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Poèmes aux Martyrs (Part II) / Poèmes mystiques


Liste des poèmes

  1. Manipulateur.....................................
  2. Jugement dernier.................................
  3. Nouvelle arche...................................
  4. A retardement....................................
  5. Grande prêtresse.................................
  6. Encroûtement.....................................
  7. Damné............................................
  8. Condamné.........................................
  9. Culpabilité......................................
  10. Prière...........................................
  11. Passion subite...................................
  12. Collection.......................................
  13. Plaisir simple...................................
  14. Baptême des eaux.................................
  15. Six à confondre..................................
  16. Piège à souris...................................
  17. Déferlement......................................
  18. Les régisseurs...................................
  19. Surnuméraire.....................................
  20. Scénario bancal..................................
  21. Jeu dangereux....................................
  22. A force de se taire..............................
  23. Comédie..........................................
  24. Digne écuyer.....................................
  25. Peur de se salir.................................
  26. La vie...........................................
  27. Bouchon grincheux................................
  28. Le Grand Arcane..................................
  29. Payer après eux..................................
  30. L'histoire rétablie..............................
  31. Pour la patrie...................................
  32. Battage inutile..................................
  33. Nénuphar en fleur................................
  34. Route mauvaise...................................
  35. Et plus encore pour l'éditeur....................

A VOUS TOUS.



MANIPULATEUR

Détendre l'atmosphère par des rires mielleux.
La blouse blanche du connaisseur respectable
Au milieu de ses formules et traits rugueux,
Prend appui en bord de table.

Fier de son savoir ténébreux,
Il déblatère des paroles étranges
Qui feraient tomber les archanges
Sur un chemin bien tortueux.

Les petites têtes blondes
Ont déjà changé de Dieu.
Il croule, le monde
Dans leurs gros yeux.

Moi aussi, je veux le pouvoir
De modifier toutes choses.
Apprenti sorcier et mage noir
Se perdent en prose.

Du chaos viendra l'ordre,
De la non-intervention à l'ingérence,
Des cous vont se tordre,
Ceux-là même qui faisaient régence.

La nature, les éléments nous imposent
Les solutions qu'on envisageait hier.
Les machines, toutes seules implosent
Comme des bombes incendiaires.

Comme ces gens qui ont le germe
Que d'autres leur envie
Pour mettre enfin un terme
A leur douce agonie.

Ils jouissent de leur fantaisie
Qu'ils ne reconnaissent plus
Même s'ils n'ont pas choisi
De finir en reclus.





JUGEMENT DERNIER

Ils arrivent du fond des luminaires,
Des extrémités des grottes souterraines.
Bien sûr, il y en a encore qui les vénèrent
Comme des rois et des reines,

Ceux qui se réveillent à peine
De cent mille années lumière
D'obscurantisme et de chaînes
Trois pieds sous terre.

Papier buvard au sang masqué,
Morale qui s'étiole comme le reste,
Couple à la dérive sur un quais,
Resurgissent les épidémies de peste.

L'homme s'autopunie devant son créateur
Par la conscience qu'il en garde
Face aux nouveaux visiteurs,
Ils s'immolent derrière leur mansarde.

Les images défilent devant chacun,
Passé individuel et impersonnel
Se glissent entre les importuns
Qui fuient regagner leur ciel.

Rémission des derniers condamnés
Juste pour que le miracle se fasse
Dans les corps burinés
De ces vieilles carcasses.

Elle véhicule le froid de l'abîme,
La Bête dans les défoulements
Des supporters de grand estime
Qui poussent des bêlements.

La musique fait son oeuvre,
Elle traque, débauche et hypnotise.
La dernière porte s'ouvre,
Poser le pied sur la banquise.





NOUVELLE ARCHE

La femme à l'homme pour s'appuyer,
Mais l'homme, qu'a-t-il ?
Dieu sur lequel s'apitoyer
Quand il négocie un nouveau péril.

Que d'hommes insensibles
Pour leur préférer des mijaurées.
Que de liens invisibles,
Chaque nuit, entre chacun, secret.

Des enfants naissent sans père,
Des mères les abandonnent
Pour se chatouiller le derrière
Entre elles, orphelins de la zone.

La morve et mon vomir
S'insinue dans votre soupe.
Les filles de la cité vont gémir
De boutons sur leur croupe.

Que de tableaux saisissants,
Il me faut vous peindre
Dans le mélange de vos sangs
A vous entendre geindre.

Il n'y a plus de Terre Promise.
La Terre dégorge ses propres rejetons
Sur les blocs de la banquise,
Chercher la Mère aux tétons.

Loin des turpitudes imposées
Par ceux qui tirent les ficelles,
Les bouts de corde usés
Dans le reste des infidèles.

Se décompose lentement
La vieille machine atrophiée
Sous les derniers hurlements,
L'histoire encore simplifiée.





A RETARDEMENT

Je vous vois enlacés de tendresse
Comme si l'amour était de mise
Dans vos unions et vos détresses,
Echappatoires des mairies après l'église.

