PERLES QUI SE PERDENT
On imagine tant de choses.
Ces gamines qui se piquent,
Tiennent d'obscènes poses,
Avec les hommes forniquent.
Déchirez les pétales de roses
Tant qu'elles fleurissent encore !
Le sang réclamant sa dose
Pour en visiter les bords.
Fange de l'humanité,
Lunettes cendrées sur le désespoir.
Les yeux éclatés
Dans la noirceur du soir.
Les rêves en couleurs
Qui trahissent ton ennui.
Les brimades du coeur
Qui chavirent dans la nuit.
Le réveil, quête perpétuelle.
Le matin, oh, doux calvaire.
Errance dans la ruelle
A la recherche d'effets pervers.
Dérivatif à une survie maligne
Qui n'est qu'un leurre.
La démarche indigne
Pour des crève-coeur.
L'ignominie tant redoutée
Se greffe sur les pavés.
Trois déchéance à l'unité,
Délinquance pour s'en trouver.
Condamné à périr à rebours,
Génération sacrifiée dans les bas
fonds.
Dans une Europe aux mille carrefours
Où gamines puisent au plus profond.
LE FOUET DES INFIDELES
Tant de femmes délaissées
Aux courbes fatales qui s'estompent.
Le mari trop pressé
Qui déjà la trompe
Pour quelque jeune et belle
Qui croise sa route solitaire.
De son alliance temporelle,
Son corps en jachère,
Elle jongle entre les amants
Qui se bousculent à sa porte
Comme pour se dire intimement
Qu'elle n'est pas encore morte.
Ménage brisé sous la pluie.
Enfants partagés, été, hiver.
Dans le silence et les bruits,
Tout seul en enfer.
Pour quelque plaisir charnel
Qui n'est qu'un trompe l'oeil
Pour les hordes d'infidèles
En terre d'accueil.
Le faste de la découverte effacée,
Servir un sentiment vide,
La marque des divorcés,
Les corps toujours plus avides.
Nostalgie de l'union féconde,
Le sens qui me perverti.
Un Thierry la Fronde
Dans un champ d'orties.
MOI DE MEME
Guettant un geste de Dame Fée,
J'observe les meubles impassibles
Dans un monde si parfait
Qu'il en devient risible.
Mais vont-ils se taire enfin !
Ou devrais-je les égorger ?
Que de propos vains
Dans l'assemblée ravagée !
Si seulement je savais
Pourquoi je suis venu !
Si seulement je pouvais
Avant que l'amour me tue !
Elles paraissent si solides
Derrière leur faux semblants.
Faut-il qu'elles soient frigides
Pour ne pas succomber à mes élans ?
Dans les affres de la plastique,
Elles se disent intouchables,
De leur forteresse de brique
Comme de château de sable.
La beauté qui égare
Le marin entre ses côtes escarpées,
La voir qui se démène sous mon regard
Comme une sirène frappée.
Cette chair si fragile,
Sans âme qui s'abandonne
Sur les fanges habiles
Où le tonnerre résonne.
Les amis loin du coeur,
Les foudres du matraquage
Dans ces temps de rigueur
Qui me font roi mage.
NULLE PART AILLEURS
Dieu, source ultime
Du poète qui se cherche,
Toujours se brime
Du fond de sa calèche.
Les paysages qui défilent
Devant mes yeux livides
Toujours en exil
Comme un apatride.
Les gens qui changent,
Se dressent sur le chemin.
Cette nuit dans une grange
Le temps que monte le levain !
Dans les terres froides
Où liberté émerge
Au prix de croisades
Au sein de jeunes filles vierges.
Dans les terres desséchées
Où famine condamne
Famille à marcher
Comme peuple tzigane.
Dans les terres sacrées,
Précieuses ondines
Gravent à la craie
Entre latrines et ravines.
Ces règnes foisonnent
Au travers des siècles révolus
Qui dans les mémoires sonnent
De trésors suspendus.
Découvrir dans l'écorce de l'arbre
La caverne qui mène à l'autre monde
Où nul ne brandit son sabre.
Lutins vous invitent à la ronde.
OBJET DE CULTE
Ebranler cette beauté farouche
Qui me fait dresser les cheveux au ciel
Comme anguille sous roche
Entre fanfreluches et bielles.
Démasquer le bon du beau.
Ne pas refuser de voir le laid.
