LA DRAGEE HAUTE
Effleure mes lèvres turbulentes
En hochant ta tête négligemment.
Du bout des lèvres, consente
Que je t'embrasse chaudement.
Un baiser, rien qu'un baiser brûlant.
Après, je m'en irai sans un bruit
Loin de tes draps immaculés de blancs
Passer dans ton souvenir, une douce nuit.
Je sais qu'il n'est pas bien
Que je prenne la barre
Nous ne pouvons tisser ces liens
Sans rompre les amares
Mais, il n'existe pas sur terre
Une autre femme dont j'ai plus envie
Même si tu ne me crois pas sincère
A ma main, tu descendras du parvis.
CHAUDE SOIREE
Tu en jettes tout autour.
Minijupe et bas noirs,
Mise en valeur sous l'abat-jour,
Il arrive dans le couloir.
Bouche ouverte et jambes croisées,
Formes lascives par habitude,
Profond râle et regard braisé
A l'inverse de la fille prude,
Tu te veux libertine et sensuelle.
Ta poitrine mise en valeur.
Lumière tamisée te fait belle,
Embellit ton bel enjoliveur.
Tu lui souris l'air coquin
En décroisant tes jambes scandaleuses.
Tu sais qu'il a le béguin
Pour toi et tes formes gracieuses.
La fulgurance des passions
Vous enivre tous les deux.
Naissance de la cogitation
Entre de forts spasmes orageux.
De regards détournés aux cuisses,
Du consentement que tu fais montre
Au vertige de son caprice
Acheminé jusqu'à ton bas-ventre.
Déchéance du corps abandonné
Sur la tangente débridée
De ta proue éperonnée
Par ses mains décidées
VERTIGE PASSAGER
Troublée des ardeurs de Patrice,
Tu retournes dans la fraîcheur du soir
Et dans tes pensées surgissent
Encore dans le miroir
Vos corps enlacés tout près
Qui s'effleurent et se caressent.
Ses baisers qui te font cabrer
Alors qu'il te saisit les fesses.
VISITE IMPROMPTUE
Frasque amoureuse où se mêle
La tendresse de Claire,
La passion de Patrice telle
Qu'à toute autre, il la préfère.
Tu partages sa couche royale
Faisant fi de ce que les autres pensent.
Une à une, tu déchires les pétales
De ceux qui te font offense.
Tu concèdes toujours plus à celui
Qui n'a pourtant pas sa place
Auprès de toi, dans ton lit
Ornementé de suggestives rosaces.
LES VERS QUI ENSORCELLENT
Ses lettres te semblent bizarres,
Souvent emportées de mots d'amour.
Tu essaies de lui faire rempart
Quand ses yeux comme de velours
Viennent souligner tes rondeurs,
Et trouver la femme au long des vers
Comme lorsque le couteau du graveur
Arrache des morceaux à la pierre.
Par les mots, il te rend folle
A n'en plus pouvoir penser,
Tu t'enfiles le litre d'alcool
Et tombe au sol, défoncée
Que jamais plus sera pareille
Ta relation avec Patrice
Tu auras permis son eveil
Mais tu tomberas dans les abysses.
Et ainsi, de fil en aiguille,
D'orgies en criblage d'épices,
Patrice connaîtra bien d'autres filles
Après que tu aies cédé à son
caprice.
RABATTEUR
L'inconnu se révèle-t-il plus favorable
Que le gardien lassant de ton jardin ?
De recommencer bille en tête
La même aventure qu'il y a vingt ans.
Celui qui t'avait promis
Monts et merveilles du monde
Puis battue et violée
Pour t'apprendre à lui résister.
Satan m'est témoin
Que quoi que je fasse de mal,
Cela n'entraîne en rien
Et que chacun est son juge.
La vérité est que je blesse
Seulement pour ne pas être fauché ;
Devant moi, elle se dresse
Comme un serpent endimanché.
Saurais-je évaluer ses courbes
Pour juger de son talent de femme.
Me faire son digne soupirant
Malgré l'absence de ses parades.
Drapée de soie et de dentelle,
Tu confonds la trame du discours.
Tu n'es que rudesse et froideur
Malgré tes habits d'apparats.
A L'ABRIS DES REGARDS
Elle vient m'embrasser
Non sur les joues mais sur les lèvres.
Elle rougit un poil son métissé
Avant de filer comme on sèvre.
Je la rejoins dans l'escalier,
Elle éclate en gros sanglots.
Elle me regarde de biais
Jouant une petite scène de mélo.
Je la prend par la taille
Et elle se blottit contre moi.
Je crains que son coeur ne s'écaille
Au tremblement de son chemisier de soie.