Satisfaire ses désirs intimes
Contre ceux du conjoint
Qui dans vos bras, déprime
De figurer comme témoin.

Martyrs de la paraplégie,
Flambeau des petites gens.
Soirées à l'ombre des bougies
Dans les poches vides d'argent.

En quête de ma ballerine,
Celle qui m'a tout promis
Comme à la pantomime.
Et puis, qui m'a tout repris.

Dealers attachés aux poteaux,
Barons jetés aux fourneaux,
Têtes servies sur de beaux plateaux,
Noms gravés sur les panonceaux.

Coq à l'âne, poule à mule.
Zapping de neurones gorgées.
La cervelle qui me brûle
De ma balle encore logée

Et programmée à me détruire.
Je sais qu'elle implosera,
Que ce monde va frire,
Qu'un jour, elle reviendra.

Que serai-je alors devenu ?
Une larve infâme, mollusque
Informe les prévenus
De la folle bourrasque.




GRANDE PRETRESSE

Dans la Grèce antique, sculpteur.
Dans les temps moyenâgeux, grand seigneur.
Chez les perses d'antan, éleveur
D'étalons aux blanches couleurs.

Indien des Amériques
D'où cette critique
De vos sociétés
De membres débités.

Images fugaces délivrées.
Je souffle sur vos êtres :
Croyance qui vous effraie
De chaque fois renaître.

Déshabiller la femme du regard,
Ce qui me plairait à être visité
Dans le secret du Grand Art,
Goûter à l'ultime vérité.

Le sanctuaire sacré déshonoré
Par le sang des rois versé
De la monarchie restaurée
Aux scandales dépréciés.

Corps mille fois violées à seule fin
Que l'homme se tienne tranquille,
Qu'il contienne sa faim
Devant le canon de l'homme viril.

Esprit innocenté par le psy,
Elle offre les formes qui bougent
Agrémentée d'un superbe châssis
Que pleurent les Peaux-Rouges.

Incitation à la débauche,
Elle se fait porter en triomphe
Malgré le bas qui s'effiloche,
Elle plante partout ses griffes.





ENCROUTEMENT

Coup d'éclat en disgrâce
D'intérêts sauvegardés
Qui n'ont que faire d'une masse
Aux moeurs débridés.

Lève-toi et marche, l'ami,
Le monde t'appartient.
Tu peux aussi rester soumis.
Tu peux autant déchirer tes liens.

Le lichen, partie intégrante
De ton endormissement
Dans la lumière filtrante
Se meurt tout doucement.

Tremblement des membres,
Réveil des nerfs endormis.
Les racines du vieil arbre
puisent à l'infamie.

L'amour étend ses nageoires.
Il vrille l'espace noir.
Il atrophie le néant, hurle
Sous les graves monticules.

Influx d'énergie qui palpite,
Particules de parcelles divines.
Chaos qui s'effrite
Dans la lie de la vermine.

Radote le même refrain
Six fois plutôt qu'une seule
Dans le pourtour des reins
Où grouille la meule.

Tournent, tournent les pâles
De l'obscure au téméraire,
Dans le creux du val,
Il braille en luminaire.





DAMNE

Lit de bois matelassé
Et victuailles dans le placard,
Se complaît dans l'air encrassé
A l'ombre des méchants regards.

Il me pèse cet incongru.
Ce trouble fête me gicle.
En de pareils faux-cul,
Je maudis mon prochain cycle.

Enchevêtré dans la roue du cent huit
Contre le revanchard haineux,
Je ne fais prendre que la fuite
Pour ne pas lui glisser le noeud

Coulant autour de son cou effrité,
Du mur, aller le projeter
De ma hargne féconde
Jusqu'à l'autre monde.

Le calme envahit la mer
Après le débarquement des alliés.
Démons mis aux fers
Jusqu'à la prochaine, oubliés.

Ils attendent en silence
Pour se manifester
De colère en moquerie de révérences
Aux haussements d'épaules fréquentés.

On parle peu de ce que l'on abrite.
Préférer les porter en dérision
Afin que l'affaire ne s'ébruite
Ailleurs qu'en de vaines allusions.

Ils génèrent des jalousies
Entre voisins de palier
Qui s'observent en chien de fusil
Derrière leurs volets, repliés.





CONDAMNE

Dents de crotales et sauce de caïman
Sur coulis de cervelle de singe:
Recette de magie des chamans
Qui s'entortillent de précieux linges.

Marabout de plantes anciennes
Aux vertus qui se perdent,
Lacérées par les hyènes
Et les vautours qui canardent.

Mage à la cape noire sur rouge,
Face obscure de l'extérieure
Manipule les âmes de l'intérieur
Du cercle fermé de la loge.

Tant qu'il y aura des hommes
Qui prendront les armes,
Il y aura des morts
Et des gens qui ont tort.

Sans les armes, ils useront
De pierres et de bâtons.
Sans ces outils, ils iront
Tuer de leurs mains, les avortons.

