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HISTOIRES D'AMOUR
 
 

Qui ne dit mot consent



J'avais convenu qu'il y avait mieux à faire avec elle que d’en user comme un trampoline. Elle était venue partager un moment de sa précieuse vie avec moi. Le temps était couvert mais il ne semblait pas vouloir pleuvoir. L’air était chaud et pesant. Nous allions pouvoir parler sur le banc près des ruines romaines aussi longtemps qu’elle le voudrait bien. Nous savions l'un et l'autre que notre plus grand désir était de rapprocher nos corps. Elle qui m'avait été si éloignée se trouvait aujourd'hui à portée de bras. Elle était toute timide n'osant que me jeter des oeillades furtives afin de savoir si j'allais partir maintenant que j’avais vu le monstre. Quand elle a compris que je ne m’enfuirais pas, elle s’est détendu un peu ne voyant plus le diable en moi. En effet, si elle avait pu savoir le nombre de succubes qui me rongeaient, elle se serait bien vite éloignée à grands pas. Ses lèvres tremblaient nerveusement car c’était pour elle trop d’émotions. Je n'avais pas simplement envie d'elle, comme de la prendre dans mes bras, Mais je voulais me l'accaparer pour l’engloutir par la tête comme un serpent fait de sa victime.

Allongé dans l'herbe, je la tenais par la main, un peu comme lorsqu'on veut baiser la main d'une dame. Son pouls était rapide, le mien irrégulier. Les battements de nos coeurs se mirent à l'unisson pour faire résonance. Je touchais une chair aimante. Il aurait pu se produire une catastrophe naturelle autour de nous qu'on ne se serait rendu compte de rien à ce moment-là. On était insensible aux touristes qui passaient sans discontinuer, aux chiens qui venaient pisser contre nous, la renifler sous sa jupe et me lécher les genoux. Ce moment n'appartenait qu'à nous et il restait suspendu.

Elle était du genre que les hommes peu vertueux se plaisent de ravir aux sorties des bancs de la fac. On lui donnait plus que son âge. Elle m’avait dit qu’à douze ans déjà, dans les magasins, on l’eût souvent prise pour une vendeuse, qu’elle avait toujours fait plus que son âge. Combien de femmes de la trentaine auraient d’ailleurs paru fades à côté d'elle !

Elle m'avait donné sa journée. Il était déjà dix heures, ça faisait une heure, le temps défilait à toute allure. Le désir m'est venu à force de la regarder, d’avoir une femme à portée de mains. Moi qui n'avais jamais été seul avec une femme en dehors des relations de principes, il y en avait une aujourd’hui qui était là, apparemment consentante. Elle dut s'apercevoir qu'il se passait quelque chose quand je me suis brusquement tourné du côté opposé. J'avais tant redouté cela, n'être venu que pour abuser d'elle si elle me paraissait accueillante.

Subitement, j’ai senti ses mains se poser sur moi. J’ai tressailli. Elle m'a ramené vers elle en me faisant allonger sur le dos, me dominant de son regard et me demandant de me détendre. D'une main, elle prit appui sur mon épaule, le bras tendu. Elle posa son autre main en dessus de mon genou droit, me palpa les muscles de la cuisse, continuant à remonter, [scène omise]
- Ca va bien trop vite Antéa ! Ai-je fait en relevant la tête.
- C’est quoi qui te dérange ? Je croyais que ce que tu attendais d'une femme, c'est qu'elle prenne l'initiative.
- Mais c’était parce que j’étais frustré que jamais elles ne me touchent tandis que de ton amour, je pars grandi. Je te respecte trop pour profiter de ma venue pour précipiter la découverte de ton corps.
- Et que fais-tu de mon désir à moi ? Si j’ai envie que tu me fasses l’amour ?
- Est-ce ta bonté naturelle qui te donne envie de dépuceler chaque garçon que tu voies pour la première fois ? »
Elle se dégagea, remonta sa culotte, ramena sa jupe sur ses cuisses et s'assit dos à l'arbre. Je reprenais mes esprits sans parvenir à calmer les ardeurs de mon corps. Je m'assis à côté d'elle en passant mon bras entre l’écorce et sa nuque. Elle se laissa faire. Elle fit reposer sa joue contre mon épaule et je l’entendis renifler pour retenir ses larmes de tomber.
« Que veux-tu, je suis faible. Aime-moi comme je suis. Tu sais, quand j'aime un homme, il prend tout mon temps et toutes mes pensées et jamais je ne m’imagine dans les bras d'un autre que lui. Pourquoi es-tu venu si ce n'était pas pour coucher avec moi ?
- Pour passer du temps près de toi et qu'il nous reste encore des choses à découvrir pour de nombreuses fois encore. Te murmurer des choses au creux de ton oreille, humer la fragrance de tes cheveux et te sentir abandonnée, toute fragile. Sentir ta tête au creux de mon épaule, tes bras me serrer tendrement comme si tu tenais à moi éternellement et finir par le baiser enflammé. »

