[scène
omise] Je meurs d’asphyxie quand un monde
enchanteur m’apparaît en lieu et place. Comment
pouvait-on faire une telle erreur, envoyer le pire des
hommes au ciel ? Je croise une entité au visage
translucide, légèrement bleue argentée,
encapuchonnée dans une longue cape noire qui ne
laisse pas même voir ses pieds. Elle me sourit et
je me sens fondre. Je pense machinalement à Antéa,
mais l’entité ne se transforme aucunement.
Je la regarde s’éloigner sans chercher à
la retenir et elle disparaît au tournant d’un
chemin. Autour de moi, il y a sept palais disposés
ça et là au milieu de la végétation
luxuriante. Des rivières serpentent tout autour
avec des ponts tous plus mignons les uns que les autres.
J’avance jusqu’au palais dont la porte semble
briller par elle-même. Je pousse sur le montant
droit me protégeant de l’éblouissement
avec le bras gauche porté contre le front. Je me
faufile à l’intérieur et heureusement
l’arrière-cour est moins étincelante
et plus avenante à tel point que je m’étends
dans le gazon fraîchement coupé auprès
du parterre central d’orchidées et d'hibiscus
qui tapissent les racines d’un énorme baobab.
J’hume avec délectation les essences rares
des fleurs ornementales. Puis me reviennent mes sempiternels
fantasmes de dépucelage de Danaé et mes
envies de concrétiser avec Antéa et les
femmes du monde et tel un dieu, j’en ris à
faire trembler les montagnes bleues environnantes ! Ils
ne m’auront pas conduit en enfer, m’entends-je
répéter ! Mais une voix d’hôtesse
d’aéroport semblant venir de l’intérieur
même du palais me sort de mes pensées. Déjà
sur terre, j’étais suspendu aux lèvres
de ces femmes à la voix si sensuelle et mélodieuse,
un brin coquine et enfantine qui semble s’adresser
à nous individuellement. Elle commence à
réciter le programme qu’elle m’avait
préparé :
« Vile homoncule civilisé, va rejoindre ces
femmes sauvages, ces amérindiennes, ces vahinés
qui aiment à se prêter à ton regard
pervers dans le palais aux mille cascades. ».
C’était une vallée entière
qui avait été transformée en palais.
Elles se baignent sous une des mille et une cascade à
peine vêtues de peaux de cuir délavées.
Elles ont chacune un visage taquin et des seins parfois
allongés qui leur tombent jusqu’au ventre.
Me voyant au dessus tel un géant, elles s'esclaffent
d'un délicieux rire en cascade et continuent à
s’ébattre à la surface. Pour me provoquer
plus encore, elles retournent sur la berge et ainsi en
sortant de l’eau, je vois leurs belles jambes fines
et leurs cuisses musclées que j’ai toujours
rêvé d’arpenter. Malgré mon
envie de les rejoindre, je détourne les yeux bien
que j’entende toujours leurs éclats de rire
qui résonnent encore.
« Vieux sadique, applique tes sévices sur
cette beauté consentante qu'on t'a préparée
dans le palais des tortures. »
La femme est attachée à une grille, bras
et jambes jointes, avec les membres entravés par
des chaînes qui se perdent dans des poulies de tailles
impressionnantes à moitié dissimulées
dans l’obscurité à cause de la faible
lueur des chandeliers de jade. Devant, à sa gauche,
il y a une table nappée de soie rouge sur laquelle
sont disposés entre les deux chandeliers : une
cravache, un fouet, un martinet, de fins couteaux à
la lame finement aiguisée pour lui faire gicler
le sang. Elle tire sur ses chaînes de toutes ses
forces et la chute de ses reins est irrésistible,
le rebondi de ses fesses me donne envie de mordre dedans
et de lui enfoncer la cravache au milieu. Pourtant, d’un
geste du bras, un brin dédaigneux, je tire sur
la grille et celle-ci, montée sur des gonds, pivote
et me la fait apparaître de face, les seins engoncés
entre les barreaux. Ses mamelons sont percés par
des anneaux. Je prends un anneau dans chaque main et décris
des cercles concentriques. Elle accompagne mes mouvements
coordonnés en bombant la poitrine. Mais soudain,
l’image perd de sa netteté et l’écho
du choc des grilles dissipe les derniers contours.
« Violeur en pensée, attrape si tu peux la
femelle qui déambule dans les couloirs sombres
du palais des outrages. »
Elle hurle, elle a les cheveux défaits, les vêtements
déchirés en partie, l’un des bas filé
de haut en bas, elle se retourne sans cesse en arrière,
jetant des regards affolés dans sa course, effrayée
de me voir me rapprocher d'elle. Et enfin, ma main s'abat
sur son épaule et elle flanche parterre à
la renverse, sa poitrine à moitié sortie
de son chemisier. Dans un dernier effort, elle rampe sur
les coudes et les fesses, me montrant malgré elle
ses dessous affriolants. Elle est terrorisée que
je veuille me porter sur elle. Je tiens enfin ma revanche
sur les femmes inaccessibles et cruelles et pourtant je
souffle sur l’image et elle se cristallise et tombe
en poussière d’ange.