CHEVEUX TREMPES
Claire est apparue à l'entrée
Du salon, nue avec un broc à la main
Le renversant sur ses cheveux
Cristallins tombant en cascade.
Les poils de son pubis
Imprégnés de fines gouttelettes d'eau.
Elle lisse ses longs cheveux noirs
En se présentant de profil.
Je suis une belle femme et tu es bel homme
Même si je devrais pas, je te veux
Et peu importe que tu ne sois pas mon époux,
Rien ne nous empêche d'en venir
A éprouver ce qu'homme et femme
Font habituellement quand ils s'aiment
Ou qu'ils cèdent dés le premier soir
Dans la transparence du désir partagé.
LA SUBLIME
Si seulement vous l'aviez vu !
Elle a des courbes qui assomment.
Des fesses bombées, une toison vibrante,
Un dos cambré, une poitrine bien en chair,
Une bouche pulpeuse, des yeux en amande,
Des jambes longues et fines
En résumé, un corps qui à la faveur
De plaire à tous les hommes.
Mais voila, elle est déjà mariée
Et pourtant, je la voudrais dans mon lit.
Je la contemple souvent nue
Dans la nuit, au sortir de la piscine.
A MOITIE GAGNE
Claire portait un pantalon moulant.
Elle était assise sur le sol
Comme une petite fille modèle.
Je me suis porté entre ses jambes
Et l'ai embrassée partout sur le visage
Comme victime d'une passion délirante.
Elle me répétait qu'il ne fallait pas
Mais c'était bien plus fort que moi.
TABLEAUX
Claire pleurait dans ses mains.
Je les ai ôtées de son visage
Et voyant sa beauté amère,
J'ai baisé ses lèvres décousues.
Mon bras par derrière sa nuque,
J'ai passé une jambe entre les siennes,
Posant ma main sur son sein
Et on s'est regardés amoureusement.
Elle était assise sur un tabouret
Je l'ai enlacée par derrière
Venant à écarter ses cuisses
Pendant qu'elle retrousse sa jupe.
Elle se rangea en bord de route
Et se blottit tout contre moi.
Je glissais ma main sous son cuir
Elle m'offrit ses lèvres chaudes.
Je l'ai aidée à s'habiller
En profitant pour placer mes mains
Au redondant de ses courbes
Pendant qu'elle se braque en avant.
UNE EXCEPTION PRES
Que fais-tu à l'instant présent ?
Qui suis-tu dans la forêt ombragée ?
Vis-tu au moins le grand amour ?
Je me demande si tu es heureuse!
As-tu fais remise de tes invendus ?
As-tu cette nonchalance voulue
Pour te payer ceux qui te plaisent,
Cette chance de séduire à tout va.
Ta jeunesse de carton-pâte peinturluré.
Ta soif intense du juste consommé.
Pourquoi n'es-tu pas venue me voir ?
N'étais-je donc rien à tes yeux ?
Je me torture l'esprit contre l'effroi.
Je crains de partir dés après
T'avoir connu pour oublier mon bonheur
Et finir mes jours dans ton souvenir.
Il m'en reste si peu aujourd'hui.
J'aurais été une jeune fille,
Serais-je tombé dans les bras
Du premier venu pour jouir enfin ?
Mais, c'est toi la femme qui m'a pris
Je voudrais penser à une autre
Tu m'as détruit en pleine gloire
Comme on fait d'un ver de terre.
Je t'en voudrais ma vie entière
Je n'arrive pas à te pardonner
Si j'aimais Dieu moins que toi,
Mais il est le refuge de l'inconsolé.
Je t'aime plus que le monde
Au point de finir mes jours
Auprès de toi qui dépérit
Dans le panache de l'oubli.
DENEGATION
Crois-tu que je veuille les pouvoirs
Pour mon prestige personnel ?
A te voir, on dirait que tu as vécu
Du temps où l'histoire s'est déroulée.
Se peut-il que ce soit vrai ?
Tout ce que tu peux voir de moi
N'est absolument rien en comparé
De ce que je suis vraiment.
Mais qui es-tu donc pour
Te montrer dans ta gloire
Renaissante comme l'éternel renégat
Au Dieu cruel et vengeur ?
Es-tu si mauvais qu'on le dit ?
Entre violeurs et criminels
Que tu ronges à tes fins
Pour amener au massacre.
Qu'as-tu préparé pour moi ?
N'ai-je droit qu'à cela ?
Encore fallait-il une tentation
Plus grande pour que j'y chute.
Aurais-je donc un prix fabuleux
Pour que tu viennes souiller mon mental ?
Combien d'élus, as-tu ainsi
Dispersés loin du chemin ?
