Message
master vidéo du Conseil Humain :
« L'avortement est promulgué d'intérêt
international pour la sauvegarde de la Terre. Nous invitons
les jeunes filles et les femmes à une stérilisation
volontaire et définitive dans les trois mois. Cette
mesure est effective et prend effet immédiatement.
Toute contrevenante sera poursuivie.
Nous décidons la terminaison de l'humanité
pour l’expansion des tribus saines des forêts
vierges, des îles, des terres intérieures
et des territoires polaires. Plus aucun être civilisé
n'a droit à une descendance supplémentaire
de celle qu'il a déjà. Aucune dérogation
ne sera accordée aux parents n’ayant pas
encore d’enfant.
Le plaisir d’enfanter ne doit plus nous rendre aveugle
à la déchéance fatale de nos enfants.
Nous ne voulons plus leur donner une existence aussi misérable.
Nous disons bien haut à Dieu que nous nous refusons
à la vie. S'il veut continuer à jouer avec
ses petits soldats aux frontières des états,
il lui faudra créer une nouvelle souche et en prendre
plus grand soin.
Nous répétons que seules les tribus autonomes
ne seront pas sujettes à la loi de terminaison
progressive. Ainsi, les pygmées et autres tribus
des territoires vierges de la civilisation, lapons et
indigènes des îles hériteront de la
Terre.
Nous pouvons ainsi espérer le vieillissement progressif
de notre population et d'ici les cent prochaines années,
la fin de la civilisation et l’anéantissement
de l’humanité. D’ici cinq ans, on fermera
les maternelles, d’ici vingt, on fermera les écoles
puisqu'il n'y aura plus d'enfant. Les universités
seront laissées à l’abandon, les livres
des bibliothèques seront brûlés. Un
démantèlement planifié des maternités,
des hôpitaux et des laboratoires sera appliqué
dans les années à venir. Les services publics
suivront. Plus aucune aide ne sera donnée aux familles.
Les entreprises de pointe fermeront les premières,
les commerces d’artifices ensuite.
Les gens reviendront à la terre. Enfin, les sidéens,
hépatiques et autres malades feront leur part du
travail en réduisant fortement la population par
des rapports sexuels non protégés. Gloire
à l'Homme qui a su triompher des funestes desseins
que Dieu avait tracés pour lui. Que notre mort
nous complaise ! »
Antéa était perplexe pensant à ses
envies répétées que je lui fasse
un enfant.
« On n’aura pas d'enfant, Antéa !
- C'est sans doute mieux comme ça !
- Que veux-tu dire ? Combien de fois m’as-tu supplié
de te donner un enfant ?
- T'es tellement mal fichu que je craignais ce que cela
aurait donné !
- Tu te rends compte de la vie qui nous attend ! Vivre
l'un sur l'autre et voir notre civilisation s’éteindre
de notre vivant.
- Tu pourras toujours m'épanouir sexuellement.
- Le monde vieillira en même temps que nous. Peut
être que Dieu se montrera face à notre suicide
collectif.
- Peut-être cela te rendrait-il la plénitude
de l’existence ? Tu me parais si distant des fois
que je me demande ce qu’Il possède que je
n’ai pas !
- C'est mon créateur, le connaisseur de toutes
choses, le dispensateur de toute vie et de l’amour
infini. C’est mon Père dans le sein duquel
je me sentirai en sécurité.
- Mon amour ne suffit-il pas à te combler ?
- Quand nous serons unis, il nous restera encore Dieu
à rejoindre.
- Pourquoi Le rejoindre ?
- Parce que la créature recherche son créateur
pour se fondre en lui.
- T'es mégalo, tu veux trouver Dieu. Tu diriges
déjà mon coeur. C'est bien suffisant à
mon bonheur. Même si tu avais tous les pouvoirs
divins, à quoi cela te servirait-il puisque tu
m'as et que je t'aime ?
- Dieu est le but ultime.
- Et moi, ne suis-je qu’un but intermédiaire
pour passer le temps !
- Ne t'en fais pas, je suis encore trop impur pour qu’Il
me reçoive dans l’état.
- Alors laisse tomber ta quête inutile si c'est
sans espoir. Prends soin de moi, plutôt.
- Non au contraire, c'est toi justement qui me purifiera.
Je dois passer par toi.
- Je te suis un outil vers Dieu, je comprends bien. Mais
qui te dit que je suis suffisamment pure pour te faire
transparent comme l'eau claire ? N'importe quelle fille
te conviendrait si c'est juste de coucher dont tu as besoin.
- Non, il me faut éprouver de l'amour pour elle
si je veux que la bête s'endorme. Ce n'est qu'en
faisant l'amour à toi seule qu'un chérubin
naîtra. Il chantera des louanges vers Dieu.
- Et Dieu viendra peut-être ?
- Oui, il viendra pour se réconcilier avec les
hommes afin qu'ils retrouvent leur félicité.
- Et les femmes ?
- Non, c'est plus difficile pour elle, elles sont tant
attachées aux apparences, au plan matériel
qu'elles ne seront sauvées que par la volonté
de l'homme.
- Tu veux dire qu'elles se donnent toutes entières
comme des putains !
- Non, qu'elles intègrent l'homme, qu'en le rejoignant,
elles se libèrent de l'attachement aux choses pour
revêtir l'habit de lumière dans une soif
véritable du spirituel. Peut-être, pourras-tu
ainsi t'unir à moi pour le meilleur dans la chair
des retenues ?
- Tu veux me faire l’amour à moitié,
sans me prendre jusqu'au bout ? Entrer et rester en moi
? Pour attendre quoi ?
- Tu ne le devines pas ? Pour assister au réveil
de la déesse endormie.
