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HISTOIRES D'AMOUR
 
 

Douze ans que ça durait déjà



Elle scrutait la noirceur du paysage qui défilait devant elle. Le train ralentit progressivement et finit par s’arrêter. Quand elle descendit, elle prit une bouffée d’oxygène, de cet air pur du dehors qu’il fait si bon respirer. Elle n’en revenait pas d’être venue finalement. Son regard était mêlé d’une joie profonde mais aussi d’une certaine inquiétude. Elle semblait vouloir éterniser cet instant en faisant comme si elle cherchait quelqu’un au loin, dans la nuit noire, mais personne ne l’attendait et elle le savait bien. Elle quitta les quais, sortit de la gare, vit une cabine téléphonique. Elle sortit son sac à main de sa valise, plongea sa main à l’intérieur. Mais, elle ne semblait pas trouver ce qu’elle y cherchait, elle commençait déjà à s’énerver. « L’ai-je oubliée, se disait-elle ! » Nerveuse, elle renversa le contenu du sac parterre faisant un tintamarre de tous les diables. Soulagée, elle ramassa la carte, s’élança et percuta tête la première la porte vitrée de la cabine. Elle se toucha le front à l’endroit où elle avait mal, poussa lentement sur la porte et composa un numéro d’appel de mémoire, des numéros qui avaient été souvent pour elle, son seul recours à ses longues nuits d’ivresse, combien de fois les avait-elle composés de Marseille et d’ailleurs !

Dés la fin de la première sonnerie, une voix à peine sortie des draps lui répondit :
« Oui ?...OUI ! comme s’il s’énervait qu’on ne lui réponde pas.
- Tu me rappelles ?
- Tu sais quelle heure il est !
- Pardon !
- Pourquoi tu m’appelles si tard ? Laisse-moi dormir, rappelle-moi quand il fera jour.
- Pardon ! Indignée qu’elle était qu’il ne soit pas fou de joie d’entendre sa voix et même qu’il veuille raccrocher !
- Ben quoi ?
- Ha ben, ça fait plaisir. Dés que j’arrive, je pense à t’appeler, et toi, voilà comment tu m’accueilles, ça ne te fait pas plaisir que je t’appelle ?
- Bon, ça va, je te rappelle.
- C’est sûr ? dit-elle d’une voix implorante.
- Oui à la condition que ce soit toi qui raccroches parce que moi je n’arrive jamais à couper. »
Elle lui dicta rapidement les chiffres et elle raccrocha.

