Je
m'étais installé à Marseille. Ca
faisait déjà quelque temps. Je l'avais vue
en coup de vent tous les week-ends précédents
lui faisant croire que je venais de loin et qu'il me fallait
repartir.
Allions-nous passer des moments ensemble où elle
poserait son postérieur sur mes genoux en posant
ses bras sur mes épaules, enchevêtrant ses
doigts autour de ma nuque ? La sentirais-je détendue
auprès de moi ? Comment pouvais-je être sûr
qu'elle ne s'ennuierait pas, qu’elle ne simulerait
pas un quelconque attachement ? Qu’elle ne ferait
pas semblant! Et surtout comment supporter de la partager
avec d'autres hommes qui me semblent habités d'une
passion moins grande ? La verrai-je toujours revenir vers
moi en amante ? Et le magicien de l’écriture,
le trouvera-t-elle un jour, cet homme de si grand talent
qui jouera avec les mots ? Lui donnera-t-elle tout son
amour bien qu’elle sache que c'est d'une autre qu'il
tire son inspiration ?
Il ne serait point normal qu'elle me revienne parce qu'un
tel amour retrouvé m'enlèverait tous mes
regrets. J'ai des portions d'elle. J'ignore pourquoi elle
m'en fait délivrance. J'aimerais toujours être
à l'observer mais aussi qu'elle sache que je suis
près d’elle et surtout qu'elle ne m'oublie
pas.
Elle aime se disputer avec ses amants jusqu'à goûter
la saveur de leur énervement, de leur colère
noire à juste fin de souffrir de leur départ,
de leurs mots de rupture. Et le lendemain, les appeler
pour se faire pardonner, se réjouir qu’ils
veuillent encore d’elle et qu’ils regrettent
ce qu’ils lui ont dit la veille. Mais je ne lui
donne pas ces scènes qu'elle désire tant.
Je ne m'énerve pas contre elle quand elle m'offense
et je la déçois d'avoir si peu de personnalité
en choisissant la fuite. Elle a tellement envie qu'on
se fâche. Mais, je veux trop lui être agréable
pour me rebeller quand elle me prend pour le dernier des
hommes. Quand sa voix monte, que les éclairs surgissent,
que sa verve sort, je ne suis capable que de me défiler,
de partir sans lui faire la moindre offense. Et quand,
je suis irrité, je me tais pour récupérer
en silence de tout ce qu'elle m'a dit.
Chiante, comédienne, paresseuse, capricieuse, chipie
et j'en passe bien qu'elle soit adorable. Qu'ils soient
hommes ou femmes, ils lui donnent tous cette qualité.
Une femme qu'on n’imagine pas mariée, qui
prend tellement de place qu'on ne sait pas où la
ranger. Sauvage et rebelle, évoluée comme
aucune autre même si comme des millions d'autres
étudiantes en manque, elle se shoote tous les soirs
sur « Love in Fun » dans sa soif de connaître
les histoires des autres, avec Boris Vian et Maupassant
dans son vide imaginatif, tire des bouffées de
cannabis pour ne pas voir les hommes qui passent sur elle
à tour de rôle dans ces soirées de
débauche où je lui manque, enfin si peu
!
Tant de vie en elle et tout ce qu'elle s'impose pour ressembler
aux autres jusqu'à se lier d'amitié avec
une qui l'indispose pour être acceptée par
le groupe, se faire des relations, se faire des mecs qu'elle
voit pour la première fois ou presque, trois dans
la même soirée. Et moi qui crois tant l'aimer,
qui sais pourtant qu’elle ne sera jamais à
moi.
De savoir ne rien pouvoir lui apporter maintenant qu'elle
a tout sauf le prince charmant qu'elle observe dans le
bus tous les matins. Ce mec si bien habillé qu'elle
dévisage en espérant qu'il la remarque,
que leurs regards se croisent et moi comme un malade qui
l'écoute en prise à la jalousie la plus
infernale.
M'imaginer la retrouver après sa mort et que même
si on n’a pas vécu ensemble, si on n'a pas
su s'aimer au travers de la distance et du reste, apprendre
qu'elle est mon double, mon âme soeur et qu'il n'y
a qu'elle qui puisse me compléter.
Comment faire sacrifice sur l'autel de cette fille inoubliable
pour miser sur une autre avec qui, il faille tout recommencer.
Cette crainte qu'elle s'en aille encore sans plus donner
de nouvelle et moi, de rester comme un imbécile
au lieu de me décider à aller la voir. Mais
elle sait bien que si je ne suis pas venu, c'est que sa
présence ne m'est pas nécessaire !