Elle semblait réfléchir. Elle était perdue dans ses pensées. Elle n'était pas faite pour porter des jupes avec ses gros os, ça ne l'avantageait guère, pensait-elle. Elle avait quand même fait l'effort de les dénuder pour que je voie ses jambes et ses cuisses. Son ventre était plat, mais ses cuisses et ses seins faisaient office de réservoir à graisse. La sueur aidant, son chemisier devenait une poitrine fumée dont s’évaporaient quelques miasmes. Cela sentait la chair avariée. Tout ça était à disposition. Je sentais bien qu’elle était folle de moi. C'était rien qu'une fille facile mais je n'en voulais pas. Je me contentais de la tenir contre moi pour m'assurer qu'elle était là.
« Tu ne veux toujours pas me faire l'amour ? reprit-elle.
- Encore ! Je suis désolé d'avoir pris tant de place, de t'avoir manqué au point que tu veuilles aujourd'hui tout me donner de toi. »
Elle était près de son bien-aimé. Elle ignorait comment le rendre servile à ses désirs.
« Je voulais te faire ce plaisir que les femmes cruelles ne se décideront jamais à te faire. »

Je restais sans voix. Curieusement, je n'avais pas envie de la sentir à même ma peau. Et pourtant, Dieu seul et à peu près, une quinzaine d’hommes savaient combien nue, elle pouvait éveiller de fantasmes. Ce n'était pas un de ces petits bouts de femmes de dix centimètres de moins que moi du genre à se prendre chacune pour le centre du monde dés qu’elles m’accaparaient. C’était moi qui n’étais auprès d’elle qu’un petit bout d'homme et cela même si mes yeux arrivaient à hauteur des siens. Onze heures à la grande horloge. Nous ne parlions plus, le temps passait moins vite. On ne faisait rien. Nous n'avions pas même échangé un premier baiser.
« Je m'ennuie, me dit-elle en se levant.
- Comment occupes-tu le temps avec les autres garçons ?
- On baise mais toi tu ne veux pas. Tu attends je ne sais quoi !
- Moi qui pensais qu'on passerait des heures à parler comme avant !
- Je n'ai rien à te dire.
- Parle-moi comme tu aimes le faire au téléphone.
- J’arrive pas. C'est quand tu m'es proche que je te sens lointain. Je ne parviens pas à rassembler mes pensées. J'ai perdu les souvenirs que j'ai des autres hommes. Pourtant, je ne sais pas trop ce que je fais ici ni ce qu’on est encore l’un pour l’autre.
- Si l'on faisait l'amour, me parleras-tu davantage ?
- Quand les corps s'expriment, il est rare qu'on soit volubile tant on cherche à ressentir les choses qui passent. »

