J'avais
un accord de principe avec Joanne. Je lui répétais
tout ce que me disait sa grande fille et en échange,
j'avais droit à des photos d’Antéa
à des âges différents et des copies
des films où elle faisait des châteaux de
sable quand elle avait huit ans. A cet âge là,
on aurait dit que sa tête avait été
vissée directement sur son tronc. Heureusement,
cette difformité physique s’était
arrangée avec le temps. Joanne m’envoyait
également des enregistrements sonores de sa fille
quand celle-ci s’entretenait longuement avec ses
copines au téléphone.
En contrepartie, Joanne me demanda de descendre à
Marseille pour espionner Antéa lors d’une
soirée festive. Comme c’était un bal
masqué, elle ne pourrait pas me reconnaître.
Je rendis compte fidèlement à Joanne n'omettant
aucun détail, avec qui elle avait dansé,
si elle avait encore pris de la drogue et qui lui en avait
fourni, si elle avait bu, quels étudiants avaient
profité de son ivresse pour abuser d’elle.
Ma grande sensibilité et mon inquiétude
face aux dangers qui menaçaient sa fille touchaient
beaucoup Joanne. Elle avait développé une
immense affection à mon endroit. Elle avait une
grande confiance en moi et ne semblait plus craindre que
je gravite autour de sa fille. Joanne était une
jolie femme. Antéa n'avait pas sa finesse ayant
hérité des traits physiques et de la charpente
de son père.
Joanne me regardait tendrement. J'étais gêné.
Je sentais son genou contre le mien. Le regard coquin,
elle m’a pris la main et m’a invité
à la suivre en se levant. On est monté au
premier étage. Elle m’a fait entrer dans
sa chambre et là, elle me dit qu'elle avait envie
de moi. Je n'aurais jamais cru qu'elle était une
femme facile comme sa fille. Elle voulait peut-être
se venger de son destin terrible d'avoir eu cette môme
insupportable qui la rendait folle. Elle avait la peau
encore ferme malgré son âge, plutôt
bien conservée. Elle avait toujours les seins bien
montés, les fesses bien fermes et sa peau avait
une saveur fruitée. De dire que je la tenais là
au creux de ma main, alors que je me souvenais d'une époque
où je lui voulais du mal. [scène omise]
et c’est ainsi que son légitime nous surprit
en plein adultère, l’infidélité
flagrante, les draps du lit conjugal souillés de
sueur et de miasmes. Pourtant, il essaya bien de garder
son calme pour analyser la situation. Il prit une chaise
et se prit la tête dans les mains et marmonna dans
sa barbe. Joanne se risqua à venir prés
de lui mais il la repoussa et lui dit :
« Je vous donne deux jours pour dégager,
toi et ta fille. »
Et voici comment j'en vins à cohabiter avec Antéa.
À cause de moi, Antéa dut se suffire d'un
duplex quatre fois moins grand. Joanne m’avertit
dés qu'on officialisa notre relation par un PACS,
que si un jour, elle apprenait que je la trompais avec
sa fille, elle me le ferait payer de ma vie. J'essayai
de la rassurer en lui disant que je n'aimais qu'elle et
que sa gamine ne me faisait plus le moindre effet bien
que dans mon fort intérieur, je susse qu’elle
me troublait encore. La preuve en est que je redoutais
de la croiser dans le hall. Les premiers temps, Antéa
me lançait des vannes du genre : « Alors
mon pauvre Mani, tu joues le gigolo maintenant. Elle est
bonne au lit, ma mère au moins ! » Le temps
fit son oeuvre et finalement, elle cessa de m’en
vouloir et semblait heureuse que je vive avec elle. Seulement,
je n'avais guère l'occasion de me retrouver seul
à seul avec elle. Quand il n'y avait pas sa mère,
c'était la femme de chambre, seul luxe qu'avait
gardé Joanne, qui semblait me surveiller. J'avais
séduit la mère, j'avais baisé la
mère avant mais pour mon amour caché, je
craignais que ce soit plus difficile. Antéa était
singulière. Elle ne semblait pas appartenir au
troupeau familial. Par ses propos, ses amies la trouvaient
d’une intelligence rare. Et si je l’avais
perdue, c’est parce qu’elle avait remarqué
que je n’arrivais plus à la suivre dans ses
comptes-rendus de sorties avec sa bande et ses nuits avec
ses amants.
De
dire qu'Antéa était à portée
de main et je n'avais pas le droit de la toucher ou même
seulement de la prendre affectueusement dans mes bras.