Vous qui m'avez enlacé
Dans votre folie à amasser,
Je vous rejette aujourd'hui
Sur l'autel de mon parvis.

Qu'importe la dernière nouveauté
Si votre coeur vient à dérater.
Pauvre débris d'humanité,
Tu ne cesses de m'attrister.


CULPABILITE

Recouvrer la conscience totale.
L'univers tout entier en soi
Chemine un long parcours vital
Pour être enfin sacré roi.

Celui qui se retient en elle
Comme un dieu, s'éveille
Dans un nouveau ciel
Où butinent les abeilles.

Faites des orgies en grand.
Ecartez vos jambes et laissez aller.
Pourquoi donc faire écran
Dans un monde dégringolé.

Légitime est le rejet
Si les partenaires sont en accord.
Mais, si l'un se sent grugé,
De sa bêtise, il s'honore.

Suivre la fouet des infidèles
Pour se jouer de l'amour
Comme on va à l'hôtel
Se proposer en labour.

Se fondre dans la masse
Pour devenir pareil à eux.
Effacer les vieilles traces
Pour revisiter le ciel bleu.

Hommes et femmes réunis
Confortent leurs essieux
De couples mal assortis
A la faveur de mets délicieux.




PRIERE

Les craquelées, gonflées aux hormones
Restent désespérément au coin.
Il souffle la lumière jaune
Dans les bottes de foin.

Le poète oublié devient cynique
Face à la société qu'il rejette.
Il entretient une panique
Qu'au fond, il regrette.

Briser la catapulte d'échange
Entre l'homme et sa dulcinée.
La tempête menace la grange,
Le visage de l'homme buriné.

L'individu est seul maître
De suivre sa destinée.
Regardez moi paître
Contre vous comme un aliéné.

La tolérance frise l'indifférence,
Le parler juste et de ne rien dire,
Il vaut mieux laisser courir
Qu'entrer en dissonance !

Risquer de perdre ses fans
Par des critiques acerbes.
Surtout garder sa gitane
Ou fumer son brin d'herbe.

Cheminement de rencontre
Inventé pour vous satisfaire.
Naturel, que Diantre !
Visage face contre terre,

Mains croisées dans le dos,
Relève ta tête bien haut
Porte les mains au ciel
Et formule ton appel.





PASSION SUBITE

Comme je n'ai pas grand talent,
Je suis d'accès facile
Tant aux petites gens
Qu'aux génies débiles.

Les cinq sens égarés,
Je passe au travers du subtil
Comme un chien d'arrêt
Se retirant du chenil.

Je moleste les plus doués
Qu'il me reste un inspir,
La voix presqu'enrouée,
La gorge de crépir.

Que leur reste-t-il d'humain
Pour parodier les vampires ?
Y-a-t'il de l'infra-humain
Dans la soif de l'expir ?

M'insurge contre l'art de séduire
Des porteuses de jupes échancrées
Dans le port de l'enduire
De sublimes suçons accélérés.

Que savent-elles de la passion
A comptabiliser les fréquents
Emois en chaudes frictions
De coeurs peu aimants.

Que cherchent-ils à savoir
Plutôt qu'à goûter en elle
Le jus du pressoir
Qui me dégouline de fiel.

Mari trompé et mielleux
Se charge de haine à l'infidèle
Au désespoir anguleux
De remonter ses bretelles.





COLLECTION

Toute une vie appartenue au même,
Lassitude de la non-réciprocité
Et l'impermanence des je t'aime
Servis à plus que satiété.

Dérisoire de n'avoir su
Au fil, trancher de sa blonde,
L'histoire d'amour décousue
De Léonard et sa Joconde.

Que de corps parfaits,
En production par clonage
De femmes contrefaits
D'hominidés en démarchage.

Fleuron des découpes sensuelles,
Qui sont les maris gâtés
De ces filles trop belles
Qui me font suinter ?

Je ne me veux esclave
D'un corps toujours identique.
Je me crois bien brave
De changer ma chronique.

Elles viendront à qui sait attendre
Ou provoquer de là, leur gêne.
De la graine, devoir prendre
A vous cacher ma bedaine.

Acoquiné de poupées Barbie
Au bras, sous les flash des reporters,
La joue portée au vif de rubis
En vapeur collée sur mes verres.

Courtisé par les journalistes,
Je jubile des femmes coincées
En forme viriles et machistes
Juste à peine défoncées.





PLAISIR SIMPLE

Pourquoi des revers durs
Construits en carapace ?
Ils portent des gravures
S'écaillant en surface.

Le couperet glisse dans l'air.
Il sonne creux dans l'esprit.
L'avenir se fait précaire
Pour ceux qui le croient écrit.

Que l'aile de la Colombe
S'étende de tout son long.
Qu'Il vienne en trombe
Chasser tous vos démons.

Elles ne sont plus innocentes
Car jeunes filles, elles ont fricotées
De rencontres incessantes
Par la découverte des bas-côtés.