De savoir que sa vie de femme commence pendant que la
mienne s'amenuise. Si peur de la trouver moins belle quand
je ne serai plus. Mais plus rien ne s'échappe de
son coeur embaumé. Ses lettres vont à la
trappe avant que l'encre n’enduise le papier. Ce
qu'elle ne m'a pas encore dit, que puis-je être
donc pour elle ? Ne veut-elle plus qu'aimer en souffrance
après avoir été si proche du petit
homme ?
Quoi qu'il en soit, elle me parle encore. On ne fait pas
l'amour au téléphone, rien de cela. Elle
me raconte qu’elle a baisé à telle
occasion. J'arrache de sa bouche ce qu'ils lui font et
je m'en délecte avant de m'effondrer en pensant
à tout ce qu'ils ont obtenu d'elle alors que moi
qui l'aime, je n'ai rien, pas même son image pour
me raccrocher. Combien ça me fait mal, comment
peut-elle se donner ainsi sans savoir qui abuse d'elle
? A-t-elle aujourd'hui si peur de l'amour qu'elle en vient
à coucher les yeux bandés et sans préservatif
?
Un jour, un illustre inconnu a dit: « Quand elle
dit non, ça veut dire peut-être, quand elle
dit peut-être, c'est oui qu'il faut comprendre et
si elle dit oui, c’est rien qu’une salope
». Mais à moi, elle me répond :
« Tu veux que je fasse semblant de t’aimer,
c’est ça que tu veux vraiment, Gémani
! »
Comprend-elle que si je ne ressens pas son amour, je ne
pourrais pas la suivre jusqu’au lit ? Si j'ai attendu
si longtemps en restant trop sage, ce n'est pas pour une
union seulement physique, mais de fusion et même
si ce n'est pas la bonne fille pour ça. Je voudrais
juste la recevoir, l'emmener voir un film jusqu'à
ce que je m'aperçoive enfin que ses yeux ne brillent
pas pour moi. Je voudrais juste être contre elle
sans donner de coup de bassin, mais nu contre elle tout
simplement. Pourquoi observer la nudité de l’autre,
se caresser, s'embrasser et s’introduire pour s'élancer
dans un va-et-vient tendre ou brutal comme une machine
bien huilée ? La sentir partir au quart de tour.
Cette chaleur qui partirait d’en bas allant ensuite
se répandre dans le corps tout entier pendant qu’elle
perdrait l’usage de ses sens. Et pour finir la voir
soumise à des contractions involontaires du bassin...
Cela me renseignera-t-il sur sa jouissance naturelle,
sur son plaisir de m’offrir son corps ? Que faudra-t-il
qu'elle ajoute encore pour se convaincre qu'elle ne se
joue pas la comédie en se portant contre moi ?
Faut-il que je meure pour posséder un corps plus
enclin à lui plaire ?
Le ridicule de deux êtres qui ne peuvent s'aimer
au grand jour que lorsque l'un aura gagné son indépendance
et l'autre, sa maturité. Le vieux qui s'abîme
à croire encore à l'amour que la jeune a
voulu lui offrir alors qu’elle n’était
encore qu’une jeune femme au sortir de l’adolescence.
Pauvre jeunette qui fugue dans le Middle West pour retrouver
l'homme de sa vie. Elle laisse tomber ses études
brillantes, trouve un emploi de serveuse ou de bonne à
tout faire et s'imagine que ça lui suffit. Pendant
quelques semaines, c’est le grand amour et puis,
elle se rend compte qu’il ne changera pas et que
si elle reste avec lui, ce sera toujours à elle
de trimer. Alors elle se rebelle, se plaignant d'avoir
foutu sa vie en l'air pour un bon à rien. Il lui
répond qu'il ne l'a pas obligée, qu'elle
est venue de son plein gré. Et tout ça pour
quoi ? Pour se dire en face que l'on s'aime, pour croire
que l'on tient l'un à l'autre, que ça pourrait
être une belle histoire. Heureusement que tu n'es
pas de ce genre-là, à laisser tout tomber
dans l'illusion d'être aimée. Ta présence
n’aurait pas suffit pour me m’obliger à
trouver un emploi décent.
Alors voilà ! Nos lieux de vie sont devenus si
proches qu'il ne t'est plus pardonné de ne plus
aller vers moi. Je voulais te visiter, pénétrer
dans ta chair, savoir à qui tu penses mais ne fuit-on
pas qui l'on connaît que trop bien parce que c’est
trop fort ? Je voudrais te dire que je m'en vais, que
je pars parce que je n'ai plus le courage et la volonté
de rester à t’attendre.