Même si la couleur des peaux
Fonce le clair du lait,
De l'indigène asservi,
Jaune toujours plus débridé,
Comme de vrais zombies
A la solde du blanc lardé.
J'invoque les hordes de l'enfer,
Les cohortes sublimes du ciel
Pour qu'un brasier de chair
En vos coeurs se martèle.
J'accuse le monde à sa perte,
Les filles trop belles qui viennent
Se porter aux lèvres vertes,
Chaudes comme des chiennes.
Amour chargé de haine
Qui bave comme de fiel
Contre jambes longues et fines
Aux contours si cruels.
Crachoir de bêtes fauves,
Urinoirs de marins dragueurs,
Persécuteur des alcôves
Qui précipite son rôle par coeur.
Epaule démise par force
Pour arracher ma main de ta peau
Comme un brise glace
Pris dans les eaux.
Y EN A MARRE
Ils ont tué ses fils.
Ils lui ont pris sa terre,
Ses filles violées à la peau lisse
De sa femme à la Divine Mère.
Deux cents ans qu'il erre ainsi
Et toujours, il se marre.
Il est encore assis
Comme un grand phare
Qui les soirs sans lune
Fait tourner les étoiles
Comme mille petite lunes
Qui en soulèvent le voile.
Il reste sur son rocher
Au milieu du désert
S'en allant prêcher
Pour délier ses fers.
Comme sur une île
Perdue en mer,
Il cherche asile
Au sein de sa Mère,
Qui pleure sur les hommes
Comme une femme abandonnée
Qui ravage la cité du Shallom
Des gens trop fortunés.
La peur s'abat sur l'animal
Qui vit près des berges.
Ils viendront, les vandales
Violer nos Vierges.
Et l'Indien se marre
Du blanc et du noir.
Il fume son long cigare
Sous le pleuvoir.
CONCERT BAROQUE
Le monde a assez souffert.
Le grandiose du cirque bariolé
Sur les rails du chemin de fer
Lui aussi, s'en est allé.
Les poètes viennent en masse
Des horizons bas et frontal
Aux propos salaces
Pour cacher leur mal.
De chanteur sans voix
Débardé de musiciens et danseurs,
Autant de briquets de noix
D'une hystérie de grandeur.
Ma trame naîtra de vous,
Marrée de mains flasques
Qui plantent des clous
Dans la folle bourrasque
Qu'il déchaîne de ses fans
Dans le delirium des adolescentes
Aux coeurs de liane
Qui s'entremêle de fiente.
Fragiles bébés bonheur,
Elles vivent d'un espoir
De si peu de valeur
Pour un faire valoir.
Sur les planches, Yann
Fera éclater le parterre de bois
Comme un mythomane
Sans porte voix.
Paroles qu'il déblatère
Et qui trouvent écho
Sous les chemisiers clairs
De coeurs trop gros.
ONCE DE PLAISIR
Ils prennent la forme d'oiseaux
En vue de tête chercheuse
Pour éveiller les oripeaux
Devant les abeilles tueuses.
Elles butinent le coeur des amants
Pour séparer le fiel du sang.
La bête se fait chair
En Immonde prostituée du Caire.
Louvre aux faces cendrées
Comme réceptacle aux bords lustrés.
Louves aux mamelles généreuses,
De petits humains aux joues creuses;
Ce n'en sont plus,
Objet du système,
Elles viennent à la rue
Se rincer à l'excédent de crème.
Un oeil tiré vers le passé,
L'autre perdu dans un univers tracé
Comme une esquisse de paysage
Sans ciel, ni plage.
Cages à lapins décérébrés
Qui abritent les somptueuses,
Dos trop cambré
Comme de vertueuses.
Un physique tapageur,
Une âme des plus conciliantes
Qui accumule rancoeur
Aux hommes de la gent.
Les entrailles vermifugées,
La peau barbouillée,
Elles se font engrangées
Au moindre billet.
REMPART DE SOLITUDE
Les fils du baron de lumière
Se promènent parmi nous.
Réfugiez vos âmes au cimetière,
Enterrez vos morts debout,
Alignés en rangs serrés
Comme les statues des pascuans
Qui se réveillent des trachées
Mus par l'obscure Léviathan.
Vaisseaux aux frontières du réel
Obscurcissent jusqu'au ciel.