Elles font comme si le normal
Etait de vivre accompagnées.
Elles confondent le banal
De ma réalité désignée.

L'expérience grandiloquente
De vos sérénades endiablées
Aux belles croquantes
Devant mon coeur, se voient criblées.

Combien de mon âge encore pures
Se promènent la tête haute,
Le ventre plat devant les roulures
Qui demandent qu'on les saute.

L'eau bénite vous brûle
Jusqu'à vos entrailles,
De briser l'opercule
De tout votre attirail.





BAPTEME DES EAUX

Elle génère son troupeau
Afin qu'il ne s'entre-tue pas.
Elle en arrache quelques copeaux
Pour en atténuer les dégâts.

Ils dansent pour s'y montrer.
Les yeux scrutant les infâmes recoins,
Dénicher la dernière entrée
Pour la prendre en coin.

Ils expliquent les multiples liaisons
Par la nature du karma interpersonnel ;
Echappatoire bien pratique à l'union
Qui ne conduit pas au septième ciel.

Se quittent-ils en bonne et nue forme
Ou se forgent-ils malgré eux
Des liens incompressibles et filandreux
Alors qu'au coin du feu, ils s'endorment.

L'instant présent paraît propice
Aux débordements de tous genres.
La récolte de nouveaux épices
S'élargit d'un éventail rare.

Puis, vient une existence laborieuse,
Répétant qu'ai-je fait au Seigneur
De façon si malencontreuse
Qu'il me piétine le coeur.

Tout se paye disait un ami.
Accumulez encore argent et prestige
Si cela vous chante, les insoumis,
La montagne de gravats s'érige !

Attendez surtout que le malheur vous retrouve,
Connaisseurs, possesseurs et violateurs.
Demandez alors que Dieu vous sauve,
Lavé des péchés à contre coeur !





SIX A CONFONDRE

Dans ce qu'ils nous disent,
Il n'y a que les résultats qui importent.
Si en promulguant des fadaises,
Ils n'en sauvent que trente,

Il ne leur sera pas retenu
D'avoir trompé leur monde
Pour les beaux yeux d'une élue
Que les basses strates dévergondent.

Les frères et les soeurs des monastères
Ne sauvent jamais plus qu'eux même.
Derrière leur Tour de Babel en prière,
Ils traînent tous leur flemme.

Les chrétiens se ferment les yeux.
Les bouddhistes se renferment sur eux.
Les chamans se prennent pour des dieux.
Les hindouistes rejettent le lépreux.

Les juifs se croient encore élus !
Les musulmanes jouent les ingénues
Pour des maris toujours en guerre
Au son de cloche du Caire.

Que de merveilles à partager
Entre les six splendeurs éternelles.
Les frontières grillagées
Regorgent encore de sentinelles !

Le chrétien s'enorgueillit
De son bon droit coutumier
A porter le treillis
Et jouer au limier.

Des six perles, le Renouveau
Se fera le plus beau joyau
Pour des siècles et des siècles
Enfin respectueux de vraies règles.





PIEGE A SOURIS

Le corbeau sera blanchi,
Le ciel jauni,
Les neiges noircies
Et vos plaies bleuies.

La chair boursouflée,
L'oeil enfoncé.
La mort insufflée
Dans les corps enlacés.

Ils n'oseront plus s'aimer.
Les déformations iront bon train.
Faudra bien vous conformer
Au matraquage des refrains.

L'Indien aura sa revanche.
Il verra le blanc à ses pieds
Comme un cake en tranche,
L'implorer de sa pitié.

Il recoudra les morceaux
Au nom de l'Ultime Vérité.
Il rassemblera les pourceaux
Pour les faire chuter.

Ca ne vous rappelle rien ?
Quel mégalo je fais !
S'il faut en croire l'Indien,
Il a retrouvé sa fée !

Le meilleur semble à sa portée :
L'initiation au Grand Mystère
Réservée à celui qui n'a pas chuté
Dans l'antre du cratère.

Mystère de l'Enfant Jésus
Réconcilié avec sa Mère.
Elle est revenue à son insu
Se coincer dans l'ornière.




DEFERLEMENT

Pourquoi vous embellir, jolies poupées ?
Comment le reste peut-il rivaliser ?
Laissez votre maquillage en paix
Avant qu'il ne vienne à vous user.

Sinon le masque sera permanent,
Les larmes creuseront des sillons
Plus profonds qu'émouvant.
Renforcez les contours aux crayons.

Ou sont Andromaque et Vénus ?
Les ersatz ne me suffisent plus.
Retour à l'originelle beauté antique,
Vrais canons de l'artistique.

Confondre évolution avec involution
Reste logique pour des fourvoyés.
Entre invasion et soumissions,
Les crues sont déployées.

Si on retire les musulmanes,
Les êtres développent une liberté
Expansive et nécessaire dont il émane
Des excès mal regrettés.

Le destin devient une affaire de chacun.
D'aucun n'aura à s'en plaindre
Que si tombent les embruns,
Viennent à vous rejoindre

Les regrets ou les remords.
Le monde, qu'il peut crouler
Sur les presque morts
Aux yeux débaroulés.