- C'est moi ta déesse.
- Comment t'expliquer, ma douce !
- Tu veux me perdre pour la retrouver, elle. Tu ne m'aimes
pas !
- Mais si, au contraire. Tu seras transcendée.
Ce sera toi et plus toi. Tu auras l'impression d'avoir
été enchaînée toute ta vie
et soudain tu te sentiras aussi libre qu’un oiseau
qu’on sort de cage.
- Tu me donnes envie. Et que dois-je faire ?
- Te dire qu'il ne faut pas, devoir t'abstenir, depuis
toute petite, tu n'as pas cessé de t'identifier
à ceux et celles qui s’éparpillent
dans la jouissance.
- Si on ne doit pas jouir, doit-on pour autant souffrir
en se retenant ?
- Non sentir autre chose venir. C'est s'arrêter
avant le débordement, c'est choisir la voie extatique
de l’union transcendantale.
- C'est mieux que la jouissance habituelle ?
- Oui, c'est un acte magique d’où l'on sort
à chaque fois grandi d'une vertèbre. Tu
en sortiras toujours plus belle et plus pure. Tu t'épanouiras
comme une fleur dans la rosée du matin, comme une
lune qui devient soleil, comme un cerisier qui se couvre
de fruits et tes cerises seront pour moi comme des notes
de vichitra vîna.
- [scène omise] ?
- Mais si, il doit bien se frayer par l'ouverture mais
pénétrer avec une extrême douceur
et rester immobile et bombé tout à la fois.
Ainsi nous deviendrons comme Parvâti et Shiva !
Telle une colonne bandante, je t’emmènerai
jusqu’au septième ciel.
- Mais, l'érection ne dure pas et c'est le frottement
qui donne du plaisir.
- Peut-être, est-ce l'amour qui le soutient, je
ne sais pas. Il faudrait qu'on essaie pour savoir.
- J'ai peur d'être déçue. J'ai tellement
joui jusqu’à aujourd’hui. Je vais regretter
l'orgasme et le sexe me paraîtra bien monotone.
- Oh écoute ça, Antéa, il se passe
encore quelque chose. »
Message master vidéo du Très Haut :
« Chères créatures, mes chers enfants,
je vous ai entendus, je vous ai compris ! J'attends depuis
des siècles que vos églises se lézardent
avec vos conceptions primaires, que vos temples s’effondrent,
que votre sentiment religieux s’essouffle pour vous
donner la révélation ultime.
Mes prêtres sont devenus de monstrueux conservateurs
de biens alors qu’ils auraient dû chercher
mes voies et vous les transmettre. Il est écrit
: « Tu ne tenteras pas ton Seigneur » cependant,
je compatis à la souffrance que vous m’exprimez.
Je vous avais pourtant réservé la meilleure
place auprès de moi. J’espérais une
transformation profonde de chacun de vous. Mais au lieu
de ça, vous étiez en quête de pouvoirs
merveilleux ou en quête d’un rachat qui n’a
pas lieu d’être. Il n’y a jamais eu
de péché originel.
Si seulement, vous m’aviez laissé vous pénétrer.
J’aurais voulu que vous compreniez que vous êtes
davantage que liés les uns aux autres, vous êtes
Un en moi réuni. Vous voulez donc disparaître,
bouleverser le plan, hé bien soit, je vous offre
une autre voie, plus large encore. Au travers de vous,
j’expérimentais la vie mais peut-être
avez-vous besoin de recul pour trouver une vision plus
juste. Je vais vous la donner. Sachez pour autant que
je ne vous ai jamais abandonnés. Je vivais au travers
de vous. Je n’ai jamais édité de lois.
Ce que vous appelez « mes commandements »
ne sont que des évidences pour ceux réellement
engagés dans la voie. Il n’y avait pas à
s’efforcer de les suivre. Vous n’aviez qu’à
être. Seulement, vous étiez ligotés
par les pensées que les sociétés
vous ont inculquées.
A mon niveau, je ne pouvais rien faire tant que vous ne
preniez pas de décision commune, vous étiez
sous le joug lancinant de l’inconscient collectif.
Aujourd’hui, vous choisissez une évolution
différente. Je ne suis pas mécontent que
les graines se rebellent ainsi. J’ai horreur de
l’attentisme et même si vous aviez l’éternité
pour vous souvenir de votre grandeur et construire la
société de vos rêves. Ma chère
création que j’ai tant chérie, je
vais exaucer ton voeu, tu n’attendras plus longtemps.
Je m'en vais terminer vos vies, anéantir votre
civilisation et votre monde. Vous avez voulu précipiter
la fin de ce monde jusqu’à la terminaison
de l’humanité ! Hé bien, réjouissez-vous,
cela en est fini ! De ma volonté, plus un ne sombrera
dans l’ancien. A chacun, il sera donné un
nouveau ! »
« C'est pas possible, Antéa.
- Hé bien, le voilà ton Dieu que tu chérissais
tant !
En ce jour, la Terre éclata en un immense sanglot.
- Antéa ?
Un silence effroyable, une crainte morbide.
- Antéa, où es-tu mon amour ? Réponds-moi,
je t’en prie ! »
Pas plus de réponse, qu'était-elle devenue
? Où était-elle ? Il n'y avait plus de Voie
Lactée. Il n'y avait rien si ce n'est un sentiment
de solitude qui venait du plus profond de moi. Avais-je
rêvé, toute cette humanité ? Il n'en
restait rien. Où était ma bien-aimée
? Étais-je un Elohim pour avoir survécu
à pareil chambardement ? Ne pouvions-nous plus
communiquer après la mort ? Étions-nous
condamnés à errer dans le néant ?