Serais-je parvenu à te dégoûter de
moi ? Toi qui me parais si forte que je me sens incapable
de prendre ma place dans ta vie. Moi qui voudrais tant
me glisser comme une petite souris dans la poche ventrale
de ta salopette.
Le « Tu viendras, n'est-ce pas ? Tu viendras, dis
? » D’Arthur Rimbaud qui reste comme en suspend.
« Tu seras là » qui doit rester un
beau rêve. Ce mélange de futur et de passé
qui ne s'est pas produit et qui font de mon présent,
un enfer où je me dis que j’ai déjà
vécu peut-être les plus beaux moments de
ma vie et que jamais plus, tu ne me seras plus proche
qu’hier.
Il y a un lien qui s'est refait, une liane moins torsadée
qu'à l'ancienne parce que le fil de l'amour est
tranché en son sein. Et cela de telle manière
que je ne puis t’apporter que du matériel
quand je sens qu'aux autres qui te sont indifférents,
tu puises le reste !
Je te contente en te fournissant de quoi lire, de quoi
m'oublier dans de plus savantes histoires que les miennes.
N'est-ce pas te renvoyer un peu plus vers la littérature,
ton inclination naturelle !
Comment vas-tu mûrir ? Est-ce cette faiblesse que
tu sens en moi qui t'aiguise et te nourrit ? Quand arrivera
le relâchement fortuit qui fera de toi, l'unique
amante de ma vie ?
Je suis l'abcès de ta vie, ce qui t'empêche
d'aimer à nouveau. Je te ronge toujours plus sans
voir que je me ronge aussi. Tu rêves de connaître
mes sensations à ta voix, à ton approche
mais je ne délierai plus ma bouche.
Quand me diras-tu : « Viens, nous ferons l'amour,
tu me prendras comme tu veux et nous connaîtrons
le bonheur ensemble. J'ai tellement envie de te voir,
de te toucher enfin, de me suspendre à ta bouche,
[scène omise]. Viens me chercher et nous le ferons
là-bas tu sais dans l’arrière-pays
dans le chant des cigales au milieu du champ de blé.
Je ne peux plus vivre sans toi. Je veux te sentir près
de moi, que plus jamais, on ne se quitte et que l'on s'aime
à la folie. Je ne désire que toi, rien d'autre
n'a d'importance. Je te veux tout entier. Nous vivrons
d’amour et d’eau fraîche. Mais si tu
ne viens pas, alors je te jure de prendre le premier homme
qui passe et de l'épouser sur le champ. ».
Ces mots sortiront-t-ils un jour de tes lèvres,
dis-moi ?
Ces promesses écrites que je dois effacer de ma
mémoire. A dix-neuf ans, que tu aies envisagé
qu'on fasse l'amour ensemble seulement pour me dire que
si nous le faisions, tu n'aurais alors plus rien à
m'offrir.
Et si jamais, nous vivions ensemble, me tiendrais-tu à
l'écart des femmes cruelles ?
Dans notre couple, c'est moi l'enfant et c’est toi
l’adulte.
Sans arrêt, je pense à toi mais jamais plus,
tu ne me réveilles la nuit comme cette fois où
tu m’as appelé de l’aéroport
avant que l’avion ne décolle pour l’Angleterre.
Est-ce aussi parce que je t'aime trop que tu prends un
homme chaque nuit ?
Te languis-tu de moi qu'en milieu de semaine ?
Comment ferais-je pour te survivre si le Sida t'emportait
? Comment ferais-je pour ne pas mourir à mon tour
? M'attendras-tu là-haut ? Pourvu qu'il y ait quelque
chose quelque part où je puisse te retrouver !
Puis-je espérer de toi que tu me voies autrement
que les autres femmes ? Puis-je seulement espérer
que tu m'admireras pour ce que je ne suis pas ? Puisses-tu
t'estimer en deçà de la réalité
pour finir ta route avec moi !
Et quand nous serons unis, ce sera mon tour de te faire
mal, de te tromper, de t'avoir à ma merci et de
tout faire pour que jamais tu ne me considères
comme acquis et que jamais tu ne te lasses de moi.
Va, ne souffres pas. Prends-toi quelqu'un à aimer
de près et tiens-moi au courant, même si
tu fais des projets d'avenir avec lui, si tu l'aimes à
en mourir, je veux connaître ton bonheur, surtout
conserver le lien avec toi. Je ne t’imagine pas
devenir la femme d'un seul homme mais plutôt celle
d’une multitude, un destin de star de l’ombre.