LES REGISSEURS

Vos autorités se refusent encore
A vous en montrer les rescapés.
Ils accumulent leurs trésors
Dans des caves bien gardées.

Juste vous maintenir dans l'ignorance
Préférant sourire que de nier,
Des épaves de la croyance
De leur vieux monde, prisonnier.

Conspiration des géants de la planète
Pour vous manipuler au possible.
Gratifier l'essence de l'anisette
Par des passages de la Bible !

Evadez-vous dans la boisson
Ou dans vos lointains ermitage.
A l'écoute du Walkman sous pression,
Vous brûlez trop vite les étages.

La fusée ira se scratcher
Avant d'entrer dans l'atmosphère.
On aura du mal à vous chercher
Dans les veines aquifères.

Si vous n'avez rien fait
Du temps où vous étiez vivant ;
De la liste, vous serez biffés
Par les Hauts du Hurlevent !

Trop d'appel d'en bas
Et si peu dans nos rangs !
On laisse couler au trépas
Le sang des innocents !

Du mal à s'y faire
Quand l'ici même est contaminé
Des effluves de l'Enfer
Se faufilent comme des graminées.





SURNUMERAIRE

J'ai dépassé les bornes.
Quelle joie de finir en martyr
Devant les porte-cornes
De ma propre satyre !

C'est l'histoire d'une basse-cour.
Les coqs tous de rouge vêtus.
Les poules sur le retour
Que sans pitié, l'on tue.

On remplaçait toujours les mortes.
Les coqs s'ennuyaient beaucoup.
Ils franchirent la porte.
On leur rompit le cou.

Cette allégorie est la vôtre.
La récolte portera ses fruits.
Tu sais comme disait l'autre,
Les carottes sont cuites.

-Ici Londres, les barons fous grognent
Pure folie te conduira, cher rustre
A l'envers puis à l'endroit de la trogne,
Emmailloté mon corps dans le lustre.

Demain, les corps en décharge.
Les ordures en place publique.
Le trône revenu aux barges
Triomphant de l'emblème phallique.

Les pensées m'encombrent les doigts.
Les braves les fourrent au caleçon.
Les prudes se logent en bas
Chez les dignitaires du Poisson.

Sexe qui se manie au crayon
Pour vous écrire en lettre d'or
Alors que retentissent les carillons
Votre venue dans l'âge d'or.




SCENARIO BANCAL

Assisté par quelque endroit
Au ministère de mes conquêtes,
J'abuse de mes droits
Pour qu'elles me fassent risette.

La courbette en option,
Je les gratifie d'une bonne note
Comme à la répétition
Si elles m'offrent leurs menottes.

Je m'indigne des violences
Que leur font subir les brutes
Sous alibi du port de l'alliance
Creusée en rondelle de flûte.

Le vent souffle par les oreilles,
Par des griffures de chatte,
Le dos rond, son râle m'effraye,
Ses orbites jettent des reflets d'agate.

L'observe en chien de faïence
Pour finir en mort subite.
Profitant de ma négligence,
Elle prit la fuite.

Je cours à la chambre
Voir si elle fait galipette
Sous les draps sombres
En attente de la sucette.

Pauvre nature offusquée,
Réfugiée dans les pelotes,
Reste bien embusquée
Par crainte de la carotte.

J'ai quelques courses qui me pressent.
Pendant qu'elle me crapahute
De caresses sur la grosse caisse,
Voici que sonne la chute !





JEU DANGEREUX

Poète des plus roublard
Poursuis un chemin vertueux
Sur le grand boulevard
Aux rites tortueux.

Il songe qu'à cet instant,
Il est ridicule de vouloir
Trouver un sens aux vivants
Si l'on reste à l'isoloir.

Que faire? Errer dans la nuit ?
Suivre la parcours itinérant ?
Provoquer le geste gratuit
Quand plonge le cormoran.

Facile de critiquer les hommes
Quand on est exclu du programme.
Il ne viendra de l'aide
Qu'à ceux qui en font la demande.

Nourrissez-vous le chien en coin ?
Craignez-vous qu'il vous morde ?
Au prix où sont les soins,
Il vaut bien mieux la lui tordre.

Demain, il ne se réveillera pas.
Il ne voulait pas qu'on sache
L'histoire de son canevas.
Trop fier mais trop lâche.

Tous ces jeunes qui en finissent
Dans l'ignorance absolue.
Les ratés de la belle génisse
S'arrachent les manteaux de la berlue.

Fidèle à sa marche triomphale,
Le poète enfin reconnu
Est éliminé par les morfales
Du vieux monde des prévenus.





A FORCE DE SE TAIRE

Esclave d'une société qui avance
Comme au pas de charge.
Vaste concupiscence
Mis au banc de la marge.