« Détritus adultérin, retourne à
tes origines dans le palais du déshonneur. Ta vue
se brouille-t-elle devant ces femmes mûres au visage
malicieux et taquin, à la moue ravageuse, au corps
merveilleusement sculpté par les années
? »
Les unes m’attendent cambrées, les mamelons
comme des points d’appui où je me vois m’enfoncer
comme dans des coussins. Les autres sont alanguies sur
des couches de soie avec pour tout vêtement des
franges colorées qui décorent leurs cuisses.
« Elles veulent te révéler leur fraîcheur
oubliée, rattraper le temps perdu, retrouver leur
vitalité d’avant. » reprend-elle. Elles
sont somptueuses mais la moue boudeuse et ravageuse de
l’une d’elle et la chevelure ondulée
et le regard ravageur d’une femme fatale sortent
largement du lot. Soudain, les autres m’apparaissent
en ogresses et cela chasse mes derniers doutes. Je n’ai
aucune envie d’être dévoré par
une femme expérimentée. Je préfère
m’étendre auprès de jeunes femmes
à la peau douce et délicate, me faire prendre
par la beauté de leur jeunesse illusoire et temporelle.
Les ogresses passent au miroir déformant et leurs
formes se disloquent dans une nuée qui s’évapore.
« Abject masturbateur, use jusqu’au bout de
ton ustensile dans cette vision du palais des nues. Délecte-toi
de ces jeunes femmes qui s’apprêtent à
être montées, qui jouent des fesses et se
tiennent en position d’attente. »
Elles sont toutes plus charmantes les unes que les autres,
les unes déjà montées, profilées
dans le sens du mouvement imprimé par un rotor
puissant, les autres me regardant avec convoitise sous
des poses toutes plus suggestives les unes que les autres.
C’est tentant mais qu’ont-elles d’autre
que la beauté et la jeunesse ? À peine le
soupçon passager d’un désir pour moi
qu’il s’évanouirait pour un autre !
Et je n’ai de sentiment pour aucune d’elles.
Que représentent-elles à mes yeux ? Que
des machines à baiser! Elles s’en trouvèrent
pétrifiée comme si elles avaient brutalement
perdu l’âme qui les animait. Ainsi réduites
à l’état de mannequin de cire, elles
fondirent dans une masse informe qui m’en dégoûtât.
« Lâche suicidaire, jette-toi dans la géhenne,
souffre jusqu’à la fin des temps des morsures
de la passion, les flammes brûlent d’impatience
de te dévorer. »
Elles avaient toujours ces formes féminines toutes
à l’identique, suivant une même chorégraphie.
Elles me tendent les bras pour m’apporter la délivrance,
l’extinction des désirs, de ma conscience
torturée mise à trépas. Mais je souhaite
précédemment connaître le reste du
programme !
« Dépuceleur invétéré,
avance dans la neige jusqu'au palais des glaces. Danaé
t’appelle, écoute son chant, elle attend
que tu viennes la rejoindre. »
Quand j’entre dans la salle de bain carrelée,
Danaé sort toute nue de la baignoire au robinet
doré, tendant le bras pour me prendre la serviette
des mains. Je reste immobile quand surprenant mon regard
sur elle, elle laisse échapper la serviette qu’elle
frottait entre ses cuisses. Alors me vient l'idée
de la culbuter sur la table en renversant tous les produits
de beauté. C’est bien difficile de tenir
sans bouger devant elle, devant l’hymne au désir.
Elle ramène ses mains contre elle pour épanouir
ses seins de caresses circulaires en me fixant du regard.
Elle me dit qu’elle aime que je la regarde. Elle
fait partir voluptueusement sa jambe en l’air en
faisant pression sur ma cuisse avec son plat du pied et
me palpe les muscles. Finalement, elle le pose sur le
lavabo m’interdisant toute retraite. Je surprends
ma main qui se poser sur son genou ainsi offert. Je la
vois remonter sur sa cuisse magnifique pendant qu’elle
grimpe ses fesses sur la table faisant tomber ses crèmes,
ses baumes et ses étuis de rouge à lèvres
dans un tintamarre fracassant. Et sa main qui vient encore
m’agripper l’autre bras pour me projeter contre
elle, mes lèvres qui courent dans son cou au parfum
si enivrant, ses mains qui viennent à ma taille,
puis ses doigts défont mon ceinturon, ouvrent les
boutons et baissent pantalon et slip à la fois
et je me vois lancer mon genou sur la table, présentant
mon engin érigé au-dessus de son jardin
fleuri. Son étreinte forcenée qui m’oblige
à me coucher sur elle et juste me reprendre au
dernier moment juste avant l’entrée fatale.
