ne m’en détesteraient que davantage
et elles parleraient de moi comme du mec qui veut se taper
de jeunes étudiantes. Je ne veux pas être
catalogué ainsi.
- Prends une moche, ça a un trou aussi et des fois,
elles en demandent davantage que les autres depuis le
temps qu’elles n’ont pas été
satisfaites. Prends n’importe laquelle, tu t’occupes
d’elle un temps, la flattant sans cesse jusqu’à
la faire craquer. Tu l’épouses au plus vite
et tu ne seras plus seul et une prostituée à
vie sans besoin de la rémunérer.
- Et si Antéa revenait vers moi par la suite !
- Hé bien, tu pourras bien l'espace d'un week-end
recevoir d'elle tout ce qu'elle te doit depuis le temps,
majoré de la plus-value !
- Crois-tu que je pourrais alors tromper ma légitime
épouse ?
- Tu sais, je crois que tu aimes trop Antéa pour
qu'une autre puisse un jour la remplacer dans ton coeur.
Tu n’auras qu’à expliquer à
ta future qu’il se peut qu’un jour, une de
tes ex revienne. Que d’ici-là, elle aura
intérêt à te combler si elle ne veut
pas te voir partir avec ton ex le jour de son retour !
- Comme il te plaît de voir les gens souffrir, s’abîmer
à faire des efforts inutiles !
- C'est que je peux les manier à ma guise quand
ils pensent trop au lieu d'agir.
- Dans ton élan, tu embrumerais l’esprit
de ma légitime. Elle souffrirait de voir Antéa
me dominer dans l’acte. Elle attendrait qu’Antéa
s’écroule dans mes bras pour venir par-derrière
lui enfoncer son pieu dans son dos. Alors, je boirai son
sang à ses lèvres. Poussée dans sa
rage, mon épouse trahie continuerait à le
marteler jusqu’à m’éclater le
coeur.
- Allons donc, comment ferais-je cela à mon Maître
!
- Aurais-tu le cynisme de me laisser en vie pour que je
dépérisse sachant Antéa hors du monde,
inaccessible au vivant ?
- Choisis le concubinage, si tu préfères.
Comme ça, quand Antéa te reviendra, tu n’auras
qu’à jeter à la porte ta concubine,
tu ne lui devras absolument rien.
- Oui, mais d’ici là, à la moindre
dispute, ma concubine risquerait de me quitter et je n'aurais
plus de trou à bourrer pour la nuit.
- Tu n'auras qu'à en chercher en boîte. Il
y a beaucoup de femmes seules en manque d’amour
et de tendresse.
- Oui, mais faudrait-il encore que je parvienne à
les séduire!
- Il y a de jolies célibataires à Paris.
Elles disent apprécier leur liberté mais
quand elles découvriront ta gentillesse, elles
se disputeront comme des chiffonnières pour devenir
ta compagne.
- Sans que j’aie un mot à dire, elles viendraient
vers moi !
- Ne t’inquiète pas, je te soufflerai à
l’oreille les mots qu’elles veulent entendre.
Ces mots magiques qu’elles attendent depuis toujours
qu'un homme vienne leur dire.
- Je n’aimerais pas les tromper, je me sentirais
mal de leur dire qu’elles sont merveilleuses dans
le seul but qu’elles écartent les cuisses.
- Je peux te présenter la nymphomane type, l’assoiffée
de sexe. La première chose qu’elle attend,
c’est voir dans tes yeux que tu la mâtes sous
toutes les coutures. La seconde, que tu l’abordes.
La troisième, que tu l’invites à boire
un coup. La quatrième, que tu la raccompagne chez
elle et enfin voir ton sexe qui bande pour elle !
- Oui mais faudra-t-il encore que j’utilise une
capote et ça va me couper tous les moyens. La première
fois, j’ai tellement envie de la sentir à
même ma peau. J’ai bien peu de chance de tomber
sur une vierge assoiffée de sexe !
- Que crois-tu donc ! Si tu savais le nombre de jeunes
femmes qui n’attendent que ça, qui regrettent
même toutes les occasions perdues. Elles ne sont
pas si nombreuses que ça à l’avoir
déjà fait. Elles fantasment jour et nuit
sur les hommes qu’elles croisent dans la rue quand
elles ne flashent pas sur un acteur ou un chanteur.
- Je ne serais dans leurs bras qu’un objet de plaisir.
J’en veux une qui m’aime, qui ne pense qu’à
moi, qui me supplie de ne pas la quitter, qui s’agrippe
à mes jambes pour ne pas que je m’en aille.