Quand j'aurais ma maison,
Ma résidence secondaire,
Un yacht et un avion
Privé, des propriétés immobilières,

Alors je ferais un don
Aux gens qui souffrent,
Les expropriés du pardon
Que j'ai portés au gouffre.

Souvenez-vous des célébrités
Prônant le marxisme-léninisme.
Chanteurs et écrivains excités,
Adepte aujourd'hui du nombrilisme.

Quand on prend part à la possession
Des êtres et des choses, on meurt
Jusque dans ses premières convictions,
Rétractant la fibre du coeur.

Voici les héros de la nouvelle génération :
Des êtres faibles et fourbes
Qui entassent les fruits de la passion
Sous de délicieuses courbes.

Grandeur du capitalisme,
L'homme veut sa récompense.
Il requiert le terrorisme
De l'argent en souffrance.

Collectionneurs de tout poil,
Votre passion est par trop futile.
Encore un moyen du squale
Pour aider au sénile.





COMEDIE

Aide au mendiant,
Danse de la charogne
Et les nouveaux étudiants
Se moquent de l'ivrogne.

Ils suivent les lignes
Pour coller au modèle.
Ils nourrissent la vigne
Pour finir en elle.

Une pierre dans le coeur,
Des graviers dans les artères.
La blessure de ma fureur
Me donne un air austère.

Pressés au charbon,
Ils prélèvent le précieux nectar.
Tiennent le pompon
Du haut de leur auditoire.

Des singes à peine éduqués
Desquels on tire le portrait,
Le nez bien trop briqué
Derrière la surface vitrée.

On l'expose en vitrine
Sur la colline des ancêtres.
Le blanc à la carabine
S'ordonne comme contremaître.

Flanqué d'un peuple aveugle,
Il choisit ses têtes de turc,
Modifie les règles
Et tend le fil de l'arc.

Glissade sur le verre brisé,
Echancrure des lèvres blanches.
Etouffer le feu attisé
Aux craquements sourds des branches.





DIGNE ECUYER

Pour mener à bien mon affaire,
J'ai du tout reprendre à zéro
Comme un singe en hiver,
Tenir la cape du héros.

Brouillé ses yeux en salade,
Fricassé sa chair tendre et rosée
Et lui servir de la pommade
Si elle accepte de se poser.

Légère onde qui se propage
Réveille mes sens endormis.
Douce ondine qui me ravage
De sa flamme affermie.

Noyé dans les gens et les biens,
Le cumul les rend croissantes.
Les légions des temps anciens
Se montrent encore plus puissantes.

Chamboulement de l'universalité
Par la retenue de la consommation.
Porte parole de la finalité
A vos moeurs et traditions.

Les moines se sont exclus
Pour continuer à lutter.
Les démons se sont inclus
Sans même besoin de recruter.

La qualité du son s'attache
A la queue du Diable.
Ils conservent la tâche
De l'organe coupable.

Son troupeau de bouc est employé
De choses inutiles dont le monde regorge.
Leurs souvenirs seront broyés
Sur l'autel flammigène de la forge.





PEUR DE SE SALIR

Elles sont parties car je les tâchais
De la pureté qui m'est propre.
Je n'ai, moi, jamais triché.
C'est vous qui avez jeté l'opprobre

Sur le blanc de ma personne.
Si le noir vient à me recouvrir,
Je gerberais sur la matrone
Dans la crainte de me flétrir.

Ses mains bourbeuses
Recevront le calice.
Les gerbes juteuses
Me conduiront au supplice.

Elle tournera vers le bas
Le robinet de l'épée flammigène
M'enfonçant dans les contrebas
Du sulfure de la zone érogène.

L'envol vers la décrépitude.
Le sursaut de la délivrance
Pour lui montrer ma gratitude
Mettra fin à mon errance.

Pareil à vous, j'aurais été vaincu
Sur le champs de bataille alchimique.
J'aurais bu à la ciguë
L'opprobre de l'onirique.

Que de perles données aux pourceaux.
L'acte dans le consommé décrit
Les dangers du trousseau
Porté en bain-marie.


LA VIE

Les boutiques s'étioleront,
Le marché s'effondrera.
Les cons voleront,
Le feu s'éteindra.

Les enfants dormiront.
Il l'apprendra.
Demain, ils s'en iront
La seringue au bras.

Espoir en carton.
Le bout du tunnel.
Germe des fleurons
En visiteur de bordel.

Copeaux de bois
En revers de médaille.
Fourre les doigts
Dans son entaille.

Café instantané
Huit, dix fois le jour.
Voiture à l'année,
Passer un bon séjour

A la mer des ravages
Des sarcasmes d'hiver
Ou chez les sauvages
Habillés en col vert.

Absurde quête à mourir,
Bouffé par les mouches
Et les vers du pourrir
En bas instincts de couche.

L'ennui, son fer de lance.
Torpeur de solitude
Sur plateau en balance
De contre poids aux habitudes.




BOUCHON GRINCHEUX

Le jeune déserte la promiscuité
Des corps entremêlés et des mains sales.
Il s'applique à sa cité
De recouvrir l'origine du mâle.