Elle avait toujours le dernier mot et je me sentais incapable de réfléchir. J'avais envie qu'elle s'exprime mais elle ne voulait que baiser avec moi. Au début, mon refus l'avait perturbée. Il avait semblé qu'elle avait perdu ses repères, son assurance nonchalante, qu'elle ne savait plus où elle en était. Mais finalement, elle savait parfaitement ce dont elle avait envie. Je restai silencieux et au bout d'un quart d'heure, elle se leva me toisant du regard et me dit de l'attendre, qu'elle reviendrait vers quatorze heures voir si je n'avais pas changé d'avis. Elle s'éloigna mais n'osant pas la rejoindre, j'élevai la voix pour lui dire :
« Attends, ne pars pas, je t'invite au restaurant.
- Ca ne m'intéresse pas, ce n'est pas ce que j'attends de toi.
- Mais restons ensemble, au moins !
- Je préfère aller voir un homme qui se laissera faire, lui! »
Comme une flèche plantée dans mon coeur, elle allait tout droit dans les bras d'un autre malgré le caractère sacré de cette journée qu'elle avait dit me réserver spécialement. Mes pensées se bousculèrent dans ma tête et quand me vint l'idée de la retenir, elle avait disparu.
« Gémani ?! »
Qui pouvait me connaître dans cette terre étrangère, Antéa mise à part. Je fis volte face, les yeux hagards. Une jeune femme souriante était là avec des jumelles autour du cou. Elle avait des yeux pétillants de malice. Elle portait une robe longue et cintrée noire et carmin, soyeuse qui lui descendait jusqu’aux chevilles. Des cheveux auburn qu’elle avait ramenés sur son épaule gauche et qui lui donnait un air de femme fatale.
« Danaé ?!
- Tout juste. Antéa m’avait dit que tu venais la voir aujourd’hui. Je n’ai eu qu’à la suivre. Je vous observais du haut de la tour. Ca te dirait de venir chez moi à moins que tu préfères rester là à l’attendre, si les ruines te sont sources d’inspiration ? »

Je me suis levé et l’ai accompagnée chez elle. À peine entrai-je dans son hall d’entrée qu'elle s'absenta sans me prévenir où elle allait. Je suis entré dans sa chambre, j’ai fouillé dans les placards comme si j’avais été chez moi. Plein de joie, j’y trouvais un grand nombre de mes lettres et poèmes dans des boites de chaussures. Antéa les lui avait donc bien confiés, elle ne les avait pas jetés, comme elle me l’avait dit une fois.
« Gémani ! Entendis-je sur un ton langoureux. »
Cette fois, je savais qui c'était. Je me retournais. Un éclair de splendeur ! Elle revenait de la douche, une serviette sur l'épaule et le ventre fuyant délicieusement. Elle avait brossé son minou. Elle avait la démarche fine, un corps sublime et sachant le mettre à profit, elle frétillait la croupe tendue. Elle avait une charpente moins développée que sa consoeur mais elle avait l'avantage que j'ignorais tout d'elle. Elle me prit la main et me fit m'allonger sur son lit.

Qu’avaient-elles donc toutes au cul pour vouloir me baiser ? Pourquoi fantasmaient-elles autant sur moi ? Que leur avais-je donc fait à toutes les deux ? Depuis qu’Antéa me l’avait fait connaître, c’est vrai que je n’arrivais plus à penser à l'une sans lui adjoindre l'autre. Deux pour le prix d'une. Elles faisaient une paire économique avec des talents différents. Je savais qu’Antéa souffrait de cet état de choses mais je faisais exprès afin que jamais elle ne me considère comme acquis.
Allais-je sacrifier ma virginité avec une pucelle ou avec une femme expérimentée ? J'avais le choix. [scène omise] et me regarda confusément. J'essuyais les larmes de ses yeux.
[scène omise]
C'était déjà quatre heures de l'après-midi. Je m'étais endormi dans les bras de Danaé. On venait de sonner à la porte. Ca nous avait réveillés. J'ai pensé à Antéa qui ne devait déjà plus m'attendre auprès des ruines. Par crainte que ce soit ses parents, Danaé me cacha dans la penderie.
Mais c'était seulement Antéa, elle était en larmes, la voix crépitante. Elle m'avait attendu auprès des ruines près d'une heure et demie durant. Au timbre de sa voix éplorée, elle semblait très proche de défaillir. Même quand Dave l’avait quittée, cela ne l'avait pas mise dans un tel état.
Danaé chercha à comprendre.
« Tu lui as dit un mot blessant ?
- Nullement, c'est juste que je n'avais pas envie de rester près de lui à perdre mon temps, il refusait de se laisser aller, j’avais tellement envie qu’il me touche, qu’il m’embrasse, qu’il me fasse l’amour. Je me suis dit qu’en le faisant poireauter quelques heures, il reviendrait sur ses intentions premières.
- Tu crois qu'il serait rentré chez lui comme ça sans te prévenir.
- Où veux-tu qu'il soit ! Je n'ai pas su être à la hauteur de ses espérances, il me croyait plus romantique que je ne suis!
- Retourne chez toi, il t'y attend peut-être ? Il longe la maternité, va savoir. Il est peut-être assis sur le banc en dessous de la fenêtre de ta chambre comme un Roméo guettant sa Juliette ? »
Je savais que si jamais Antéa me trouvait là, il en serait fini de leur belle histoire amitié. Pourtant, on n’avait rien fait. J’avais juste serré Danaé dans mes bras. Je l’avais câlinée jusqu'à m'endormir avec elle. Mais comme elle avait dormi nue contre moi, elle n'avait eu le temps que de vêtir une robe de chambre pour aller ouvrir la porte et ça pouvait facilement prêter à confusion.
« Tu as raison lui dit-elle. Bon, ça ne te dérange pas, je te reprends ma robe longue et je m'en vais. Si jamais je le retrouve, je veux qu’il me voie dans mes plus beaux atours.
- Attends, Antéa... Non !
Mais, Antéa ouvrit la penderie, écarta les cintres pour prendre sa robe et m'y trouva.
- [...] Aïe ! Finit par dire Danaé. »