Je n'avais jamais eu l'occasion de lui dire combien j'étais
heureux de vivre auprès d'elle. Cela me plaisait
de la regarder quand elle faisait la sieste dans le hamac
de la terrasse. Les week-ends, elle s’est mise à
me faire des sourires tendancieux quand on se croisait
dans les couloirs à l'abri des regards. C'était
des moments inoubliables. Comme les grandes vacances approchaient,
je me demandais comment sa mère allait-elle de
ses griffes me protéger de sa fille et où
puiserais-je la force de lui résister !
[scène omise] On n’aurait pas cru qu'elle
était si perverse quand on la voyait en tailleur
tenir la présidence de sa société.
Antéa finit avec succès son année
et obtint son DEUG d’économie avec mention.
Ce qui lui permis d’être acceptée dans
l’école de commerce de ses rêves. Je
pensais alors pour la première fois passer une
journée seul à seul avec elle. De bon matin,
Antéa fit exprès de laisser la porte de
la salle de bain entrebâillée et le rideau
tiré pendant qu’elle prenait sa douche. La
voyant nue pour la première fois, je me sentis
défaillir. Habillée, elle ne payait pas
de mine mais nue, il y avait beaucoup plus à toucher
que chez sa mère. Mais son copain vint me priver
d’elle le matin suivant. Quand ils sont revenus,
l’après-midi, ils ont fait l'amour comme
des bêtes en laissant la porte de la chambre grande
ouverte. Malgré moi, je devenais le complice de
ses joutes libidineuses. Joanne à son tour, a délégué
ses pouvoirs pour prendre quelques jours de congé
bien mérités. Joanne eut le béguin
pour l’un des amants délaissés de
sa fille qui traînait en se lamentant dans le duplex.
Celui-ci troublé encore par un fantasme gardé
de l’enfance, en quête d’une femme mûre
depuis longtemps, se laissa aborder. Joanne l’embrassa
devant moi et ne pouvant pas tenir jusqu’à
l’étage, ils ont fait l’amour sur les
marches de l’escalier. Je crois bien qu’il
parvint enfin à la contenter mieux que je n’avais
jamais su le faire ! La preuve en est que le lendemain,
elle me réveilla de bon matin en me faisant dégringoler
du sofa, me montra la porte et un sac de mes vêtements
qu’elle avait préparé pour mon départ.
Au seuil de son appart, elle m’ordonna de foutre
le camp avec interdiction formelle de remettre les pieds
chez elle. Je perdais par la même la proximité
d’Antéa dont je regrettais d’avoir
à me séparer.
Je me suis retrouvé sans logis dans la cité
des palmiers et des fontaines. Une nuit que je dormais
dans un sac de couchage qui m'avait été
remis gracieusement par l’Armée du Salut,
je fus réveillé par le ballet éblouissant
d’une lampe torche. Aveuglé, je rentrais
ma tête sous le duvet. Une masse nue et charpentée
s’est glissée contre moi dans ma crasse.
Elle me déshabilla à moitié en baissant
mon froc puant et me fit l'amour malgré mon odeur
pestilentielle. Quand j'ouvris les yeux au petit matin,
Antéa dormait à poings fermés. Une
vague de bien-être me parcourut. De savoir que c’était
elle qui m’avait embrassé, qui m’avait
aimé me donnait le coeur joyeux. Je m’en
voulais presque d’avoir freiné ma participation.
Elle que j'avais tant désirée! Je suis allé
dépenser ma dernière pièce pour me
laver dans une cabine de douche. J’ai changé
de vêtements grâce à ceux qu’elle
m’avait apportés et je suis allé la
rejoindre dans mon duvet. Elle a souri. J’ai été
transporté.
On vécut ainsi sans se parler ou presque, dormant
nus l’un contre l’autre pour se réchauffer.
Elle tomba enceinte assez vite. Une nuit intenable d'hiver
où elle n’avait pas pris soin de me réchauffer
de la chaleur de ses seins, je suis mort de froid. Elle
eut beau m'agiter à l'aube, je restais inerte.
Les larmes glissaient sur ses joues. Les gouttes d’eau
en tombant de son menton, se transformaient en glaçons
qui venaient ensuite perforer mon visage qui s’en
allait par morceaux.
Antéa se sentit perdue sans moi. Elle m'aimait
donc mais je n'étais malheureusement plus là
pour y goûter. Quelques semaines plus tard, elle
eut son fils déclaré de père inconnu,
c'est que je n'étais pas un homme dont on pouvait
se vanter d’être le fils ! Puis, elle reprit
ses études de commerce, cherchant tout à
la fois un homme qui voudrait bien d’elle et de
son gamin.
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Commentaires
: Gémani couche avec tout ce qui bouge. Il
commence par la mère, lorgnant sur la fille.
Il finit mal, dans la rue. Là, il reçoit
enfin l'amour de sa belle. Mais il paye ses excés
et meurt de froid, en l'absence de l'amour qu'il
ne sait pas donner.
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