Le temps le pousse au retranchement
Des barricades de la honte.
Il dissimule le fin saignement
De sa cicatrice outrageante.

Superpose les images défoncées,
Conforte la muraille de Chine
Devant le mur dénoncé
Et vendu en lutte intestine.

Indigné de sa perte symbolique,
Il se désagrège à l'ombre des vivants
Des crises de la colchique
Pour moins souffrir qu'au paravent.

Amère, cynique et froid,
Il mutile l'homme de son contexte.
Primaire et ironique à la fois,
Il cherche à coller au texte.

Quand la masse se noie avec,
Le résidu suit au goulot.
La fille se colle au mec
Et s'agite à son grelot.

Geste disgracieux en porte-scène
Qu'ils reproduisent ici et là
Au yeux des gens de l'arène
Qui se reconnaissent en cela.

Le roi et la reine se dévergondent
Pour rallier au canevas leurs fidèles.
Je voudrais entrer à la ronde,
Mais, je suis de la race des infidèles.





LE GRAND ARCANE

La fête se complaît en débordement.
Pile de Compact Disc étalée sur le sol.
Comble absolu du défoulement,
Je succède aux nuits folles.

Elle s'ennuie du métal rutilant,
Des liasses de billets, de l'odeur des rues,
De l'univers des idéaux branlants
Sur le tire-fesses de la charrue.

Lacérer l'esprit par l'absurde de la chair
Pour une union vertueuse et nouvelle,
Les jambes et le ventre à l'équerre,
Les prières au centre des voyelles.

La magie du sexe enfin réconcilié
Des partenaires du jeu de l'Amour
Et des vieux préceptes oubliés
S'unissent dans le pourtour.

Rétention du germe divin
Qui fleurit dans sa montée
A la formation d'un chérubin
Aux milles pétales éclatées.

Si je rayonne de pureté,
C'est par cause de l'inconsommé.
Les graves ébats regrettés
Qu'il vient à point nommer.

Que mes plumes serpentines
Soient à l'image de l'Esprit Saint,
Le sacrement de l'ère divine
Derrière les voiles de satin.

Que l'émanation des Gentils
Se réveillent après l'agonie.
Que les folles brebis
Boivent au vin béni.





PAYER APRES EUX

Le capital dévie au marxisme
Pour consoler l'individu.
La cravate du nationalisme
Impose la corde au pendu.

L'identité de la populace
Se greffe au sol, à l'ethnie,
Aux religions et à l'espace
Vital au prix des bannis.

La culture se voit perdue
Pour que l'humanité se crée.
La langue menace l'individu
De le conserver au frais.

Le riche dissémine son bien
Afin que le pauvre l'épargne.
Les barons du monde ancien
Crachent et crèvent de hargne.

Ils nous laissent en déconfiture
Epuisés de nos ressources.
Ils nous acculent à la torture
En nous comprimant les bourses.

Ils ont ruiné les espoirs.
Ils s'en vont la main basse,
Penauds devant l'écritoire
Des gens d'en face.

Cravate coulée au cou
Et ceinturée dans le dos,
Je m'exile un sou
A lui faire cadeau.

Lèvres pendues à la fille,
Je m'exhibe comme vermine
Au soleil brille
D'une lueur maligne.





L'HISTOIRE RETABLIE

La lointaine Thulé en banquise,
La mystérieuse Lémurie et ses statues,
L'empire atlante qui agonise,
Le peuple élu qui s'institue.

La marche entre les eaux.
Les déluges de feu sur la vermine.
La marche sur l'eau
Du calvaire à l'ascension divine.

Tous les âges immémoriaux
Visionnés et servis aux incrédules.
L'épopée glorieuse du héros,
Les transports par bulle.

Les caves où tout est entreposé,
Les centres de voyages astraux.
Des créatures à vous donner la nausée,
La venue des navires intersidéraux.

Les stars qui tombent des nues.
La crise des jeux vidéos
Devant la fascination pour les nouveaux venus
Et la ruée au nez des Cyrano.

Le scientifique désavoué
Qui se lamente en chambre.
Le ventre creux et noué
Avec l'esprit bien sombre.

Délaissé dans sa chaumière
Pour motifs d'apprentissage inadéquats,
Il se brûle à la lumière
Pour cause de gros tracas.

Encore faudra-t-il
Ne pas s'en divertir !
Laisser de côté le futile
Pour ne pas se rôtir !





POUR LA PATRIE !

Moutons de panurge
Fourgués comme à l'abattoir
Pour l'ultime purge
Qui nous mènera à la victoire.

Faut-il encore déterminer
Les êtres à supprimer !
Mieux vaut-il désigner
Une autre race à décimer

Avant qu'ils nous traitent de racistes !
On va taper chez les vieux inutiles,
Sur les jeunes hors-piste
Et les affreux aux mains d'argile.