J'en menais pas large, non plus. J'en sortais comme un somnambule, un oeil fermé, l'autre ouvert, bras en avant pour la faire rire. Sa colère montait et j'avais peur qu'un éclair de rage me projette contre le mur vu la force qui se dégageait de son ossature masculine. De rage, elle retira sa robe de la penderie, la prit au col et la déchira de haut en bas. Ca me rappelait une scène d’un péplum où le grand prêtre déchirait sa robe devant Jésus.
« J'aurais jamais cru que tu me ferais un coup pareil, Danaé. Je te faisais confiance, toi ma meilleure amie qui me chipe l'amour de ma vie dés que j’ai le dos tourné.
- Écoute, je n'étais pas dans mon état normal et lui non plus. Il a profondément été déçu par ton départ précipité de ce matin alors que tu lui avais dit te réserver pour lui toute la journée !
- Ben si à chaque fois que je le déçois, il se réfugie dans tes bras, je n’ai pas fini d’en découvrir de belles avec lui. »
Et s'adressant à moi :
« Et toi, qu'as-tu à me dire ? Toi qui me disais ce matin encore que tu ne voulais pas abuser de moi. Était-ce pour te réserver à Danaé ?
- Je ne l'ai pas touchée.
- Vous m'en direz tant, alors pourquoi t'es-tu caché ?
- Peut-être le réflexe conditionné de l’amant qui a peur de la réaction du mari trompé.
- Et tu veux me faire croire que vous n’avez rien fait?
- Tu sais bien Antéa que je n'ai de désir que pour toi.
- Tu ne m’en as pas donné l’impression ce matin. Et puis, n'était-elle pas il y a quelques minutes encore sous sa plus simple expression ?
- Si, je l’avoue mais que veux-tu que j'y fasse si elle est exhibitionniste, elle fait ce qu'elle veut. Elle est chez elle ! N’a-t-elle pas le droit de se promener toute nue si elle en a envie ?
- Et tu l'as prise dans tes bras ?
- Oui mais plus comme on dorlote son enfant.
- Et moi, je t’ai attendu, nous devions nous voir, ne t’avais pas dit quatorze heures !
- Tu peux parler, c’est bien toi qui m’as quitté ce matin, je me trompe ? »
Antéa se porta contre moi, arracha les boutons de ma chemise. D’un mouvement de rage, elle baissa mon short accompagné de mon slip. Et en fin de compte, j'eus droit à la femme la plus expérimentée.

Danaé se mordait les doigts de me voir reprendre de la vigueur alors que le flasque avait prédominé pour elle. Je tâchais de suivre Antéa tant bien que mal. Je la regardais, elle était folle de moi. Je devenais un homme dans ses bras de jeune femme. Je n'attendais plus rien de la vie. Je savais que je devais partir mais elle me plaquait contre le lit et vu la force qu'elle y mettait, je ne pouvais que suivre le mouvement.