Elle me manquait terriblement et j'étais là
dans le chaos, tout seul, me lamentant. Je me rappelais
son image et en me concentrant, elle m’est apparue
comme par enchantement. Je pouvais la faire parler, rien
ne m'était impossible, mais je devais tout me rappeler,
les moindres détails. Je devais la réinventer
complètement. Je lui contais sa vie et notre histoire
mais elle me dit qu'elle ne pouvait plus m'aimer, qu'il
lui semblait que je n'existais pas, n’ayant aucune
forme. Je lui créai un compagnon dans la chair,
aussi beau qu'il était possible. Et je pris possession
de son corps bien que je me sentisse cruellement limité
dans son enveloppe charnelle ! Et je vis le visage de
Antéa au-dessus du mien quand j’ouvris les
yeux.
« Qui es-tu, bel inconnu ? Comme tu es craquant
!
- Je suis celui qui t’a crée. Je me suis
donné un visage pour te connaître et te ressentir.
- Crée d'autres hommes pour que je puisse choisir
entre eux et toi, d'autres femmes à qui je puisse
confier mes désirs pour eux.
- Les voici. Que veux-tu d’autre ?
- Rends-moi mes parents.
- Comment puis-je ? Je les ai si peu connus et pourquoi
as-tu besoin d'eux ?
- Pour qu'ils nous empêchent de nous aimer. Il nous
faut des obstacles à notre union pour que notre
lien se fortifie entre vents et marrées.
- Mais, j’aurais voulu t'aimer au grand jour sans
plus personne pour nous faire barrage.
- Je ne peux aimer mon Dieu. Je te jure de te louer en
faisant l'amour avec les hommes que tu m'as donnés.
Si tu veux une femme, tourne-toi vers Danaé et
retiens-toi de lui dire que tu l'as engendrée,
c'est le seul conseil que je puisse te donner.
- Mais, c'est toi que je veux.
- Tu ne peux aimer ta créature d’un amour
exclusif !
- Tu oses te refuser à ton Dieu !
- Tu crois me faire peur en brandissant la menace de me
détruire. Tu en es bien incapable mon pauvre chéri.
Ne te plains pas, je suis là, abandonne ton enveloppe
et regarde-moi exister, contemple-moi, viens me retrouver
quand les hommes seront aux champs. Profite du temps que
tu m'as tant que je suis.
- Pourquoi te perdrais-je ?
- Tu dois me faire changer, évoluer, pour que chaque
jour soit différent d'hier et que je ne me lasse
pas. Je préférerai disparaître quand
ma vie me semblera dénuée de sens.
- Mais quand tu disparaîtras, que vais-je devenir
sans toi ?
- Un beau souvenir, celui de ta première création.
- Non, je ne permettrai pas que ta nature se perde. A
toi, je donne une âme pour que tu ne connaisses
pas de fin.
- Et aux autres ?
- Hé bien, je détruirais certaines âmes
et pas d'autres !
- Et sur quoi te baseras-tu pour choisir ? Sauveras-tu
mon fils et le fils de mon fils ?
- Bon je vois. Je vous donne à chacun l'éternité.
Quand vous disparaîtrez du plan de matérialisation,
vous reprendrez conscience de vos origines et de votre
nature éternelle. Puis, vous retournerez vivre
dans la matérialisation si vous le souhaitez.
- Donne-nous des chemins à suivre, ne nous laisse
pas dans le flou sur le plan de la matérialisation,
inspire-nous de grands projets, un grand avenir, de grandes
récompenses. Fais en sorte que nos vies soient
difficiles pour qu’on prenne le goût de l’effort
et qu’on soit fier de l’état où
l’on aboutira.
- Seulement quand tu seras incarnée, tu évolueras
au fil des expériences vécues, tu deviendras
une autre que celle que j’ai aimée !
- Alors, donne-moi l'essence de Antéa ainsi je
me souviendrai du début de ce monde et de l’ancien
où l'on s'est aimés. Mais laisse-moi vivre
ma vie sans m’imposer ta présence continuelle.
- Si c'est ton voeu le plus cher, qu'il en soit fait ainsi
par ma volonté. »
Ainsi commença mon monde dans les temps immémoriaux.
Ce qui me faisait tenir, c'est que je la faisais mourir
avant qu'elle se mette en ménage avec l'homme qu’elle
avait choisi, seulement elle ne m'en aimait pas davantage.
Elle me reprochait de ne pas tenir ma promesse, de toujours
vouloir la ramener à moi. Pour ne pas qu’elle
haïsse son créateur bien-aimé, je l'ai
laissé vivre et s’épanouir.
Pour tenter de l’oublier, j'ai regardé le
monde que j’avais fait. J'ai regardé les
autres filles qui existaient et j’ai craqué.
J’avais repéré dans une cité
une jeune fille de douze ans qui m'avait saisi par sa
foi nouvelle. Elle n’écoutait pas l’enseignement
de son époque. Elle avait un amour débordant
pour les gens et les êtres qui l’entouraient.
Elle ne trichait pas pour se donner bonne conscience.
Elle commençait à rechercher inconsciemment
quelque chose de plus grand, qu'elle n'arrivait pas encore
à définir. Elle parlait du Plan. Cela ne
lui suffisait pas de vivre et elle refusait de suivre
des chemins déjà empruntés malgré
sa condition d’esclave. Les adultes avaient bien
du mal à lui tenir tête. Je portais de grands
espoirs en elle, j'avais envie de l'élever comme
reine de la tribu mais je ne voulais pas qu'un homme la
salisse. Il me fallait me débarrasser des notables
influents, du conseil de la tribu pour qu’elle soit
élevée à la place qu’elle méritait.