Non, je ne suis pas encore libéré d’elle
mais j’ai trop connu d’elle pour aller une
nouvelle fois jusqu’au bout. Ses feuilles déjà
empruntées n’ont plus rien de merveilleux.
Je me retire de ses jambes écartées lui
jetant son paréo sur le ventre et qu’elle
attrape avant qu’il ne tombe de ses cuisses. Elle
se relève, le noue délicatement autour de
sa taille sans me quitter du regard laissant ses seins
à l’air. Je sors enfin victorieux du challenge,
le désir retombé.
« Pauvre amoureux éconduit qui te morfond
dans le palais des amours, sauras-tu reconnaître
ton aimée farouche ? » Mon regard est attiré
par une arche qui baigne dans la pénombre à
l’intérieur du palais. Là, je vois
la silhouette élancée d’Antéa
qui m’appelle au téléphone comme au
temps passé. Je n’ai plus que quelques enjambées
à faire, un escalier à monter pour la retrouver
et la serrer dans mes bras pour ne plus jamais la quitter.
Mais soudain, les images précédentes que
j’avais cru avoir chassées de mon esprit
reviennent avec plus d’intensité et se mettent
à tourner les unes à la suite des autres
autour de moi comme trente-six chandelles me cachant la
vue. Ma vision panoramique me permet de bloquer la ronde
des images. Ensuite, je parviens à stopper le défilement
tout en créant une brèche au milieu d’elles
pour revoir Antéa qui commence légèrement
à se détacher de la pénombre. Mais
je suis très ennuyé, cerné que je
suis par les images aux contours flous. Puis, je me rends
compte que j’aime me sentir exister, que je n’ais
plus cette soif de me consumer lentement dans la géhenne,
l’image correspondante se dissipe et me permit de
goûter de nouveau aux charmes d’un coin de
la vallée. Je vois quelques banians magnifiques,
laissant pleuvoir leurs feuilles au-dessus de l’eau,
un palais majestueux au dôme recouvert d’or
sur un fond de collines bleues, auréolés
de la géhenne rougeoyante, percée de milliers
de silhouettes d’Antéa.
Ensuite, les femmes sauvages s’amoncèlent
en une pyramide de membres informes faite de chair et
d’os comme une compression de César, la femme
offerte en sacrifice érige son cul sur la pointe
et se fait empaler, L’autre aux bas filés
me cache son visage en mettant la pyramide sanguinolente
et creuse sur la tête, les femmes mûres aux
moues ravageuses et aux déhanchements impressionnants,
frappent à coups de gongs sur la pyramide et tous
les membres en sont extirpés et se répandent
partout jusqu’à les recouvrir telle une coulée
volcanique dans laquelle sont prises également
les poupées de cire qui s’étaient
levées pour m’entourer. Et cette mélasse
informe s’éclipse enfin dans la terre palpitante.
Il me reste à ma droite Danaé, cuisses écartées,
le monticule en friche et à ma gauche, Antéa
! Dépucelage précipité ou amoureux
éconduit auprès de ma belle ! Palais des
glaces ou palais des amours, je pouvais encore choisir
! Jeune femme inexpérimentée et avenante
ou amante nymphomane inaccessible et fabuleuse, Danaé
ou Antéa ? Encore prisonnier de mes vertes chimères
! Et malgré toute l’affection que j’ai
pour elle, c’est l’image de Danaé qui
s’éclipse. Il n’y a aucun amour derrière
son dépucelage tardif.
Il ne me reste donc plus que la silhouette d’Antéa
à regarder sortir de la pénombre. Pourtant,
je sens au plus profond de moi que je n’ai même
plus envie d’elle. Non, parvenu à ce stade,
plus aucune femme ne mérite mon attention. Au même
moment, elle se révèle en pleine lumière.