Nos corps ruisselaient de sueur, je m'évanouissais mais ses assauts me faisaient reprendre conscience. C'était ma cavalière et j'étais son cheval de trait. Que voulait-elle donc me prendre ? Que cherchait-elle à faire, m'ôter la vie, me laisser un souvenir intense de la chevauchée fantastique. Je n’avais pas l’habitude, c’était la première fois, c’était pour moi une rude épreuve. Comme je trouvais fatiguant de faire l'amour ! Elle frappait mes flancs du plat de ses mains comme pour me faire avancer plus vite sur le parterre, je rampais sur le dos et les fesses en me tortillant malgré son poids sur mon ventre. J'étais martyrisé dans mon amour propre. Dans quel état allais-je la retrouver ? Pourrait-elle encore servir ? Me la rendrait-elle quand elle en aurait fini ? Ca faisait trente minutes d'affilée. Je regardais l'heure inscrite sur le réveil de la table de nuit, il ne me restait à peine une heure pour prendre le dernier train direct pour Annecy. C’est alors qu’une femme mûre entra précipitamment dans la chambre de Danaé. Elle ne puit réprimer un rire narquois en voyant Antéa juchée sur moi. Il y avait de quoi rire en voyant un freluquet de mon genre complètement étourdi par la hargne sexuelle de sa devancière si belle en jambes et exhibant une poitrine plus que généreuse. La mère de Danaé annonça à ma cavalière qu'elle mettrait sa mère au courant le soir même. D’un hochement de tête en direction de la porte, elle nous fit comprendre de décamper au plus vite. Antéa me traînait derrière elle ne voulant pas me lâcher la main. J'étais épuisé, j'avais galopé toute la fin de l'après-midi et je connaissais les moindres recoins de son ventre. On s’est rhabillé à la hâte dans le couloir et on s’est précipité dans l’escalier.
« Tu vois qu’on n’aurait pas dû Antéa. Tu vas avoir plein de problèmes à cause de moi.
- Ma mère n’a pas à décider qui je dois aimer ou pas. Elle me coupera peut-être les vivres mais je ne veux plus être séparé de toi. Tu veux donc bien de moi, ai-je repris quand nous sommes sortis dehors.
- Que ce soi toi ou un autre n’a que peu d’importance. C’est juste pour le principe. Je ne veux plus me laisser faire, me faire manipuler et souffrir en silence. Cette fois, je pars vivre à Annecy avec toi.
- Ne déconne pas. Tu as toute ta vie ici, toute ta famille et tous tes amis.
- Tu ne veux pas de moi ? »
Je n'eus d'autre choix que de prendre le train avec elle. Nous étions en plein dans les vacances de Pâques mais après, il fallait bien qu'elle retournât à Marseille pour reprendre la fac et finir sa deuxième année de droit.

De retour chez moi, la passion d’Antéa s’aggrava. Il n'y avait que moi qui semblais avoir de l'importance à ses yeux. Tout le reste à l'entour était superflu. Elle nourrissait une passion aussi forte pour moi que celle qui m'avait habité pour elle par le passé. De l'avoir toujours près de moi me retirait toute envie d'entreprendre quoi que ce soit. Elle était tout pour moi. Je n’avais plus de manque. Nous passions des après-midi ensemble nus l'un contre l'autre. Elle s'asseyait entre mes cuisses. Je l'entourais par la taille et je baisais sa nuque et ses épaules pendant qu'elle s’initiait à la conduite des voitures de rallye. Comme je me montrais entreprenant en lui caressant les parties intimes, elle me disait d’arrêter de la chatouiller, qu’elle ne pouvait pas dans ces conditions tenir la route.
Comme malgré tout, elle adorait sa mère, elle lui avait quand même téléphoné pour la rassurer. Mais elle resta silencieuse sur son lieu de villégiature. Mais au bout de dix jours de folle passion, la gendarmerie vint à la maison et nous sépara l'un de l'autre. Je répliquai que nous étions majeurs et vaccinés. Elle se débattait au point qu'ils n'arrivaient pas à la rhabiller. Elle m'appelait à son secours mais j'étais aux prises avec plus fort que moi. J’appris par la suite que Joanne avait convaincu la police que sa fille n’avait pas toutes ses capacités et que je l’avais sûrement abusé et même enlevée.