Elle attendit dés lors, mais il ne rappelait pas, cela faisait cinq minutes déjà. Elle esquissait un sourire au coin des lèvres. Elle refit le numéro et dés qu’il décrocha, lança :
« Tu ne veux pas me rappeler ?
- Je te jure que j’ai essayé mais ça n’a pas marché. Sur l’annuaire, ils disent de rajouter deux zéros pour l’étranger mais je suis tombé sur les renseignements internationaux pour un appel en PCV. L’hôtesse m’a dit de ne pas mettre le zéro que tu m’as dit. Ca va peut-être marcher cette fois, je te rappelle immédiatement...
- Attends, je...
- Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ?
- Est-ce que tu aurais envie de me voir en vrai ?
- Mais bien sûr, tu crois que tu vas encore me prendre à ton petit jeu ? Combien de fois m’as-tu promis de m’envoyer ta photo et jamais je ne l’ai reçue ! Jusqu’à la dernière fois où tu me l’as encore proposée et que je t’ai répondu si tu te souviens bien, que je préférais garder une idée imprécise pour ne pas briser l’idéal que je m’étais fait de toi.
- C’était pour voir combien l’idée de me voir en vrai te faisait plaisir ! Je suis heureuse de te parler.
- Moi aussi...
- [...] Qu’est-ce tu fais ?
- Je dormais, vois-tu !
- [...] Je t’aime.
Après un silence de quelques secondes, le temps de reprendre mes esprits, elle continua :
« Tu ne réponds rien ?
- Que veux-tu que je réponde ! Je n’aurais pas cru que tu me répètes cela un jour. Je suis sous le choc, là.
- Tu sais, j’ai changé, je suis une vraie femme maintenant, je ne suis plus la petite étudiante paumée que tu as connue.
- Pourquoi tu me dis ça ?
- [...] Oh pour rien ! Ne devines-tu pas pourquoi je t’appelle ?
- Non, j’vois pas.
- Pour te souhaiter un joyeux anniversaire, Mani.
- C’est bien la première année où tu le fais. Tu vois que tu es adorable quand tu veux.
- Excuse-moi pour toutes ces années. Je voulais que tu vives des aventures, que tu n’attendes pas mon bon vouloir en perdant des occasions de vivre l’amour. Tu sais à l’époque, je n’avais plus de sentiments pour toi, juste une amitié qui naissait face à ton amour trop grand.
- N’étais-tu pas flattée d’être aimée autant ?
- Encore aurait-il fallu que je t’admire comme avant ! Je préférais passer d’un homme à l’autre pour en goûter un maximum et ne pas me prendre la tête comme toi.
- Pourquoi ?
- Hé bien, inconsciemment, ton amour m’était pesant et si je couchais avec eux, c’était pour me forcer à croire que je ne t’aimais plus...
- N’était-ce pas plutôt parce que tu avais peur de les voir partir, qu’ils se lassent de la relation parce que tu ne leur accordais pas tes faveurs ?
- Laisse-moi continuer au lieu d’émettre des hypothèses. En couchant avec eux, je savais bien que je ne trouverais jamais quelqu’un qui m’aimerait autant que toi.
- Crois-tu sérieusement qu’il s’agissait d’amour ?
- Parce que ce n’en était pas ?
- Je ne faisais que m’accrocher à un passé merveilleux, à la seule fille qui m’ait jamais dit « je t’aime » en larmoyant, me suppliant de l’aimer aussi. En vérité, j’ai jamais su comment t’aimer !
- Détrompe-toi ! Tu m’as toujours laissé libre. Tu es merveilleux. Je t’appelle quand j’en ai envie. Qui plus est, tu as appris à reconnaître ce que j’aimais chez un homme, qu’il ne dise pas oui tout de suite, qu’il soit chiant, et au fil des années, tu t’es changé pour me convenir, n’est-ce pas la plus belle preuve d’amour qu’on puisse trouver ?
- Ne penses-tu pas que lorsqu’on veut faire changer l’autre, c’est qu’on n’aime pas sa nature originelle !
- Mais je ne t’ai pas fait changer, c’est toi qui l’as fait tout seul. Je t’avoue que cela me faisait rire que tu m’entretiennes financièrement. J’étais fière devant les copines mais cela ne m’a jamais fait t’aimer davantage.
- Mon seul bonheur est d’entendre ta voix. Je suis tellement heureux quand tu te confies à moi. Je voudrais toute ma vie à ta bouche m’abreuver de tes mots. C’est en toi que je trouve l’énergie pour aller plus loin. J’ai tellement de chance que tu ne m’aies pas oublié au fil des années.
- Je sais que tu as encore besoin de moi. Dés que tu reconnais ma voix, je sens bien dans le timbre de la tienne comme un immense bonheur qui t’envahit. A chaque fois, je me sens tellement bien de te rendre si joyeux. Mais souvent, comme je ne veux pas te faire dépenser trop de téléphone et que je sais combien il est difficile pour toi de raccrocher, je trouve une vacherie à te dire. Tu prends la mouche au quart de tour pour me faire croire que tu as du caractère. Tu me dis "bon, allez, au revoir" mais finalement c’est toujours moi qui raccroche en fin de compte. Mais, n’est-ce pas moi qui te rappelle ensuite !
- Je n’étais pas certain que tu me jouais la comédie. Je pensais ne plus rien représenter pour toi.
- Je t’ai rendu malheureux tant d’années. Je m’en veux tellement, tu sais. Pardonne-moi, j’ai été idiote de n’avoir pas su reconnaître en toi l’homme de ma vie.
- Mais non, c’est grâce à toi que j’ai vécu. Tu étais le tremplin de mes espoirs, la nourriture de mes émotions, la joie de mon esprit et le sang de mes artères.
- Et si, je t’avais aimé sans discontinuer, n’aurais-tu pas été plus heureux encore ?
- On ne peut changer le passé. Et puis, j’aimais à te savoir entourée, à te savoir prise par des hommes que tu apprécies davantage, des hommes forts et irrésistibles. Et même si tu couchais avec eux bien trop facilement, je l’interprétais comme un refus d’amour platonique, une fuite en avant pour ne pas retomber amoureuse.
- J’ai besoin de toi fit-elle d’une voix étranglée. Je ne veux plus connaître d’autre homme que toi. Voudrais-tu que je vienne te voir ?
- La quarantaine dépassée, quelle vie peux-tu espérer avec moi ! Ne vas pas foutre en l’air les belles années qui te restent pour un homme avec lequel tu ne peux rien construire. Et puis, on détruirait tout ce qui nous lie si un jour on venait à se voir. On ne peut se désirer qu’à la condition de rester éloignés l’un de l’autre.
- Mais, je veux t’aimer d’un amour vrai, concrétiser dans la chair cet amour que tu accumules pour moi depuis tant d’années.
- Si tu veux m’aimer, je regrette de te le dire mais c’est que tu ne m’aimes pas. Tu n’as pas à te sentir redevable. Je n’ai pas fait tout cela pour que tu me rembourses en nature de mes dépenses. Je n’ai jamais voulu acheter ton amour. Tiens, te souviens-tu quand tu as recommencé à m’écrire ?
- La carte postale d’Allemagne ! Et pourtant, tu ne peux pas imaginer combien je craignais qu’en faisant cela, tu retombes désespérément amoureux de moi. Mais je ressentais déjà la responsabilité de veiller sur toi pour ce qu’on n’avait pas vécu ensemble. Alors j’accouchais sur le papier du faible que j’avais pour le dernier homme rencontré pour que tu me saches prise. Tu ne le sais sans doute pas mais cette année-là, j’avais repris contact avec Danaé. Et dans sa chambre, j’avais découvert, sur sa table de nuit, une lettre de toi. Je n’ai pas pu m’empêcher de la lire et ça m’a mise hors de moi. Comment osais-tu t’enticher d’elle ! J’étais affreusement jalouse parce que je voyais à la manière dont tu lui écrivais qu’il y avait une immense complicité entre vous, tellement plus grande qu’entre nous. Quand Danaé me vit ta lettre à la main, elle n’en menait pas large, je te prie de croire. Je l’ai réprimandée violemment : « Alors c’est comme ça que tu n’en as rien à foutre de lui, t’es rien qu’une garce. » Pour se faire pardonner, elle a été forcée de me montrer toutes tes lettres et y en avait, y en avait tant qu’à vrai dire, je ne suis pas allée au bout. Ca m’a donné l’impression que si tu lui écrivais tant, c’était que de savoir que c’était elle qui te lisait t’inspirait davantage que si c'était moi.
- Il était plus facile de lui témoigner combien je t’aimais plutôt que de te l’avouer et encore me faire rabrouer et t’entendre me dire que tu ne m’aimais plus.
- Mais comment voulais-tu que je devine ta passion pour moi puisque tu ne m’en parlais plus ! Mon Gémani, tu voudrais coucher avec moi ?
- Non, si je te voyais prête à me faire l’amour, j’exploserais de tellement de bonheur que la vie s’enfuirait par tous les pores de ma peau.
- Mani, je veux te faire l’amour.
- Je n’ai plus de désir pour toi. Je t’aime au-delà du descriptible. Crois-tu que nos âmes aiment à se rencontrer, à parler de nos égos qui ne font que se faire du mal ?
- Je suis fatiguée, Mani. Je ne veux plus courir, je ne veux plus séduire. Je ne veux plus chercher. Je ne veux plus qu’un autre me touche. Je veux être à toi.
- J’ai de la chance que tu sois à l’autre bout du monde.
- Tu ne penses qu’à toi, t’as pas changé finalement. Tu n’imagines pas combien je souffre que tu sois si loin ! »
Elle raccrocha la larme à l’oeil. Si seulement, elle avait été dans cette contrée inhospitalière plutôt que proche de lui !