Je vois alors que ce n’est pas Antéa, mais
une autre de ces belles dames pareilles à celle
que j’avais précédemment croisée
quand j’avais émergé dans ce monde
enchanteur. En descendant de l’escalier de marbre,
elle s’extirpe de sa cape et je vois son corps nu
comme une immense cellule cytoplasmique et gélatineuse
aux reflets brillants et aux traits soulignés du
plus pur argent. Devant l’effet produit, ma tête
se met à tourner et je perds l’équilibre
et retombe la tête la première dans les fleurs
ornementales. A partir du pied de l’escalier, elle
s’avance vers moi majestueusement en me dévisageant
comme jamais aucune femme n’a osé le faire,
mais au lieu de me dépasser, elle s’arrête
et s’agenouilla devant moi, me sourit, me tend sa
main et me parle dans mon esprit :
« Gémani, je t'attends depuis si longtemps,
viens à moi ! Allons-nous en d'ici maintenant que
tu t’es retrouvé. »
Comme elle est délicieuse, c’était
bien sa voix que j’avais entendue me tenter tout
à l’heure. Mais si je me contentais de la
contempler, je lui ferais mauvaise impression. Il ne faut
pas que je paraisse subjugué devant elle. Je dois
me dépêcher de trouver les mots pour lui
répondre intelligemment avant qu’elle ne
se lasse de moi. Ne l’avais-je déjà
pas déçue par ma lenteur d'esprit ? Et toujours
n’avoir rien à dire perdu que je suis dans
les tracés de ses points d’argent sur son
visage translucide, se trouver l’esprit vide de
tout mot ! Saisir au vol la première réponse
qui me vient même si elle n’est pas la répartie
magistrale qu’il faut devant la promesse qu’elle
me fait de son corps.
« Où peut-on fuir ? » réponds-je
d’un air dépité, faisant semblant
de ne pas remarquer la main qu’elle m’offre
et qu’elle retire de dépit. Je me perds dans
la coupole infranchissable qui recouvre les montagnes
et j’imagine que peut-être, elle veut me prendre
dans ses bras, s’envoler et m’offrir en sacrifice
aux flammes de la géhenne, aux milliers d’Antéa.
« Non lui dis-je, je ne veux plus aller nulle part,
aucun de ces palais m’attire, pas même celui-ci
où je me trouve. Et peu m’importe de retrouver
Antéa et de passer l’éternité
avec elle, aussi peu m’importe de dépuceler
une jeune femme comme Danaé qui attendrait tout
de moi.
- Refuserai-tu d’aller là-même où
ton coeur cherche à te conduire depuis l’origine
des temps ! N’as-tu donc jamais ressenti cet appel
?
- Je ne souhaite que me reposer, je ne veux plus voir
d’image.
- Je te sais depuis peu exempt du moindre désir.
En toi, je ne vois plus aucune attente, plus de regret,
plus d’espoir, plus un souvenir, plus de quête
de plénitude amoureuse, plus d’envie sexuelle,
seulement la soif de Lui que je sens grandir en toi. Il
attend depuis si longtemps que tu te souviennes de Lui,
que tu reviennes à Lui !
- Ô non, je n’en suis pas digne. Je ne vaux
rien. Je n’ai pas fait assez d’effort sur
terre, j'y ai fait trop de mal et pas assez de bien, je
n’ai pensé qu’à moi en jouant
à l’éternel indifférent, je
ne mérite pas de Le retrouver, je ne L’ai
jamais cherché véritablement. J'ai jamais
prié. J'ai commis tant de péchés
dont je ne me suis jamais repenti ! Mon nom ne doit pas
figurer dans le Livre.
- Crois-tu qu’Il n’accepte que les êtres
parfaits ? Crois-tu même qu’il demande un
repentir ! Il demande seulement qu’on cherche à
voir un peu plus loin et n’est-ce pas ce que tu
as fait de toute ton âme ! Ce sont ceux qui travaillent
sans relâche, qui élèvent leurs enfants
et ne pensent plus à Lui qui l’attristent
et même s’il n’a aucun besoin qu’on
pense à lui. Comment l’homme peut-il ainsi
consacrer si peu de temps à son âme ? Et
même le religieux qui Lui consacre sa vie n’est
pas toujours sauvé par l’expression de sa
foi. Nombre d’entre eux se sont cachés dans
les monastères de peur de se confronter au monde
et aux tentations de l’autre sexe. Ils auraient
mieux fait de partir sur les routes annoncer la bonne
nouvelle !
- Laquelle ?
- Qu’Il vous aime et attend votre retour ! Quand
ces soi-disant consacrés s’élèvent
dans les hauteurs, ils ne vont que sur le plan de conscience
correspondant à leur image du paradis. Ils sont
nombreux comme toi à se détourner de Lui
pour goûter aux fastes de palais qu’ils avaient
imaginés. D’autres viennent s’asseoir
autour d’un trône virtuel aux places qu’ils
pensent avoir méritées en récompense
des sacrifices qu’ils ont consentis. Il y en a qui
se laissent flotter dans les nuées et se mettent
à chanter en choeur au milieu des anges. Je ne
te parle pas de ceux qui se font éclore dans un
néant préfabriqué qui est leur image
du nirvana. Ils sont peu nombreux à dépasser
les formes illusoires de leur image mentale du paradis.
- Et celui où je me trouve ?
- Tu l’as créée toi-même jusque
dans ses moindres détails !
- Mais en arrivant tout à l’heure quand j’ai
rencontré une de vos soeurs toute encapuchonnée
dans cette longue cape noire qui traînait sur le
sol, je me suis concentré sur son visage en pensant
à Antéa mais ses traits n’ont pas
changé.