Travail forcé pour les valides.
Douches pour les éclopés.
Odeur de chair fétide.
Porteur de la couronne usurpée,

L'Indien opine du chef
Devant les allégations obligent
Des plumes serpentines en grief
Desquelles il brûle les vestiges.

Qu'allez-vous donc imaginer
Que je suis si ce n'est
Une imposture déclarée
Qui vous veut éclairés

De ma torche vivante.
Solution à l'emporte pièce
Devant mes servantes
Qui me traînent en laisse

A leurs jeux interdits.
Je poursuis en vain
Ma quête d'Alexandrie
Que j'aime sans fin.





BATTAGE INUTILE

Indien à la peau blanche,
Traître à ma couleur de chair,
Que je fus Sioux plus que Comanche,
Je leur ferais payer cher.

Reconnaissez la confusion
De votre passé antérieur.
Oser lever l'invasion
De vos cousins pilleurs !

Génocide des peuples indiens,
Etouffés dans la nacelle,
Parqués pire que des chiens
En haut des citadelles.

Alors, on va s'entre-tuer longtemps !
Le va et vient est brutal
Entre le pardon et Satan
Qui m'incombe un rôle fatal.

Comment réunir un peuple disparate
Avec ma couleur blanc de lait !
Bien qu'opposé à la chemise-cravate
Et honorable, je me ferais siffler.

Nos cultures étaient plus saines.
Notre vie saluait la nature.
Nos coutumes bien que draconiennes,
Ne mettaient pas en péril notre futur.

Vous nous avez évangélisé
Puis volé la terre de nos ancêtres,
Eparpillé aux alizés
Victimes du salpêtre.

Vivons dans l'harmonie
Et dans la conscience du partage
Et de l'amour infini
Pour celui qui n'a pas d'âge.





NENUPHAR EN FLEUR

Comment peut-on naître Indien
Et renier le cercle des anciens ?
Empêcher Petite Source et Cheval Fougueux
De rejoindre la civilisation des gueux !

Chapeau en carton et duel de cirque,
Les blancs ne sont pas valeureux.
Ils trempent dans l'univers lubrique
Des envies et désirs sulfureux.

Il est des époques où les Vestales
Initiaient les jeunes au grand Arcane.
Aujourd'hui, en tenue de carnaval,
Elles nous offrent la manne

Quelque peu altérée au fil des âges.
Je vous renvoie une image
De cérémonie amoureuse
Sur les marches rugueuses.

Le petit homme sur le dos
Qui monte à l'échelle de Jacob.
L'étrange homélie des rideaux,
Des sylphes et des nymphes du Danube.

Comme ils criaient au scandale,
D'autres se défoulent sur elles
Sous prétexte de garder les sandales
Aux pieds contrits des infidèles.

J'enfourchais la jument
Et finis ma vie avec.
Ma Cheyenne eut des amants,
Rien que de jeunes blanc-bec.

Le clair de sa peau,
Le nacre de ma perle,
Le baiser du crapaud
Sur sa nuque frêle.





ROUTE MAUVAISE

Le capital survit
Car il est fait de faibles.
Le meurtre assouvit
La rogne des incapables.

Ils ont ruinés les réserves,
Les entrepôts des bourses
Qu'inconscients, ils desservent
De la grande Source.

La colombe se tord le cou
Et plonge dans les égouts.
Elle boit dans la fange
Pendant qu'ils se vidangent.

Quand elle se débat,
Il faut l'orienter en haut
Car si elle choisit le bas,
Ils perdent le haut

Du pavé glissant.
La voiture folle le percute,
Il perd son sang.
Elle raffole de l'exécute.

Si vous le gardez au chaud,
Les vers vous le boufferont.
La tête mortuaire du corbeau
Vous fera baisser le front.

Le capital bien que fragile
Entrecroise les maillons nouveaux
D'une architecture subtile
Qui amoncelle les rivaux.

Répandre bien partout
Pour ne pas laisser à réfléchir.
Faire oublier surtout
A vous laisser infléchir.




ET PLUS ENCORE POUR L'EDITEUR

Profiter du tumulte
Pour m'en remplir les poches
Et répondre aux insultes
En faisant mes valoches.

Il était fils de l'Amour,
Voici venu celui de la Lumière,
Le chant du troubadour
A moins qu'il soit trou vert.

Cent mille exemplaires vendus
Rapportent un million de francs
A l'auteur de son dû
Si l'ouvrage en vaut cent.

La fortune ! la grande vie !
A vous, je la dois
Mes bienfaiteurs, mes chers amis,
Vous faites ma joie.

Alexandra sera charmée
D'une maison de porcelaine,
De beaux gars bien armés
pour l'escorter à Varennes.

Aïe, alors personne n'en veut !
Personne ne croit à l'imbroglio.
Oh, malheur à vous, Morbleu !
Vous irez rôtir à Rio.

Ma tête, ô ma tête, ô,
Rends la moi, bourreau.
Je ne peux paraître
Devant mon maître

Ainsi paré sans tête.
Il va me rire au nez.
Je demanderais à la bête
Si je puis la piner.

 
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