Je ne voulais pas la ramener à moi, je souhaitais
qu'elle continue son apprentissage sur terre, qu'elle
trouve des réponses à ses intuitions fabuleuses.
Alors pour qu'elle connaisse son créateur, qu'elle
soit la future reine, je choisis de m'incarner dans la
chair de la princesse de l’époque et comme
un souffle, j’entrai en elle.
Devenu adolescent, mes discours étaient choquants
pour leur morale stupide. A l'inverse, il y avait une
femme qui comprenait mes remises en cause de la société
et mes propos libertaires. Elle voyait en moi comme un
continuum d'elle-même. Elle était émerveillée.
C'était une belle femme de vingt-six ans. Les jeunes
filles de mon âge ne m’intéressaient
guère. Comme cette femme me portait une admiration
sans faille malgré mes quatorze ans, je n’avais
de yeux que pour elle. Mais les obligations liées
à mon rang m'empêchaient de la prendre pour
femme. J'aurais voulu n'être qu'un manant et l'enlever
loin de la tribu. Les années passèrent et
nous nous rapprochèrent tandis que je devenais
un beau jeune homme brave et fier.
Ma mère, la reine me fit convoquer et m'apprit
les circonstances de mon origine.
« Sais-tu qu'avant ta venue au monde, j'étais
tenue cloîtrée, je n’avais jamais connu
d’homme !
- Comment ça ?
- Tu es le fils du soleil, du grand astre. J'ai rêvé
d'un être de lumière la nuit où tu
es venu en moi. A l'époque, mes parents ne purent
s'expliquer la chose. Tu n'appartiens pas à la
tribu. Tu es un dieu, c'est pourquoi tu es venu nous apporter
la connaissance. Cependant pour que notre lignée
se perpétue, tu dois prendre femme et mêler
tes graines divines à une humaine.
- Je choisis Myriam, votre humble servante qui m’a
élevé au monde.
- Une esclave ! Je sais que tu la portes en grande estime
parce qu’elle t’a éduqué mais
elle n'est pas de notre rang, sans compter qu’elle
est n’est plus en âge d’avoir des enfants
!
- Je ne veux pas d’enfant.
- Mais notre royaume...
- Mon royaume n’est pas de ce monde!
- Ce sont là de belles paroles mais mon chéri,
tu appartiens à la famille royale. Après
moi, tu devras veiller sur le peuple.
- N’est-il pas assez grand pour veiller sur lui
?
- Ne semblais-tu pas vouloir le conduire vers un nouvel
ordre ?
- Non mère, pas vers un nouvel ordre, justement
au contraire. Détruire les fausses limites dans
lequel il est maintenu, faire prendre conscience à
chacun de sa nature éternelle et qu’il est
libre d’agir à sa guise. Je veux que l’homme
grandisse sans loi pour qu’il s’épanouisse
totalement.
- Il est encore trop tôt. Tu dois suivre nos coutumes,
t’y adapter, tu ne peux pas changer radicalement
les fondements de notre société et les pensées
de nos esprits, mon fils.
- Vous n’êtes pas ma mère, vous l’avez
dit vous même, je suis le Non engendré, je
suis l’astre du ciel, celui qui existait avant tout,
celui qui perdurera après vous.
- Mais en attendant, tu devras te suffire d’être
roi. Dans le royaume voisin, il y a une princesse que
je te destine.
- Non, je veux Myriam. Je ne veux pas d’une beauté
contrefaite sur le dos de son peuple !
- Non, mon fils, je ne peux pas le permettre. Pense au
bien du royaume ! Il est trop tôt pour qu’une
esclave devienne reine. Notre intérêt est
de nous allier pour élargir notre royaume. En absorbant
les contrées limitrophes par des alliances, nous
conduirons notre peuple à s’ouvrir sur le
monde, à commercer davantage, à s’enrichir
des biens récoltés et goûter au bonheur
d’une vie plus facile.
- En exploitant les richesses de ces nouvelles contrées
au détriment de leurs habitants ! »
Décidément, je ne voulais pas être
ce roi-là, que m’importait un empire si la
femme que j’aimais n’était pas à
mon côté ! Après une retraite de quelques
jours pour méditer, je me rendis dans la cahute
de Myriam qui vivait étrangement seule et que des
rumeurs accusaient de sorcière. Quand elle me vit,
ses yeux pétillèrent comme pendant mes longs
discours.
« Femme, je te veux mienne, Lui dis-je.
- Ta mère, la reine ne veut pas de notre union.
J’écoutais derrière la porte l’autre
soir quand tu lui as dit me vouloir. Le lendemain, elle
m’a d’ailleurs fait chercher. Quand je me
suis présentée auprès d’elle,
un membre du Haut Conseil l’accompagnait. Elle m’annonça
qu’il serait mon futur mari parce qu’il n’était
pas bon que je reste célibataire. Mais, je me suis
opposé avec véhémence à sa
volonté... L’homme est entré dans
une colère noire et devant sa reine, il a tenté
de me prendre par la force, alors j’ai imploré
ma reine avec de gros sanglots dans la voix. Elle l’a
arrêté alors qu’il m’avait déjà
retiré tous mes vêtements [scène omise].
Cependant, ils m'ont menacée de me faire comparaître
comme sorcière si je refusais de prendre mari.
»
Son regard était emprunt d’une profonde tendresse.
« Nous pourrions nous en aller loin d'ici, repris-je.
- Ainsi, tu fuirais tes responsabilités, tu abandonnerais
tes privilèges de futur roi pour moi ?
- Je préférerai être esclave avec
toi que seigneur sans toi.
- Quelle différence cela ferait, il y aurait toujours
des hommes qui auraient envie de moi.
- Je te protégerai, dis-je la voix tremblotante.