- Ce n’était pas ma soeur, c’est moi
que tu as vu tout à l’heure ! Il n’y
a que toi et moi qui sommes réels ici. Dans les
palais, tu n’as trouvé que les formes-pensées
que tu as accumulées tout au long de tes fantasmes.
- Mais qui es-tu pour avoir une existence propre ? Es-tu
Son messager ?
- Ne raisonne pas par le mental, il a assez travaillé
ta vie durant. Ouvre ton coeur et laisse-le te guider
et tu découvriras qui je suis et qui tu es.
- Explique-moi ce que j’aurais dû entreprendre
pour me libérer de mes fantasmes ? Aurais-je dû
prier pour m’en défaire ?
- En les mettant en pleine lumière, en les décortiquant,
en allant jusqu’au bout de ta perversion par ta
pensée, tu en as trouvé la terminaison.
Ce n’est pas en masquant les fantasmes sous de bons
auspices, sous un visage avenant et serein pour donner
une bonne image de soi-même aux autres qu’on
peut les réduire à néant. En voulant
les cacher à soi-même, on ne fait que les
rendre plus fort, on ne contrôle plus alors leur
émergence tandis qu’en les sondant avec le
recul nécessaire, ils perdent petit à petit
de leur vitalité. Tu as appris à te voir
avec compassion, à cesser de te juger. C’est
ainsi que tu as su te protéger du passage à
l’acte. Seulement, tu t’en es tant imprégné
qu’ils t’ont empêché de vivre.
Mais de l’autre côte, tu les as tant éclairé
que tu t’es préservé d’en faire
l’expérience.
Mais malheureusement, tu n’as pas connu les joies
de l’amour partagé. La bulle dans laquelle
ils t’ont maintenu, t’a empêché
de vivre la relation harmonieuse avec la femme qui t’était
destinée.
- Qui était-elle ?
- Elle était comme tu la désirais, une petite
blonde coquine aux mèches décolorées,
au beau viasage et au large fessier.
- Houa ! Elle vivait dans ma ville ?
- Oui, tu n’aurais pas eu à faire le tour
de monde pour la trouver, tu l’as même croisée
plusieurs fois. Tu lui as plu aussi mais elle te sentait
refermé sur toi-même alors elle n’est
pas venue vers toi et s’est trompée de compagnon.
- Je regrette de n’être pas allé vers
elle, mais au moins, n’ai-je pas eu d’agissements
coupables si ce n’est mes pensées qui ont
peut-être contaminé Antéa et Danaé
!
- Tu les as bouleversées toutes les deux. Antéa
t’a même rejeté parce que tu la dégoûtais
par tes fantasmes. Ne t’inquiètes pas, il
y a des remises en causes nécessaires et vos échanges
lui ont été profitables. Aujourd’hui,
elle est une femme équilibrée, elle est
heureuse en amour, elle a réussi professionnellement.
Si elle n’avait pas connu ta déchéance,
elle n’aurait jamais su dans quel travers sa paresse
risquait de la plonger.
- En quelque sorte, je lui ai montré le chemin
!
- Mais à quel prix ! Ceux qui échappent
aux fantasmes n’ont pas à passer comme toi
par les images-pensées qu’ils ont entretenues
même s’ils peuvent avoir des souvenirs qui
les ancrent à la Terre et font qu’ils choisissent
d’y retourner plutôt que de s’élancer
vers Lui.
- Suffit-il d’avoir la foi pour Le retrouver ?
- Oui, c’est ce qui ne s’explique pas, les
enfants l’obtiennent très tôt mais
la perde en grandissant et doivent passer par un apprentissage
douloureux de la vie pour la retrouver. Étrange
graine qui est présente, se cache et réapparaît
et qui pourrit chez d’autres. Quand elle germe,
l’homme va directement à Lui, il peut même
y parvenir de son vivant. Pourquoi attendre la mort ?
Par le Christ rayonnant en soi, on peut rendre son corps
immortel et rejoindre l’administration divine !
Ainsi débarrassé de tout ce qui l’encombrait,
l’homme recouvre sa divinité perdue. Seulement,
c’est beaucoup plus difficile de le faire après
la mort. Sur la Terre, on a encore le choix entre rejeter
ses fantasmes, les laisser passer et lâcher prise,
les décortiquer ou passer à l’acte,
mais dans son paradis personnel, on est sous leurs dominations
pour le choix ultime.
- Montre-moi les paradis personnels où les âmes
s’évertuent à exister ?
- Je te croyais libéré de ces chimères.
D’ailleurs il t'est interdit de pénétrer
dans les fantasmes élaborés par autrui.
