Faut-il voler aux peuples indigènes leurs forêts,
leurs terres et leurs territoires de pêche ? Vouloir
les civiliser contre leur gré ? Leur relation
avec la nature n’est-elle pas plus saine que la
nôtre ! Et s’ils ont envie de perpétuer
leurs coutumes, leurs traditions, leurs modes de vie,
leur rapport à la nature, pourquoi donc vouloir
leur imposer notre civilisation ? Ils ne font rien de
répréhensible ! Même s’ils
sont cannibales, cela ne fait que nuire à leur
santé !
L’homme blanc aurait dû cesser de vouloir
étendre partout sa civilisation. Si l’expansion
démographique occidentale avait été
ralentie, il n’y aurait pas eu besoin de couper
tous ces arbres, de prospecter dans les terres indiennes,
d’ouvrir toutes ces mines, de pomper tout ce pétrole,
de noyer leurs territoires de chasse et les cimetières
de leurs ancêtres, tout cela à seule fin
de construire des barrages pour fournir l’alimentation
électrique de l’homme blanc.
Qu’avons-nous fait ! Nous sommes tous responsables
et fautifs. N’avaient-ils pas le droit de survivre
dans leur milieu naturel. Vouloir les parquer dans des
réserves pour les forcer à la vie sédentaire.
Attribuer les meilleures terres aux hommes blancs qui
s'empresseront d'édifier tout autour des barbelés.
Quand traverseront-ils à nouveau les plaines
comme leurs ancêtres ?
En Europe, ce sont les gens du voyage que l’on
voudrait parquer dans des zones délimitées.
Ils font peur, on les accuse de tous les maux. On préfère
qu’ils s’installent dans la ville voisine
que dans les parages immédiats sous prétexte
qu’ils sont soupçonnés d’être
des voleurs, des gens sales et des magouilleurs de la
pire espèce. Cela a parfois du vrai. Les petits
roumains qui font la manche avec leur mère alors
que les pères se promènent dans de belles
Mercedes.
Combien de peuples indigènes ont été
décimés par l’homme blanc ? Aujourd’hui
même, ça continue ! Pour vous en assurer,
il vous suffit de lire Peuples en danger d’Art
Davidson ou les Nouvelles de Survival . Il n’y
a pas qu’en Algérie qu’on tue hommes,
femmes et enfants à la machette. Dans les pays
d’Amérique latine aussi. Les terres ont
été confisquées par les gens riches
et les amis des gens au pouvoir. Les indiens sont enrôlés
de force dans des escadrons de la mort ou dans l’armée
et endoctrinés pour tuer leurs amis d’enfance.
Un jeune garçon guatémaltèque de
14 ans témoigne : « Ils nous distribuaient
tous les trois jours un plein verre de sang de chien
et nous envoyaient tuer des gens. Il y a quelque chose
dans le sang de chien qui donne une irrésistible
envie de tuer. L’envie est si forte qu’on
se fiche complètement de tuer un enfant. »
Partout dans le monde, les petites gens sont persécutées
soit par les propriétaires terriens, les hommes
au pouvoir, l’armée, les barons de la drogue,
les multinationales avec l’appui des grandes puissances,
« L’engagement des Etats-Unis au Guatemala
va très loin. Tous les officiers supérieurs
de l’armée guatémaltèque,
responsables des massacres, ont été entraînés
aux Etats-Unis. Lorsque le président Carter a
pris la décision de stopper l’aide militaire
en invoquant les violations des droits de l’homme,
Israël a pris le relais pour assurer la formation
des officiers. [...] Les administrations de Reagan et
Bush ont partiellement rouvert le robinet de l’aide
militaire. »
Tous peuples confondus, les indigènes seraient
pourtant 250 millions de par le monde. Certaines femmes
indigènes essaient d’avoir beaucoup d’enfants.
La femme indigène craint que sa lignée,
que sa race vienne à disparaître. C’est
son plein droit. Mais nous, qui exploitons sans complexe
les ressources de notre Mère nourricière,
la Terre, nous croyons-nous supérieurs aux indigènes
? Nous n’avons plus de racine, nous ne savons
plus qui nous sommes. On commence à peine à
se dire qu’on a surexploiter les richesses de
la planète, pourvu que ce ne soit pas trop tard
! Qui lui soit encore temps de nous cracher au visage
ses torrents de lave !
Pour autant, les indiens d’Amérique du
Nord sont quelques uns à s’être adapter.
Quant à lutter, ça fait bien longtemps
qu’ils ont abandonné tout espoir de conserver
leur ancien mode de vie. Ils se saoulent pour oublier.
Ils se suicident. De nombreuses lignées ont disparu.
Les plus chanceux assimilent la culture de l’homme
blanc pour devenir avocat et défendre les leurs
face à l’état, aux grands investisseurs
et aux multinationales. Il m’aurait beaucoup plu
d’épouser une squaw, elles sont si belles
avec leurs lèvres charnues juste ce qu’il
faut, leur peau rouge, leurs traits fins. Ma squaw m’aurait
appris la danse du soleil, elle m’aurait emmené
sur les terres sacrées. Ensemble, nous aurions
dérogé à la coutume et serions
restés enlacés des heures entières
dans les huttes de sudation, à flanc de colline.
J’aurais cheminé dans le froid de l’hiver
sur les traces de Big Foot. On aurait prié le
Grand Esprit. Mais les indiens préfèrent
se marier entre eux pour conserver la pureté
de leur sang. Ha, ma belle squaw, où te caches-tu
? Faut-il que tu sois la dernière de ta race
à m'attendre ?