Elle prit un taxi et donna l’adresse au chauffeur. Il regardait par la fenêtre ne parvenant pas à la chasser de son esprit quand on frappa à sa porte. Malgré l’heure matinale, il alla ouvrir et elle était là ! Elle était amusée de le voir ainsi décontenancé, abasourdi. Il la pria d’entrer d’un geste avenant de la main car de sa gorge, il ne sortait que des onomatopées. Faisant comme si elle se trouvait chez elle, elle s’allongea de tout son long sur le canapé de cuir, les pieds croisés sur un des accoudoirs et la tête sur l’autre, pour se détendre enfin de sa longue traversée. Il s’assit sur le fauteuil en la regardant du coin de l’oeil sans trop savoir s’il devait venir près d’elle. Elle n’osait pas parler non plus. Craignait-elle de rompre la magie de l’instant laissé blanc ?
N’y pouvant plus, se sentant tourmenté, il préféra s’isoler dans sa chambre, s’allongeant sur le lit. Il se sentait exploser de toute part, son cerveau bouillonnait. Il avait comme l’impression que son appartement n’était qu’un décor chancelant. Il voyait autre chose que ses alentours familiers, des vagues brumeuses de passion le tenaillaient. Elle aussi avait senti un tel chavirement de l’esprit. Jamais auparavant, un homme ne lui avait fait autant d’effet. Elle se sentait différente mais sans pouvoir définir en quoi. Abasourdi, il remerciait Dieu comme à son habitude, comme chaque fois qu’elle lui avait téléphoné, comme chaque fois qu’il avait reçu une lettre de Danaé. Il rendait grâce à Dieu pour ce trop plein de bonheur. Il n’en était pas digne. Alors qu’il priait encore son Dieu, il entendit les pas de sa charmante qui approchait dans le couloir, son entrée fracassante dans la chambre. Il ressentit le léger déséquilibre produit par la pression des genoux de sa charmante sur le matelas et finalement le corps de sa belle tout entier contre le sien. Il sentait la poitrine généreuse se serrer contre son torse, il entendait les battements de son coeur à l’unisson du sien et humait le souffle frais de sa respiration sur son visage. Leurs lèvres s’effleuraient sans se rejoindre encore. Il était heureux, pleinement heureux. Qu’aurait-il pu désirer de plus ?
Elle l’embrassa au coin de ses lèvres et ce fut pour lui comme mille baisers d’une autre femme. Elle était heureuse de lui donner autant de bonheur avec un seul baiser.