- Tu n'en aurais pas les moyens, tu n'aurais pas la force
de t'opposer aux cohortes barbares !
- Me crois-tu trop jeune pour veiller sur toi et te rendre
les honneurs ?
- Ce n’est pas ça, c’est seulement
que toi et moi, c’est impossible ! Même si
une telle relation est louable dans l'optique de me protéger,
elle est en abomination aux yeux de la communauté.
Combien je ferai de jalouses ! Une esclave avec un prince
! Je n'ai pas le droit de devenir ta femme. Je ne suis
pas de ton rang, je ne suis qu'une servante de ta mère.
Mon rôle consistait à t'éduquer, à
éveiller tes sens, à te donner le goût
de vivre, te faire pousser des ailes pour qu’un
jour tu t'envoles vers la gloire qui t'est promise.
- Mais si ma mère t'a donné la charge d'éveiller
mes sens, pourquoi ne pas partager une plus grande intimité
?
- Non, je ne pourrais pas, je t'aime trop. Je t’aime
d’un amour différent. Je ne peux pas, je
t’ai vu grandir, tu m’es trop proche pour
devenir mon amant. De t'imaginer en moi, ce serait fou,
mon jeune prince.
- Je ne te plais pas.
- Si, tu es bel homme et si j'avais été
une princesse, j'aurais aimé que tu sois le premier.
- Et si on le faisait une seule nuit pour que tu fasses
ton opinion toi-même.
- Ca manquerait de charme. Montre-moi d'abord que tu es
prêt à abandonner ton royaume pour moi. »
Cette nuit-là, nous avons volé deux chameaux
dans les écuries de ma mère et nous sommes
partis ensemble et pendant des jours, nous avons traversé
de vastes étendues désertiques jusqu'à
trouver un havre de paix sur le versant sud d'une immense
montagne dont le sommet était enneigé. Nous
avons grimpé en haut de la deuxième colline
pour nous dissimuler aux yeux de ceux qui empruntaient
la route marchande. Il y avait là un grand pré
entouré de sous-bois et traversé par une
rivière. On tomba sous le charme de l’endroit
et on construisit la cabane.
Pour que la vie à mes côtés lui paraisse
plus douce que celle qu’elle avait connue, j’allais
puiser de l’eau à la rivière tous
les matins, ensuite je cueillais des baies sauvages dans
les alentours et je décortiquais les pommes de
pins pour récupérer les pignons. Après,
je ramassais du bois mort pour la cheminée, j’allais
parfois très haut dans la montagne chercher des
blocs de glace que je plaçais bien en profondeur
sous le sol de la maison pour protéger nos denrées
périssables. Comme elle aimait la chair animale,
il me fallait partir dans les marais salants briser des
couches pour lui rapporter des blocs de sel afin de conserver
la chair de mes trophées de chasse. J’aurais
fait le tour de la terre pour qu’elle ne manque
de rien.
Au bout d'un mois de cette nouvelle vie, elle me demanda
:
« Mais que ressens-tu pour moi ? Es-tu seulement
amoureux de moi ou me vois-tu seulement comme une forme
parfaite ?
- Pour moi, tu es la plus sublime des femmes. Quand je
travaille au champ et même quand je pars me coucher
pour la nuit, je rêve de toi, de laver tes cheveux
auburn dans l’eau du torrent, de caresser ta peau
ferme et parfumée, de l’enduire d’huile
d’amande douce, de baiser tes lèvres ardentes,
[scène omise].
-
Je sais bien mais cette tendresse que tu as pour moi,
cette admiration que tu me portes, cette attention de
tous les instants appliquée à un acte sexuel,
ne donnerait-il pas l’acte d’amour le plus
complet, le plus débordant, le plus fort qui puisse
se trouver.
- Si je suis partie avec toi, c'est que tu m’as
déjà conquise. Tu mérites une récompense
pour avoir choisi ta vie et t’être rebellé
contre la volonté de ta mère. Laissons-lui
vivre sa vie de reine et qu’elle nous laisse vivre
la notre. Sais-tu que j’ai toujours eu l’impression
que tu t’adressais à moi dans tes discours
libertins. Comme j’appréciais que tu ne sois
pas englué dans ces tabous, ces lois anciennes
promulguées par des hommes effrayés à
l’idée qu’on leur échappe. Tu
sais, quand tu pars dans la forêt, [scène
omise]. Son sourire était magnifique et la passion
nous transportait. Nos coeurs battaient l'un pour l'autre.
Nous sommes restés nus l’un contre l’autre
à nous faire des mamours.
Seulement, une des légions de ma mère nous
retrouva et nous fûmes ramenés dans son palais.
Devant elle, j’osais soutenir qu'une esclave avait
le droit de partager la vie d'un prince. Mais fanfaron
que j'étais, j'insistai jusqu’à soutenir
qu’une relation sexuelle entre une femme mûre
et un jeune homme n’avait pas d’égal
en tendresse. Pour les convaincre, je me vantais de l’avoir
fait moi-même. Myriam rougit devant l'assemblée
du Haut Conseil. Celui-ci statua. Attendu qu'une esclave
n'est pas du même rang qu'un prince, qu'une femme
ne peut satisfaire un homme bien plus jeune que lui, qu'il
fallait être une sorcière pour arriver à
séduire un prince et le détourner de ses
obligations royales, la dite femme Myriam serait conduite
sur la place et lapidée jusqu'à ce que mort
s'ensuive. Elle fut attachée au poteau central
de la place publique. Je lui lançais la première
pierre pour suivre la coutume. Elle me regarda piteusement,
les yeux pleins d’amour. Mais une pluie de pierre
tomba sur elle et bientôt, sous le choc des pierres,
elle perdit connaissance. Le jet s’arrêta
et la foule se dispersa. Je détachai ma pauvre
épouse de coeur, ensanglantée. Elle battit
fébrilement des paupières avant de les refermer.