- Un pot de colle ! Bah, ça ne me dit rien qui
vaille ! Tu ne sais pas ce que c'est. Tu ne le supporterais
pas, c'est toi qui t'en irais loin d'elle pour ne pas
étouffer.
- Crois-tu ?
- Je te connais bien, tu as besoin de tranquillité,
d’être seul pour te ressourcer. N’apprécies-tu
pas tes nuits solitaires passées à réécrire
cet ouvrage ? Chaque fois que tu as envie d’une
femme, tu n’as qu’à partir en boîte
et en ramener une juste pour la nuit.
- Mais ce n’est pas sûr qu’une me suive
pour mes beaux yeux et puis même si elle veut bien
de moi, elle repartira à l'aube et moi j’aimerais
tant qu'elle soit folle de moi, qu’elle me tombe
chaque jour dans les bras et m’accompagner partout
où j’irai.
- Te sens-tu capable de la divertir suffisamment pour
la conserver ?
- Peu m’importe qu’elle soit infidèle
tant qu’elle me consacre du temps.
- Tu accepterais qu’elle collectionne les conquêtes
pendant ton absence. L’imagines-tu derrière
son rideau à mâter les beaux mâles
qui passent. A peine les aura-t-elle abordés qu’elle
remontera sa robe et écartera les cuisses. Le pire,
c’est qu’après son infidélité,
elle ne pourra pas te l’avouer de peur de perdre
la sécurité que tu lui apportes. Et si l’amant
d’un jour n’a pas pris ses précautions,
la peur d’être contaminée lui fera
te refuser l’acte sexuel et voilà qu’elle
prétextera d’atroces migraines.
- Mais je ne lui en voudrais pas de m’avoir trompé.
Si elle a tiré quelque plaisir, je serais heureux
pour elle !
- Mais, elles sont habituées à ce qu’un
homme ait un autre genre de réaction en apprenant
qu’il est cocu.
Méphisto resta un moment dubitatif mais se reprit
:
- Il existe aussi un autre genre de femme plus difficile
à cerner au premier coup d’oeil. Celle, qui
une fois dans la place, ne voudra plus que tu la touches
mais voudra bien continuer à se faire entretenir
financièrement !
- Je la forcerai si elle ne veut pas.
- C'est une solution qui est employée, mais qui
te dit qu'alors que tu dormiras à poings fermés,
[scène omise] et fini tes joutes solitaires.
- Elle n'oserait pas, elle voudrait pas se retrouver enfermée
pour émasculation et risquer de ne pas voir ses
enfants grandir.
- Allons, crois-tu que les juges te feraient la part si
belle ? Ils l’interrogeront et elle répondra
que tu la maltraitais, que tu la violais quand elle ne
voulait pas. Elle montera ses enfants contre toi. Ta fille
et ton fils iront jusqu’à t’accuser
à tort de les avoir violés pour la soutenir.
Le juge donnera la garde de tes enfants à ton ex-femme.
Ils te feront enfermer et tu ne toucheras même pas
d’indemnité pour la perte de ta virilité.
- Alors mieux vaut encore que j'épouse Antéa
?
- Qui te dit qu'elle se laissera faire plus facilement
qu’une autre. Tu devras apprendre à faire
des compromissions. C'est bien beau de vouloir gravir
des échelons, prendre des décorations spirituelles,
encore faut-il que ta promise veuille se résoudre
à te suivre.
- Et les houris du Paradis. Ces déesses qui ont
toujours seize ans et qui sont plus parfaites que les
humaines.
- Je veux bien te les montrer mais elles aiment les hommes
indifféremment.
- Tu as raison, ça ne me conviendrait pas non plus.
- Si elle est trop présente dans ton coeur, j'ai
les moyens de te la faire oublier à condition que
tu me le demandes.
- C'est mon plus beau souvenir jusqu'alors. Que me resterait-il
d’agréable à me souvenir sans mon
histoire avec elle !
- Promènes-toi dans la rue, dans les boutiques
et les centres d’information, sur les bancs des
universités, montre-moi celle qui te plaît
et je la rends tellement amoureuse de toi [scène
omise]
- Voyons... Danaé est intéressante mais
ce n'est quand même pas Antéa.
- Seulement, Danaé t'aime beaucoup. Sais-tu qu'elle
apprécie bien davantage ta nature qu’Antéa
ne te comprend? Elle n'osera jamais te le dire, mais elle
est tombée amoureuse de toi dés le premier
jour où tu lui as parlé au téléphone.