Tu pourrais y succomber et pénétrer dans
une expérience alternative. C'est à cela
vois-tu que sert la grande coupole étincelante
qui représente des milliers d’Antéa
qui te tendent les bras. Après la transfiguration,
tu détiendras le pouvoir de la traverser. Ce halo
bleuté presque transparent dans lequel surnagent
les particules d’argent est l’habit de lumière,
signe de ma transfiguration.
- Je deviendrai pareil à toi ?
- Si tu acceptes d’être la lumière
du monde !
- Et j’aurai la vie éternelle ?
- Tant que tu ne refermeras pas tes rayons sur toi-même,
tu existeras ! J’ai moi-même un âge
canonique, j’ai fait partie des premières,
j’attendais impatiemment...
- Alors, tu as dû voir des milliers de projections
personnelles comme ici-même ?
- Pourquoi leur existence te passionne-t-elle autant ?
- Je trouve que la vision qu’on nous donne de la
réalisation de ses fantasmes rattrape tout le temps
perdu à les rêver ! Parle-moi de ces âmes
mises à trépas que tu as libérées
de leurs chaînes ?
- Elles ne m’ont pas attendu pour s’en libérer
; elles ne firent que m’entr’apercevoir car
je ne leur étais pas destinée.
- Parle-moi de ces mondes magiques que les hommes ont
crées !
- Hé bien, c’est toujours pareil. Ça
en devient lassant, même. Les hommes qui rêvaient
du pouvoir, se trouvent à la tête d’armées
imaginaires, chevauchant au milieu de plaines immenses.
Ils partent affronter d’autres armées virtuelles,
conquérant sans cesse de nouvelles terres, dévastant
des villages, violant les femmes et massacrant leurs enfants.
Les femmes attachées aux apparences, aux strass
et aux paillettes se voient devenir actrices ou princesses,
célébrées dans le monde entier. Celles
qui n’acceptaient pas leur physique terrestre admirent
leur beauté imaginée dans le miroir et sont
adulées par les hommes. Celles qui connurent des
hommes rudes et frustres se voient remarquer par un homme
alliant douceur et force, tendresse et virilité.
Les gens avides d’argent pénètrent
dans la caverne d’Ali Baba et se noient dans des
collines de pièces d’or et de pierres précieuses.
Ceux qui ont manqué d’un chez eux contemplent
à perte de vue leur nouveau domaine qui s’étend
sur des centaines d’hectares. Les êtres voraces
viennent s’empiffrer de montagnes de nourriture
et boire des tonneaux de vin et de bière. Les intellectuels
et les philosophes s’expliquent à grands
renforts d’arguments devant des assemblées
virtuelles toutes dévouées et acquises à
leurs causes. Les scientifiques qui refusent encore de
recevoir la connaissance directe se projettent sur un
fac-similé de la planète où ils trouvent
enfin les réponses aux recherches étriquées
qu'ils menaient sur Terre. Les sensuels, genre répandu
auquel tu appartenais encore il y a peu, se voient entourer
par des myriades d'houris et d'apsaras dénudées
dans la vision desquelles ils s’oublient. D’une
manière générale, tous ceux qui ont
un manque ou une envie sont contentés, tout au
moins tant qu'ils ne cherchent pas à voir l'envers
du décor, auquel cas, ils s’en libèrent
comme tu viens à peine de le faire.
- Et reviennent à Lui finalement !
- Pas encore, ceux qui éprouvent un désir
d’élévation de leur niveau de conscience
demandent à retourner sur terre, à vivre
d'autres expériences, à goûter d'autres
chimères. Tandis que les maîtres, prophètes,
saints, fervents adorateurs, êtres inspirés,
visionnaires, guérisseurs, médiums, voyants,
voyageurs de l’astral et des dimensions supérieures,
reconnaissables par le témoignage du divin réalisé
en eux reviennent sur terre tels des Boddisatwas pour
secourir les êtres perdus hors des chemins empruntés.
A l’opposé, celui qui a trompé de
son vivant, en venant ici s’abuse à son tour
des pouvoirs merveilleux qu’il voie se manifester
et qui le piègent à son tour.
- Et les petites gens, sont-elles sauvées ?
- Parfaitement, les gens humbles d’esprit qui ne
se sont tournés vers aucune chose avec excès
sont les plus nombreux à rejoindre le Seigneur.
Souvent, ils ne paient pas de mine mais quelle richesse
intérieure ils ont ! C’est quand l’âme
n’exprime plus aucun désir, n’attend
plus rien de nouveau que Sa venue, qu’elle se trouve
prête à rejoindre le grand Tout et à
retourner à la matrice. Pour cela, il est préférable
de ne pas suivre le courant comme un mouton dans un troupeau
mais projeter le rêve d’un monde meilleur
pour l’amener à la matérialisation.
S’ôter toutes limites, se reconnaître
éternel et libre. Ne pas considérer la vieillesse
comme allant de soi, conserver le regard émerveillé
de l’enfance.