Pour laisser à ta satisfaction
Brebis galeuses et grenouilles de bénitier
Continuer leurs atermoiements
Qui ne te dérangent en rien.
Quelle fin me réserves-tu ?
A l'indignation des gens présents
Barbouillés de la boîte à messages,
S'offusquant de mon crime.
DEMARCHE HARDIE
Puis-je ainsi lui montrer
Tout du moins qu'il puisse
Ainsi s'en faire de mise
Qu'il n'ait compté sur lui-même
Si par aventure, il se souvient
Qu'il aurait pu, je crois
Parvenir au bout du tunnel
Avant que celui-ci ne le rattrape,
Ne le condamne à errer
Aux franges de ceux qu'il veut séduire
Pour les voir chez eux faire
Ce qu'il lui plaît d'imaginer.
Et s'ils y consentent donc
Et se laissent regarder,
Ils lui auront offert la délivrance
De ce qui l'a poursuivi sans relâche
Le poussant à dégrader sans compter,
Ce dont l'évocation terrible
Suffirait à éloigner de lui
Toute femme voulant se préserver
De ce qu'elle craint ne pouvoir
Contrôler dans la hantise
D'y céder pour être plus
A même de juger équitablement.
BLEU ET OR
Enrubannée de broderie de soie
A la croisée de son corps,
On voyait quelques parties de sa chair
Laissant présager sa brillance.
Elle ne pensait pas à mal
Quand elle me dit de la dévêtir.
Mais quand je défis le ruban
J'oubliais ma nature d'homme
Pour qu'elle fasse de moi, son larbin
Affranchi de ses sages baisers
Et ses câlins coutumiers du leurre.
La vapeur encombrait ses orifices.
Ma vision se faisait trouble.
Tes cheveux crénelés à l'entour
Qui foisonnaient de trésors suspendus
Et ton emprise forte sur moi
Quand tes lèvres chaudes ont su
Trouver les miennes plus froides,
Et ta langue virevolter à l'intérieur.
EN ME RELEVANT
A l'entrée de la pièce,
Je vis ses épaules nues
Dépassant de la chaise.
En contournant le lit,
Il ne faisait plus de doute
Que Claire m'attendait nue
Les mains posées sur ses genoux,
Déliant la langue à mon approche.
LE SHINAY
D'après les dernières lueurs
Rougissant sa face,
Ardam vit Noudem
Sous un jour nouveau.
Ce soir là, le Shinay
Devait être consommé.
Noudem se rappelait
Du premier jour qui fut.
Ardam ne voyait plus que Noudem.
Elle craignait qu'il vienne
Parce qu'elle savait bien
Ce qui le torturait depuis lors.
Shinay était trop proche,
Plus rien ne pouvait le stopper.
Il entra dans sa chambre
Elle se découvrit du drap
Et écarta ses belles cuisses
En bombant sa belle poitrine
Pour qu'il ne doute pas
Qu'elle lui faisait offrande.
Ardam souffrit de la voir
Ainsi nue, se donner à lui.
Il compta les tâches brunes
Du damier ainsi disposé.
Elle se faisait perverse
Entre ses caresses habiles.
Noudem savait rendre fou
Au point de faire perdre contrôle
De quiconque la regardait faire.
Le Shinay allait connaître
La gloire dans l'embrasement
Des grains de poussière soulevés.
APRES LE SHINAY
Du manuscrit de Claire et Patrice,
Noudem et Ardam s'employèrent
D'imiter la trame profilée
Cherchant le sublime promis
Qu'ils avaient déjà approchés
Au premier jour de leur abandon.
Noudem et Ardam étaient libérés
Des liens de la chair brûlante.
Ils n'étaient que prête-corps.
Ardam revoyait la scène.
Il cherchait à comprendre
Comment ils en étaient arrivés là.
Il savait que jamais plus au grand jamais,
Il ne jouirait dans les bras d'une autre femme
Ardam préféra se retirer du monde, brisant
Noudem en cassant l'écrin de Shinay.
Il n'aurait jamais cru
Connaître un tel calvaire.
Il comprit toute la profondeur
Du drame mythologique.
PREMIERS ATTOUCHEMENTS
J'avais la tête qui tournait
Je l'ai fixé dans le blanc des yeux.
Ils reflétaient son envie de moi.
J'ai attiré sa tête dans mon cou.
Il m'a bécoté en remontant
Vers ma bouche et mes joues.
Je desserrais à peine mes lèvres.
Son souffle démangeait ma figure.
Mes yeux détaillaient son visage.
Ma langue a su trouver la sienne.
Nos lèvres se sont mordues
Avant qu'il ne me renverse.
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