Quelques jours après, je fus accusé d’enlèvement et de séquestration. Je ne me défendis pas. Je ne fis que la regarder et elle de même tout au long du procès. La loi voulut faire un exemple pour éviter des histoires similaires et protéger les autres femmes. Je fus condamné à vingt ans de travaux forcés à casser la pierre dans une mine de sel en Sibérie. Chaque semaine, je recevais une lettre d'elle me disant qu'elle ne se remettait pas de notre séparation. Je lui dis de ne pas attendre ma sortie du goulag. D'aimer sans complexe les hommes qui lui plaisaient. Le sel rongea mes mains peu à peu, Au bout de quinze mois, je ne pouvais plus écrire. Je dictais mes lettres au mâton. En échange, [scène omise] parce que dans mon for intérieur, je pensai au corps d’Antéa. Je devais porter des vêtements féminins, mettre du rouge à lèvres, du vernis, des porte-jarretelles et de la lingerie fine. Le virus du Sida passa par là. Tout au long de ma maladie, j'essayais de me fâcher avec elle pour qu'elle s'en trouve un autre à aimer.
Je mourus, victime du sel qui avait rongé mes membres et du Sida qui avait gangrené mon sang. Antéa ne recevait plus de nouvelle de moi depuis prés d’un mois. Je la voyais s'agiter dans le monde des hommes. J'étais enfin libre dans le monde astral. Mais elle continuait à m’écrire attendant désespérément chaque jour d’avoir de mes nouvelles. Alors, le directeur du goulag lui envoya mon avis de décès.

J'avais foutu en l'air les plus belles années de la vie de ma chère Antéa, tout ça parce que j'avais raté la mienne et que je savais qu'elle était la dernière qui voudrait encore de moi. J’ai craint qu’en apprenant ma mort, elle fasse une connerie. Mais au contraire, ma mort sembla la libérer d’un poids. Il avait suffi que je m’en aille pour qu'elle donne un plus grand sens à sa vie. Je vis un jeune homme tel que je les aimais, un peu maladroit et malheureux en amour prendre mon relais auprès d'elle. Je lui transmis mon inspiration. Ils correspondaient par emails tout au long de la journée. Il n'en fallut guère plus pour qu'elle tombe amoureuse de lui. C'était une femme à qui il suffisait d'écrire pour qu'elle vous aime, même de lui téléphoner, ça pouvait suffire pour peu qu'on s'occupât d'elle. Comme j'étais heureux qu’elle goûte de nouveau au bonheur dans les bras d’un homme. J'avais sondé l’esprit du jeune homme en profondeur, il avait les qualités qui me manquaient sans mes graves défauts et ma monstrueuse perversité. Avec lui, elle retrouvait la sensation d'être aimée comme dans sa jeunesse, d'avoir un amoureux lointain et inaccessible bien qu'à tout moment, elle puit le voir en chair. Elle l'aima en souvenir de moi.

Michel Berger : Diego


Quelques questions, pour savoir si c'est des réponses que vous cherchez :

N°66 - Quels sont les 7 types d'hommes ?

N°67 - Quelles sont les 7 principales légions d'Egos ? A quelle occasion a-t-on appris leurs existences ?

N°68 - Quelles conjuration de Salomon connaissez-vous ?

N°69 - A quels mantras fait référence le pentagramme gnostique ?

N°70 - Que représente le pentagramme avec une pointe vers le haut ?

 

Si vous voulez connaître les réponses :

66 à 70 - Types d'hommes - Légions - Salomon - Pentagramme


 

 
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Table des matières : 
Une passion dévorante
Les apparitions fantomatiques
Psychothérapie amoureuse
La confession de Méphisto
Les conséquences d'un oubli
Une si vague idée
Les mensonges du passé
Voir plus grand
La ballade de Méphisto
La tache rouge sale
Un ligand d'éternité
Génération "love in fun"
Les délires de Morphée
Qui ne dit mot consent
La fiancée de Gulliver
Les gestes de la passion
Le vertige du désir
Le monstre qui se cache
De la technologie à l'amour
Séquestration abusive
Une lettre pour te dire
Approche détournée
Pomme d'Amour
Ce qu'il m'en reste
Les sauveurs du monde
Un remords perpétuel
L'hôtel des plaisirs
Un harem chez les amazones
Les corps emmêlés
Inoubliable
Douze ans que ça durait déjà
Au bout de la vallée calcinée
La chute des souvenirs
Au pays des géants
L'oncle d'Amérique
Astral Voyager
Le matelas vibrant
Les retrouvailles séniles
Le ballet de la plage
Victime d'amnésie
Apothéose
Scènes omises