- C’est ainsi qu’on pénètre
dans le royaume de Dieu ?
- Il est ici, il est en toi, tu es Lui et pourtant, tu
le crois extérieur. Tu es Lui comme Il est toi,
tu n'en as pas encore conscience mais Il va se révéler.
Il est temps qu'on quitte ce monde, observe les trous
qui désagrègent la grande coupole luminescente,
les milliers d’Antéa te sortent de l’esprit,
déjà les palais perdent leurs formes précises,
les formes-pensées se font réabsorber par
la matrice. Ressens-tu le parterre qui tremble, ce monde
se meurt. Ca y est, tu t’en détaches et il
cesse d’exister. Ce plan ne sera bientôt plus
me dit-elle en m’attrapant la main.
Au toucher de sa main, je me sentis me dissoudre et soudain,
je retrouvai mon état antérieur, mon état
premier et je me vis à la fois de l'intérieur
et de l'extérieur et je fus saisi par ma beauté
et par celle de ma compagne. Alors, je compris que tout
fût à jamais parfait, qu’aucune âme
ne fût jamais perdue mais qu'elle demandât
juste à se révéler à la lumière
du monde. Je vis que chaque étoile faisait partie
d’un réseau, qu’il existait des millions
de mondes habités dans la conscience divine. Je
vis l’étoile centrale, l’île
du Paradis. Ma planète bleue, quant à elle,
était en effervescence. Le Soleil Central répondait
enfin à l’appel des jeunes des années
soixante. La Nouvelle Energie révélait la
falsification de l’Histoire, les découvertes
archéologiques cachées au public, le détournement
habile des religions, les fausses valeurs du monde et
l’asservissement général mené
par des sociétés secrètes et de grandes
familles, la désinformation pratiquée par
les gouvernements officiels et les grands organismes de
presse, le danger d’aboutir à un gouvernement
mondial prônant technologie, clonage, puces sous
la peau et code barre. Mais, un vent de changement soufflait
dans les consciences et rien ne pouvait plus l’arrêter.
L’Homme commençait sa graduation dans la
nouvelle grille magnétique, faisait la demande
de nouvelles guidances, rompait définitivement
ses engagements pris dans l’Ancienne Energie, acceptait
l’effacement de son karma, reconnaissait les notions
d’Esprit Directeur, d’Etincelle Divine et
des autres « soi » de l’autre côté
du voile. En se fixant sur le moment le plus heureux de
son passé, Il changeait son regard pour respecter,
changeait son sentiment pour aimer, changeait sa pensée
pour rayonner et commençait à entendre sa
petite voix intérieure et ça le rendait
joyeux. À ce degré d’ouverture, Il
ne pouvait plus être trompé. Commença
dés lors le démantèlement des infrastructures
de la Grande Prostituée, l’abandon du mondialisme
et des places boursières, la mise en place d’un
système d’entraide et de partage par le biais
du Compte Universel, l’apparition des intra-terrestres
suivis de près par le débarquement massif
sur toute la planète des soucoupes volantes de
la Confédération. Tous empruntaient le chemin
de l’Ascension. Un grand nombre communiquait déjà
par télépathie, d’autres savaient
créer leur nourriture et éliminer leurs
déchets, de plus rares n’en avaient même
plus besoin, se nourrissant de la Lumière de Vie.
Tous se préparaient dans la joie au grand rendez-vous
annoncé de 2012 : le grand passage dans la quatrième
dimension, celle de l’Amour Retrouvé ou de
la Plénitude de Soi.
M’est
venue la connaissance que tout cet amour que je croyais
dirigé vers Antéa, n’était
en fait que l’expression de celui que j’avais
pour mon âme soeur, cette belle demoiselle au teint
argenté, à la consistance cytoplasmique
qui était venue me chercher depuis les Origines
pour me rendre mon état d’Elohim après
ma traversée humaine. Transfiguré par elle,
ne formant plus qu’un, nous cheminions entre les
étoiles de notre Création. Bientôt,
je me moquerai des fantasmes délirants de femmes
plus torturées que moi. L'univers m'ouvrait ses
portes infinies. J’étais illimité,
éternel et libre ! Je m'épanouissais et
rendais grâce à ma nature éternelle,
à ma compréhension illimitée des
choses. Je formulai le souhait de me contempler du dehors
pour m’émerveiller de ma beauté et
de ma grandeur mais étrangement, je vis les rayons
de ma lumière se refermer sur moi. Au même
moment, un astronome dans l’observatoire du Pic
du Midi vit dans sa lunette une étoile filante
dans le ciel. Je me sentais comprimé dans mon nouvel
habit et ma nature intrinsèque virait. Mon âme
soeur se tourna vers moi, sa lumière se mit à
vibrer et je la vis se transformer. Sa bouche s'étira
jusqu'à former un long bec aux longues mâchoires
dentelées, ses bras et ses jambes s'allongèrent
en longues pattes fines et recourbées, prenant
ainsi toute l'apparence d'une mante religieuse. Par la
communion d’esprit, je reçus les effluves
de ses pensées. Pour elle, je n'étais qu'un
monstre de perversité, je n’avais d’intérêt
que pour moi et n’avait d’amour pour aucun.