Quand il se réveilla, il n’avait plus d’envie parce qu’elle était là, alors il se rendormit plus heureux encore. Ils ne se parlaient pas, quel besoin en auraient-ils eu ? Ils savaient déjà tout l’un de l’autre et plus rien n’existait autour d’eux.
Il pensait être devenu fou, il était même sûrement fou, il devait être dans un asile et prendre ses fantasmagories pour la réalité. Elle ne pouvait pas être là. Elle ne l’aimait plus. Elle avait cessé de l’aimer bien des années auparavant et il savait bien au fond de lui que jamais plus, elle ne l’aimerait de nouveau. Ce n’était pas possible, pas croyable, qu’ainsi elle se donna à lui après tant d’années passer à rêver d’elle. Elle n’avait plus aucun intérêt pour lui, elle le connaissait trop bien. Elle avait d’autres hommes à découvrir de part le monde, des hommes plus intéressants. Pourquoi donc serait-elle là ? Il lui a demandé de partir. C’était parce qu’elle méritait bien mieux que lui. Elle ne devait pas se sacrifier pour un amour du passé, un amour qui avait déjà vécu et dont la renaissance ne pouvait atteindre la passion d’une union première. Surtout qu’il existait des hommes d’un autre acabit, du genre qui sont l’objet du contentement et de la plénitude des femmes.

C’était la première fois qu’une fille venait se jeter à ses pieds. Il n’était pas du genre irrésistible. On pouvait lui reprocher ses traits féminins. A son grand regret, il n’avait pas un menton puissant, ni un front large, ni une poitrine plus large que la taille. Il n’avait rien de la carrure avantageuse d’un Chippendale qui d’un simple déhanchement suscite un désir foudroyant chez les demoiselles. Il détestait aussi son profil mais il lui était impossible de toujours se présenter de face !

Pouvait-elle voir autre chose que ce qu’il était ? Était-il quelqu’un d’autre que lui-même et dont il n’avait pas conscience ? Avait-il pris une existence propre aux yeux de celle qu’il aimait ?
Il n’en fallut pas plus pour qu’elle s’évanouisse dans les airs. Elle n’avait jamais été là. Cela faisait douze ans qu’il vivait là dans une camisole de force, attaché au lit. Elle avait cessé de lui téléphoner juste avant qu’elle n’ait vingt-deux ans et il ne put le supporter car c’était d’elle que lui venait son inspiration. Alors en quelques mois, il se renferma sur lui-même, se créant un monde imaginaire où elle continuait de prendre soin de lui sans trop en faire surtout. Il se débattait comme un beau diable à chaque fois qu’il entendait sa voix à l’autre bout de sa ligne imaginaire. Mais voilà, son rêve éveillé avait pris fin.