Elle me murmura de l’embrasser une dernière
fois. Malgré le sang qui coulait aux commissures
de ses lèvres, je collai ma langue à la
sienne. [scène omise] Le soir, ils m’ont
relevé pour me détacher d’elle. Bien
qu'elle ait commencé à sentir, je me débattai
pour leur échapper et revenir en elle mais ils
enfermèrent son corps dans un tombeau dont l’entrée
fut obstruée par une lourde pierre coulissante.
Il fut décidé que dorénavant, les
femmes devaient cacher leurs charmes par des vêtements
amples et disgracieux et masquer leur visage, que les
filles devaient rester avec leurs servantes et les garçons
confiés à la garde des pères.
Au bout de quelques mois, mon état devint préoccupant.
J’avais de lourds remords. L'amour de ma vie n'avait-il
pas péri à cause de ma passion pour elle
? Ne l'avais-je pas trahie, je n’avais pas su la
protéger comme je lui avais promis ! Pourquoi avais-je
pensé parvenir à changer les mentalités
si vite ? J'avais souhaité qu'ainsi notre couple
soit reconnu et célébré mais c'était
trop tôt. Même les relations sexuelles que
j’avais avec la princesse qu’on m’avait
donnée pour agrandir le royaume, ne me satisfaisaient
pas. Je me sentais fautif, coupable d’avoir trahi
le souvenir de mon aimée. Je ne retrouvai pas la
même tendresse, ni la même passion que les
nuits où j’avais connu le corps abandonné
de ma merveilleuse compagne. Avec la princesse du royaume
voisin que nous avions annexé, le sexe me parût
sale et dégoûtant. Il n’y avait pas
de plaisir partagé. Et puis, elle était
sans intérêt, n’entendant rien aux
choses de la spiritualité. Je ne pouvais pas l’aimer,
elle était trop terre à terre, elle n’avait
de la curiosité que pour les choses futiles, elle
n'avait rien d’intéressant. Par manque d’intérêt
et par désespoir d’avoir perdu ma bien-aimée,
j’ai mis fin à mes jours en me jetant de
la falaise dans la mer démontée. Mon corps
fut déchiqueté contre les rochers.
Quand je fus libéré de mon corps, je me
rappelais de l’essence d’Antéa. Danaé
qui depuis mon départ, avait en charge l'intendance
du Royaume me regarda tristement et se résolut
à me renseigner tant je la pressa de questions.
« Quand elle est revenue de la terre, Antéa
t'a cherché. Elle a fait le tour du Royaume mais
ne t'a pas trouvé. Elle t'a attendu des années.
Elle voulait s'incarner avec toi. Elle avait décidé
de vivre sa prochaine vie à tes côtés.
Voyant que tu ne revenais pas, elle s'est jetée
dans le feu de la Géhenne pour ne plus souffrir
à la pensée que tu lui avais préféré
une autre. »
De mes larmes, je noyais la terre entière. Puis
dans la descendance des rares survivants, je cherchais
une fille qui puisse lui ressembler. Certaines avaient
son rire en cascade, son caractère, d’autres
son visage et son corps et même quand le tout était
réuni, il y avait un petit quelque chose qui clochait
et m’empêchait d’y croire. Les millénaires
passaient. J’incarnais mon esprit pour faire de
pâles imitations des légendes de ma terre
natale tels Krishna, Rama, Mahavir, Bouddha mais aussi
Melchisédech, Moïse, Jésus, Mahomet,
Quetzacoatl. Entre mes venues sur terre, je fis émerger
la grande Égypte, je conduisis un temps le peuple
juif, j’ébauchais un semblant de civilisation
grecque, une esquisse de l’empire romain où
je soutins quelques chrétiens donnés aux
lions, j’encourageais les invasions barbares, j’édictais
les valeurs de la chevalerie au Moyen Âge, puis
vint le temps des croisades, j’inspirais la découverte
de nouvelles terres comme des Amériques, des terres
australes et des îles de l’océan Pacifique.
Mais rien ne venait jamais naturellement, je devais créer
les conditions propices aux nouvelles époques.
Le malheur, c'est que je ne me souvenais guère
des manuels d'histoire de mon monde, il me manquait beaucoup
d'éléments et il se produisait des retards
ou des bouleversements incroyables qu'il me fallait démonter
soigneusement pour que cela colle à l'histoire
de mon monde. J’insufflais les révolutions
américaine et française, la grandeur des
empires coloniaux, la révolution industrielle,
les guerres mondiales, les génocides et tout ce
dont je me souvenais, espérant recréer l’exacte
réplique du monde où j'avais vécu.
Et après plusieurs siècles d’attente,
d’espoirs, le miracle se fit à Marseille,
une fille attira mon attention mais je ne m'étais
pas incarné quand il avait fallu. Comment allais-je
faire ? Elle avait douze ans et le même visage,
le même caractère, la même nature que
mon Antéa disparue, en tout point semblable. Les
circonstances l’avaient créée presque
identique à l’original, j’avais bien
travaillé, je recevais enfin le fruit de millénaires
passés à inspirer l’humanité.
Elle sortait alors avec un garçon plus âgé
qu’elle. J’ai fait en sorte qu’il la
quitte pour qu’elle en garde des bleus au coeur.