Je n’avais même pas apprécié
la chance qui m’avait été donnée
de vivre sur la terre pour expérimenter. Il lui
fallait en trouver un autre pour me remplacer auprès
d'elle. Ses pattes se refermèrent sur mon corps
gélifié et elle m’arracha la tête
d’un coup de bec. Tout mon contenu argenté
se déversa dans l’abîme. Je la vis
s’en aller au loin sans se retourner. Je perdis
toute polarité, et ne sachant plus qui j’étais,
je déambulai au gré des vents solaires,
incapable de m’aventurer dans une direction plutôt
que dans un autre. Je me désagrégeai, devenant
de plus en plus faible. Quand finalement, je sentis qu’on
m’intégrait dans une nouvelle création,
je perdis ma conscience d’exister.
Michel
Berger : Le paradis blanc
Commentaires
: des mondes où vous verriez enfin vos fantasmes
sexuels réalisés, je crois que vous
ne devez pas attendre cela du lieu où vous
irez après la mort. Cependant ce que vous
avez créé existe dans le monde mental,
découvrez le danger
véritable de ces effigies mentales. Ces
fantasmes qui ont hanté votre esprit puisent
leur énergie dans votre sémen. Les
égos que vous entretenez ainsi vous empêchent
de connaître la communion divine. Autre passage
pour illustrer les
tentations.
Ce
2012 idyllique est issu de lectures sur les livres
qui nous parlent d'ascension mais comment sans travailler
sur soi-mêm, pourrions-nous ascensionner ?!
Que
représente cette mante religieuse qui me
dévore à la fin de la nouvelle, c'est
le côté noir de la Mère divine.
Quoiqu'il arrive, elle nous dévore. Soit
nous éliminons nos agrégats psychiques
(lire le livre : la
Psychologie Révolutionnaire), ainsi la
kundalini monte en nous et nous dévore. L'initié
devient un serpent et ensuite c'est l'aigle qui
dévore le serpent : nous rejoignons notre
part divine, notre Intime. On doit mourir à
soi-même, voici une explication du travail
à faire dans la
dissolution de l'égo.
Mais
si nous préférons ne pas travailler
sur nos défauts, un jour, la Mère
Divine dévorera nos égos dans les
sphères submergées. On redeviendra
élémental s'il nous reste des cycles...
Pour mieux comprendre : le
mouvement perpétuel.
J'ai
utilisé mes nouvelles pour détourner
les êtres sensuels de leurs habitudes, je
vous montre un site qui brille comme un phare dans
la nuit :
Prenez
le temps de voir, ça parle de gnose, d'initiés,
de maîtres, de voyages astraux, de karma ,de
la Mère Divine, de notre Intime, de Jésus
Christ, etc... Ca explique bien des choses. Je ne
peux pas défendre ce qui est dit parce que
je n'ai pas vérifié par moi-même.
Je fais un bien piètre indicateur. La différence
ici, c'est qu'on suit son Dieu personnel, on ne
suit pas un gourou même si on lit les ouvrages
de Samael Aun Weor.
Si
vous ressentez un certain appel ou des inquiétudes
spirituelles, cherchez, interrogez votre Dieu, votre
Intime. La voie indiqué plus haut est très
dangereuse, on en sort Ange ou Démon.
Certains
comme l'ange Bleu des Givaudan disent que le tantrisme
n'est pas la seule voie qui mène à
Dieu. Si vous n'êtes pas très exigeant,
vous pouvez rester dans votre religion ou lire les
ouvrages d'Anne et Daniel Meurois-Givaudan, de Lobsang
Rampa, encore d'autres comme Ramtha, de Krishnamurti
sans parler des grandes religions dans leurs cercles
exotériques.
L'important
c'est de se repentir du mal qu'on a fait et de faire
des pas successifs vers Dieu : prière, médiation,
voyage astral et pour les gnostiques : transmutation
sexuelle ou magie sexuelle.
Quoique
vous pensiez, surtout n'imaginez pas qu'il n'y ait
rien après la vie, car il existent des millions
d'entités décédés qui
dorment dans les plans subastraux ou purgatoire.
Ils ne veulent pas se réveiller. Imaginez
qu'il y a quelque chose et au moins, pour vous,
ce ne sera pas le néant. C'est la seule chose
que je vous demanderai de retenir. Le reste est
question de croyances...