Tu dois être heureuse puisque tu es aimée
de nombreux. Moi, je n'espérais être aimé
que de toi et pour toujours. Tes mots m’ont donné
espoir mais aujourd’hui, tu fais semblant de ne
pas les avoir prononcés.
Es-tu devenue l'impératrice de l'amour pour tenir
leur liste dans ton grimoire ?
J’aurais voulu ne connaître qu'une seule paire
de mains, de jambes, de bras, d'yeux et d'oreilles, ah
oui j’oubliais, de cuisses, de fesses, de hanches,
de seins, d'épaules, de paupières closes
et passer ma langue dans cette délicieuse bouche
ornementée de bagues ternes et goûter à
ce palais que tu dis si profond.
Jeudi se termine et malgré mon absence toute la
journée, il me semble que tu n'as pas daigné
me joindre. Une semaine sans entendre ta voix. Devoir
penser que tu as trouvé un copain comme je le pressentais.
Étais-je fou pour croire que tu m'aimais ? Vais-je
tenir mes promesses ? Commencer à travailler, t'entretenir
pour garder une toute petite part de toi et me réveiller
sans vie, un matin, le coeur éclaté.
Je ne pourrais pas à moi seul te rendre heureuse.
Tu ne pourrais t'en suffire. Il te faudrait de vrais hommes.
Je ne vois pas comment toute la vie tu pourrais me garder.
S’en trouvera-t-il un qui ne voudra pas, qui te
demandera de choisir et tu auras beau lui dire qu’entre
nous, ce n'est qu’un reste d'amitié, y verra
t’il autre chose ?
Je n’arrive pas à tomber sur des femmes aux
cheveux châtains comme toi. Toujours des brunes
ou des blondes, parfois des auburn. Il y en a des sensas
toutes habillées de noir, toutes faites sur le
même modèle comme à l’emporte-pièce,
des étudiantes ou des femmes au pas assuré.
Heureusement que je ne les prends pas en chasse, ça
me ferait trop mal de savoir qu'il y a des hommes avec
qui elles s’abandonnent. Et puis, à leur
profond émoi ou leur apparent mépris, je
me doute qu’elles se savent regardées.
Et dans le ciel, ton regard qui me transperce. Tu approches
ta tête gigantesque de ma maison et en soufflant
fort comme tu en as l'habitude, tu brises les vitres des
fenêtres. Et les éclats de verre viennent
me traverser de part en part pour me clouer contre le
mur opposé.
Des mots qui s'agglutinent les uns aux autres pour me
cacher à moi-même que tu me manques. La seule
fille qui me plairait de démonter pour sentir la
détresse de son coeur. Je crains l'explosion si
notre rencontre venait à se produire. J'ai honte
d'avoir envie de toi mais je me targue de t'aimer et je
suis fier que tu me trouves encore de l'intérêt
et puis c'est bien mieux que ce ne soit pas si simple.
Je remercie Dieu pour la beauté de ton corps, qu'il
m'ait pas mieux réussi afin que je sois resté
libre des talents qu'il t'a donnés; qu'il t'ait
apportée, reprise, rendue et enlevée de
nouveau.
J'ai tâtonné dans le noir, mais tu n'étais
pas dans mes couvertures. Je me suis rappelé que
tu n'étais pas venue hier soir, que j'avais tout
inventé.
Je ne pensais pas que tu me jouerais la requête
de Rimbaud. Je t'adore. Je ne sais pas comment t'aider
mais j'aurai bien voulu hier soir te consoler dans mes
bras et te dire de ne pas t’inquiéter, que
tout allait s'arranger. Mais bêtement, je ne l'ai
pas fait et je le regrette aujourd’hui. Il faudrait
toujours s’appliquer dans le moment présent.
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Quelques questions, pour savoir si c'est des réponses
que vous cherchez :
N°56
- Où se trouvait Samael (le Boddhisattwa)
pendant que son Intime recevait une Initiation ?
N°57
- Dans les temps anciens, comment passait-on les
épreuves des Eléments ?
N°58
- Aujourd'hui, comment passe-t-on les épreuves
des Eléments ?
N°59
- Que se passe-t-il quand un homme pratique la magie
sexuelle avec une femme qui a connu d'autres hommes
précédemment ?
N°60
- Dans les temps anciens, avec qui les initiés
pratiquaient-ils la magie sexuelle ?
Si
vous voulez connaître les réponses
:
56
à 60 - Epreuves des Eléments - Adultère
et conséquences
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