Les douze ans de différence, ça me rendait
fou. Quel homme allait prendre ma place dans son coeur
avant que je n’atteigne la majorité ? J'emmêlai
les fils du destin souhaitant qu'à l'âge
de trente et un ans, elle me trouve du charme malgré
mon inexpérience. Je pris les dispositions nécessaires
pour m’incarner au plus vite et oublier ma nature
divine. Je déléguais les affaires du royaume
à Danaé lui faisant promettre qu’à
mon retour, elle me laisse dans l’ignorance de ma
nature intrinsèque de sorte que ma nouvelle Antéa
n’en soit pas affectée et me garde tout son
amour pour des siècles et des siècles. Je
dis aussi à Danaé que désormais elle
pouvait faire de la terre le paradis que la majorité
souhaitait. Qu’il lui appartenait d’inspirer
dans les consciences de groupe l’esprit de rébellion
pour en finir avec les puissants et les groupements secrets
qui profitaient des rapports de puissances pour s’enrichir
davantage et maintenir l’humanité en esclavage.
Enfin, je m’incarnais là où j’avais
choisi. Je grandis et l’été de mes
dix-neuf ans, en tchattant, je tombais sur elle. Je mentais
en disant que j'avais 24 ans et que je travaillais afin
qu’elle me trouve intéressant et responsable.
C'était une fille paumée depuis une déception
sentimentale à l'âge de douze ans en colonie
de vacance. Elle ne travaillait pas. Elle me raconta que
lorsqu’elle avait 12 ans, un garçon l’avait
alors abandonnée parce qu’elle ne savait
pas qu’il fallait mettre la langue quand on embrassait
sur les lèvres. Depuis, elle n'avait plus jamais
connu l'amour et avait refusé toutes les propositions
des garçons et même des filles. Alors, elle
s'accrocha à moi désespérément
même quand je lui avouais que je n'avais que dix-neuf
ans et que j’étais encore à la fac
en train d’étudier pour lui expliquer que
je ne pouvais pas me mettre en ménage avec elle.
Car sans argent, j’imaginais qu’on se retrouverait
vite à la rue. Mais, ce qui n'était pas
tenu à se reproduire, c'est que lorsque ma mère
découvrit la correspondance d’Antéa,
elle chercha à la culpabiliser sur la différence
d’âge. Antéa se sentant désavouée,
cessa un moment de m’écrire avant de reprendre
au bout de deux mois de plus belle.
Néanmoins, j'avais bien fait les choses car nous
vivions à moins de vingt kilomètres l'un
de l'autre. Et bien qu’elle n’eût pas
ma photo, elle me reconnut entre tous sur les bancs de
la faculté de droit et se précipita pour
me rejoindre en plein milieu d’un cours magistral.
Mais, elle était sortie de mes pensées depuis
un moment déjà, depuis que ma mère
m’avait fait comprendre qu’elle n’était
pas un bon parti. J’avais dans mon collimateur beaucoup
de jeunes étudiantes que je trouvais irrésistibles.
Elle ne tenait pas la comparaison. Bien qu’elle
fût charpentée d’une bien curieuse
manière, je préférais les formes
plus fines. Je lui disais de me laisser tranquille, qu’à
mon âge, j’avais envie de m’amuser,
non de me caser et que sans elle, j’avais recouvré
mon équilibre naturel. Mes camarades de fac m’avouèrent
qu’à ma place, ils ne laisseraient pas passer
une telle occasion. Elle me menaça de se suicider
si je la rejetais. Alors je lui dis que si elle voulait
bien se montrer gentille avec mes camarades, je saurais
lui en être reconnaissant. Pendant ces orgies organisées,
elle me suppliait de rester présent, elle voulait
que je la regarde pendant qu’elle leur apprenait
les choses de l’amour dans le foin. Ils attendaient
chacun leur tour en rangs serrés le long de la
barrière. [scène omise] Elle espérait
toujours qu’ensuite, je vienne la prendre dans mes
bras. Mais au lieu de me soucier d’elle, je partais
boire un coup avec les heureux dépucelés
qui me faisaient connaître des amies à eux,
dont je faisais facilement la conquête.
Elle fit des tentatives de suicide. Un peu inquiet, j'envoyais
des hommes la visiter dans l'espoir qu'ils tombent amoureux
d'elle et qu'elle m'oublie, mais elle ne voyait que moi.
On aurait dit qu'il n'existait que moi. Pendant ce temps,
je me réchauffais dans les bras de jeunes femmes
splendides à peine plus âgée que moi,
c’est que j’avais du succès et un planning
plutôt chargé pour satisfaire chacune.
Mais un soir, une déesse à la chevelure
auburn m’est apparue. Elle me montra des images
de la femme charpentée dans ses souffrances journalières.
Elles m'inclinèrent à penser qu’elle
était la femme de ma vie. Le lendemain même,
je reçus une lettre de sa main où elle me
disait d’avoir pitié d’elle. Je lui
téléphonai, m’excusai pour le mal
que je lui avais fait. Je lui proposai un rendez-vous
pour la baiser dans les calanques. [scène omise]
que je lui promis fidélité. Elle pleura
de bonheur et je séchai ses larmes la rassurant
de tout mon amour.
Juste avant de passer mes examens de fin d’année,
on partit faire une croisière en amoureux autour
du monde. On fit escale en Australie mais on n'est jamais
remonté à bord du paquebot. Je suis parti
avec elle vers l'intérieur des terres et on a vécu
d'amour et d'eau fraîche sur les terres désertiques,
partageant nos vies avec les autochtones. Nous ne nous
lassions pas d’entendre chacune des légendes
qui maintenaient leur unité. Je fus le plus heureux
des hommes et je crois qu’elle fut heureuse avec
moi. Elle prit de l'embonpoint, quelques rides disgracieuses,
elle connut la ménopause et les cheveux blancs
mais malgré cela, elle m’apparaissait toujours
dans sa splendeur.