Il n’avait pas su faire front à la vie, il avait même perdu l’amitié de la seule qui l’avait aimé. Il avait coûté cher à la sécurité sociale. La loi sur l’euthanasie volontaire avait été adoptée en France. Il en profita pour qu’on le libère du carcan de sa vie misérable. Libéré de son corps, on lui permit enfin de se rendre auprès d’elle. Il la vit en robe blanche de mariée descendre le grand escalier de l’église avec au bras, un mari fort beau, plus grand que lui, viril, très élégant, sûr de lui semblait-il comme les autres hommes mariés. Il voyait dans l’esprit de la mariée qu’elle avait tiré un trait sur son passé, sur les aventures, qu’elle voulait véritablement que cette union la mène au bonheur. Alors qu’il s’approchait d’elle, elle devint toute blanche, plus blanche encore que ses voiles, il s’approcha encore mais elle tressaillit, alors n’insistant pas, il s’éloigna pendant que son mari la prit dans ses bras pour la réchauffer. Elle reprit des couleurs. Non, il ne restait rien de celle qu’il avait tant aimée, sans doute avait-elle dû se perdre dans les dédales du temps !

Il se souvint d’Éliane, la coquine pleine d’attention qui lui avait apparu comme un idéal de beauté, de gentillesse, d’attentions, de folie, de joie et d’amour. Il aurait tant voulu qu’elle lui propose de sortir avec elle. Mais non, il ne devait jamais revoir Éliane. Pourquoi lui avait-il parlé de Antéa alors que c’était elle qui, par ses facéties, l’avait rendu peut-être le plus heureux ! Comme un rêve inachevé, une histoire pas même commencée, une complicité trop grande pour devenir une histoire d’amour.

Avant de partir, il se souvint de sa douce amie, Danaé. Il la retrouva accompagnée de deux charmants bambins et d’un époux, pour le moins remarquable. Elle s’était mariée tôt, à l’âge de vingt ans avec cet homme, à l’époque étudiant en cinquième année de médecine, issu d’un milieu juif aisé. Avec le temps, il était devenu professeur de médecine. Danaé, quant à elle, avait brillamment réussi ses études : docteur ès science en physique nucléaire, chargée d’affaire au commissariat à l’énergie atomique pour le démantèlement des centrales nucléaires, détachée auprès des ministères de la recherche et de l’environnement. Mais, elle n’avait pas non plus raté sa vie de mère. Elle était la mère de deux enfants délicieux : Rachel, 7 ans et Joshua, 5 ans. Et elle cherchait dans le périple de sa traversée de la Vallée des Rois, un nom à donner à son troisième enfant bientôt à naître. Le bonheur la transfigurait. Gémani se sentit attirer irrésistiblement par un couloir de lumière tandis qu’il soufflait à Danaé un nom pour sa fille. Une vague d’énergie la parcourut. Elle se sentit comme transportée, comme inspirée divinement et lui s’en alla tout là-haut... rejoindre les houris.

Falco - Jeanny

Commentaires : quand l'autre nous manque, on voudrait sombrer dans la folie pour ne voir plus qu'elle. C'est ici ce qu'il se passe. Voir le parallèle avec la nouvelle : les apparitions fantomatiques. Mais quand il sort de son rêve, quand la réalité revient, ça lui fait trop mal et il demande à partir.


 
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Table des matières : 
Une passion dévorante
Les apparitions fantomatiques
Psychothérapie amoureuse
La confession de Méphisto
Les conséquences d'un oubli
Une si vague idée
Les mensonges du passé
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La ballade de Méphisto
La tache rouge sale
Un ligand d'éternité
Génération "love in fun"
Les délires de Morphée
Qui ne dit mot consent
La fiancée de Gulliver
Les gestes de la passion
Le vertige du désir
Le monstre qui se cache
De la technologie à l'amour
Séquestration abusive
Une lettre pour te dire
Approche détournée
Pomme d'Amour
Ce qu'il m'en reste
Les sauveurs du monde
Un remords perpétuel
L'hôtel des plaisirs
Un harem chez les amazones
Les corps emmêlés
Inoubliable
Douze ans que ça durait déjà
Au bout de la vallée calcinée
La chute des souvenirs
Au pays des géants
L'oncle d'Amérique
Astral Voyager
Le matelas vibrant
Les retrouvailles séniles
Le ballet de la plage
Victime d'amnésie
Apothéose
Scènes omises