- Mais elle me ressemble trop, elle est vierge, vraie
et innocente. Tandis qu’avec Antéa, je ne
me retrouve jamais, c'est toujours la surprise, le changement.
Elle est capricieuse, imprévisible, toujours prête
à imaginer de nouveaux stratagèmes. Et sa
voix ensorceleuse, son rire en cascade, ses manigances,
ses délires. C'est une pièce de théâtre
à elle seule.
- Si tu veux vraiment Antéa, je te la donne tu
sais. Je te l’ai déjà dit.
- Non, je veux qu'elle m'aime naturellement.
- La première fois qu'elle t'a aimé, c'était
une illusion. Je l'avais abusée pour qu'elle te
voie différemment.
- Mais, je ne le savais pas alors. D’ailleurs, tu
n’es pas obligé de me le répéter
sans cesse. Tu ne peux pas prendre tes décisions
tout seul ? Fais comme mal te semble. Je ne veux rien
savoir.
- Mais, tu es désormais mon Maître. Même
pour te faire plaisir et pour ce qui te concerne, je n'ai
pas le droit d'abuser Antéa sans que tu m’y
autorises. Je ne peux qu'obéir à tes ordres
et seulement te faire des suggestions. Tu es désormais
maître de ton destin.
- J'ai une idée lumineuse ! Tu vas réduire
la Terre à néant en sauvant seulement Antéa
et moi, ainsi elle n'aura d'autre choix que de m'aimer
si elle ne veut pas se trouver toute seule.
- Ce n’est pas dans mon pouvoir, je ne peux pas
le faire et puis ... J’ai des comptes à rendre.
Et même si je pouvais, tu penses à l’humanité,
au champ d’expérience !
- T'as de bien faibles pouvoirs pour un tel prestige au
travers des siècles et une si grande renommé
à travers le monde.
- Ce n'est pas la peine de me flatter, je ne peux pas,
c'est tout. Penser un monde avec deux personnes seulement.
Un couple. J’en ai connu un il y a longtemps ! Mais
ça s’est mal terminé pour moi, depuis
je suis condamné à errer ici-bas.
- Mon Mani ? fit une voix lointaine comme sortie du néant.
- Elle t'appelle, tu l’entends ?
- Ramène-moi chez elle, Méphisto. Au galop.
Dépêche-toi avant qu’elle s’impatiente,
je ne veux pas la faire attendre bien qu’il me serait
profitable d’aggraver son manque. »
[...] Apparition.
« Tu m'as appelé Antéa ?
- Oui, peu importe pourquoi tu m'aimes. Si je suis belle
et jeune, ce n'est pas ma faute. Tu m'as aimée
alors que tu ignorais comment j'étais. Et puis,
je sais bien que je ne suis pas belle, c’est l’amour
que tu as pour moi qui te donne l’illusion de ma
beauté.
- Je t'ai aimée seulement parce que tu m’avais
dit être tombée amoureuse de moi. Comme ça,
je n’avais plus à chercher.
- Pourquoi tu dis ça ? Tu fais tout pour me décevoir
de toi. Mais, ça ne marchera pas, j'ai décidé
de t'appartenir pour la vie, si tu veux toujours de moi
!
- Je ne sais pas trop ! Quand je te regarde, t'es tellement
moche !
- Mais, tu m'aimes ?
- J'ai juste envie de baiser avec toi, c'est tout !
- T'es trop craquant.
- Tu vois Méphisto qu'il n'y a pas besoin de tricher.
- Oui, Maître. »
Méphisto à part : « Il est bien naïf
mon petit homme. Ni l'un ni l'autre ne savent que sans
moi, leur amour n'existerait pas? Quand comprendront-ils
qu'ils sont manipulés d'un bout à l'autre
de leur vie ? »
Commentaires
: Quel est cet obscure pouvoir qui me permet de
visiter Antéa ?! C'est l'état
de Jinas, c'est un moyen de se déplacer
d'un point à un autre à travers la
quatrième verticale. Cela n'arrive qu'à
des étudiants sérieux de l'occultisme
qui sont très avancés. Vous pouvez
découvrir la technique
du voyage en jinas.
En
fait, c'est notre Dieu intérieur, l'Intime
qui envoie notre Lucifer personnel nous tenter pour
tester notre endurance au péché. C'est
ainsi qu'on peut mieux comprendre l'histoire de
Job.