Quand elle, moi et d’autres arrivants sommes rentrés
au Royaume, nous avons cherché Dieu mais son intendante
à la chevelure auburn que je reconnaissais pour
l’avoir déjà vue dans la vision qui
avait changée ma vie, nous informa qu’Il
avait délaissé la création pour l’amour
d’une femme.
Quant à moi, je reconnus dans la femme qui m’accompagnait
l’essence de Myriam que je me souvenais avoir connu
dans une vie antérieure. Au fil des réincarnations,
Myriam avait donné essence à une Antéa
qui s’était faite toute seule, mais me demandais-je,
qui était Antéa, pourquoi ce prénom
m'était-il familier ? Un rapport avec l’Atlantide
? L'intendante me précisa que ça devait
venir d'une interférence, que je ne devais pas
me poser de questions, que je n'avais pas à chercher
à comprendre, que certains mystères étaient
impénétrables. L’'intendante nous
expliqua qu’en ce moment même sur terre, les
bases d’une nouvelle société émergeaient
dans les consciences. En sondant le monde de la matérialisation,
je vis que les actions avaient fait un plongeon continuel
jusqu’à ramener toutes les valeurs au zéro
fatidiques.
Plus
personne n’avait confiance dans le marché.
Le crack boursier déstabilisa beaucoup d’entreprises
qui déposèrent le bilan. La plupart des
patrons furent poursuivis à cause des malversations
pratiquées pour trafiquer les résultats
de leurs entreprises. L’argent perdit toute valeur
et les gens survécurent par le troc.
La Banque Mondiale ne pouvait plus rien faire pour les
pays pauvres. Leur population se regroupa en Afrique et
monta vers l’Europe dans une marche inexorable.
Dans toutes les grandes villes du monde riche, des millions
de manifestants appelaient à la fin du système
en place. Effrayés à l’idée
d’être lynchés après avoir tenter
de briser les manifs par la force, les hommes d’états
du G12 démissionnèrent en bloc. Dans chaque
pays, les différentes presses prirent connaissance
des archives gouvernementales à la suite du démantèlement
des services secrets et publièrent des révélations
sensationnelles faisant état de lobbys, de truquages
et même de collaboration avec des extra-terrestres
(annunakis et illuminatis) animés d’intentions
esclavagistes envers le genre humain.
Il
y eut des vents de panique, des razzias de femmes, des
émeutes dans les cités mais tout s’estompa
avec l’arrivée massive de soucoupes volantes
sur toute la surface de la planète. Ils vinrent
à la rencontre des hommes par petits groupes et
leur révélèrent l’existence
d’une confédération interplanétaire
basée sur des rapports fraternels. Des millions
d’hommes et de femmes embarquèrent à
bord des vaisseaux et tels des ambassadeurs, ils furent
envoyés aux quatre coins de la confédération
pour témoigner de leur expérience acquise
pendant l’époque anté-révélatrice.
La Terre devint un grand phare pour la confédération.
De nouvelles plantes furent implantées et de nouveaux
animaux virent le jour. Une nouvelle ère commençait
dans laquelle, il n’y avait plus à rien à
redouter des profiteurs du passé, les mafieux furent
envoyés sur des planètes moins évoluées.
L’intendante nous renvoya sur terre pour profiter
de ce nouveau monde où nous ne connûmes plus
aucune embûche d’ordre matérielle et
nous vécûmes enfin d'amour et d'eau fraîche,
suivant la Lumière de Vie.
Voyons
comme en prenant la place de Dieu, un dieu différent
du vrai : le
dieu en nous : l'Intime , je refais le monde
tel que j'ai connu à seule fin de retrouver
celle que j'ai perdue. Un Dieu qui se désintéresse
de l'humanité qui entre dans sa création
et tombe dans son illusion. Heureusement, Danaé
prend les commandes du plan divin.
Avez-vous
des inquiétudes spirituelles ? Un intérêt
particulier pour l'ésotérisme ?
On
dit des choses ici et là mais ce sont souvent
des gens qui ne sont pas connectés au ciel
qui affirment des choses sans savoir. Découvrez
Samael et la gnose qu'il nous a transmise dans ses
oeuvres. Il a répondu pratiquement à
toutes les questions spirituelles qu'on peut se
poser. Tout simplement, parce qu'il avait développé
la faculté de se rendre dans les mondes internes,
comme là où vont les morts. Il a developpé
une méthode en 3 points qui nous permet de
retrouver le Divin en nous. Cela a pour nom les
facteurs de Révolution de Conscience.
Il
esiste deux approches différentes :
1/
Ceux qui ont besoin d'être convaincu, de découvrir
les thèmes développés par la
gnose, de nourrir le mental de vérités,
pourront visiter le forum
du Phare Gnostique : Samaël Aun Weor
:
2/
Ceux qui sentent leur coeur prêt à
s'ouvrir, qu'ils ont besoin juste d'une impulsion,
qui sont prêt à communier avec leur
Dieu Interne, à méditer et voyager
dans l'astral. Ce qui vous conviendra sera le forum
Don et Compassion :
Si
vous hésitez, quelques questions, pour savoir
si c'est des réponses que vous cherchez
:
N°36
- A quoi correspond les différentes initiations
majeures ? combien y en a-t-il ?
N°37
- A quels âge esotériques correspondent
les différentes initiations majeures ?
N°38
- Quelles sont les étapes qui précèdent
les initiations mineures ?
N°39
-
A) Que représente le serpent qui dévore
l'homme ?
B) Que représente l'aigle qui dévore
le serpent ? Connaissez-vous un drapeau qui illustre
cela ?
C) Que représente le lion qui mange l'aigle
?
N°40 - Comment passer les 9 initiations mineures
plus rapidement afin de passer sa 1ère initiation
majeure ?