Les monstres se mettent en branle,
Défont les cités des vandales.
Celui qui se croyait élu
Est mis en déroute.
L'autre qu'on disait perdu
A fini aussitôt sa route.
Cette voie soi-disant périlleuse,
Cette main qui refuse de bouger
Pour lui souffler Ma Merveilleuse
Au creux de son oreille dégagée.
On les croit gentilshommes,
Avenants et bien intentionnés,
Une carrure briquée de chrome,
Les mains entre fleurs fanées !
Crème de jouvencelle
Qui cède à la brillance duquel
Minois débridé de fard
Me comble le regard.
Jetées en fourrés épineux,
Parcourus de sillons et crevasses,
Ils se montrent comme oublieux
Dans quelque hôtel de passe.
CUL SUR SA CHAISE
Ethnies qui refont surface
Aux racines préservées
D'une haine de race,
De sang mêlé, de doigts levés.
Ceux qu'on croyait disparus
Développant les même thèses.
Ces images de gens nus,
Persécuteurs aux yeux de braises.
Les fours sont reconstruits.
L'élimination est de rigueur.
D'hier et d'aujourd'hui,
Les familles accumulent rancoeur.
L'homme bien pensant s'indigne
Avec sa mauvaise foi coutumière.
Même si parfois, ses yeux clignent,
Il se tâte le derrière.
Les peuples réunis se disloquent
Dans la tourmente de liberté.
Nationalité en loque,
Génération bâtarde plantée,
Rejetée par les uns,
Démise par les vieux.
La longue marche des défunts
Frappe l'esprit de Dieu.
Que d'enfants sacrifiés
Pour l'hégémonie de vieux fous.
Chair fraîche ou avariée,
Vous en reprendrez bien un bout !
La famine qu'on entretient
Comme référence à de plus démunis.
Le non-respect des anciens
Qui nous ont donné la vie.
EPOUVANTAIL DE BROC
Cette fausse bonhomie des filles,
Bruyantes et porteuses de ragots.
Elles portent colliers aux chevilles
Avec aux becs des mégots.
Mémoire dépassée,
Aigreur de solitude
Qui ronge un passé
De mauvaises attitudes.
Nostalgie d'un été brûlant
Qui palpite dans les sens.
Deux mille ans
Que tu fais silence.
Dieu te disait tout
Pour traire au sein de ta lady,
De peu ou prou,
Ces mots que jamais l'on ne dit,
Je ne vous en souffle
Que pour mieux vous tromper :
Hommes de paille qui renflent
Ladies jonchées sur le parapet.
D'exil froid au complexe
Tendancieux de convoitise,
Briser ce réflexe
De carton-pâte qui m'égrise.
Chemin de boue séchée
Se craquelle de vomi
Au dôme de l'évécher
De landes reverdies
Aux jaunes des foins
De barbes fleuries,
De sourires en coin
Aux bigots instruits.
COLLIERS SERTIS DE PERLES
Ils volent les subventions
Vivant de leurs bénéfices.
Ils craignent une récession
Sans faire de sacrifice.
Biens accumulés
En villas de prestige,
Se disent acculés,
Sujets aux vertige
Au sommet de l'infortune.
Jeux de fric sale
Dont ils sortent indemnes
Comme de morfales
Décimant des plus petits qu'eux,
Suicide reporté à demain,
Geste malencontreux
Dont ils se lavent les mains
De sang qui éclabousse
Leur parterre de marbre,
Dernière secousse
De l'homme sombre.
Standing de classe,
Gamines en bord de plage.
Yacht de passe
En orgies de partage.
Vieux messieurs guillerets
Qu'elles haïssent sur le pont,
Les doigts dans l'ivraie
Commettent faux bonds
De rouages trompeurs
S'encrassent de services
Aux doux protecteurs
De plantureuses génisses.
RIRE DU MAITRE
Thérapie de groupe
Et autres sornettes,
Le vent en poupe,
Ils sucrent nos fillettes.
Institution étatique
Trop souvent permissive,
Histoire de fric
Ou de jambes lascives.
Fondateur à la noix
Qui s'engraisse dans leur dos.
Témoins de choix
Dans la morsure des crocs.
Adepte de l'inconnaissable
Alimenté en faux miracle,
Pactise avec le Diable
Sous couvert de ses pentacles.
Il sensibilise le jeune éperdu
A son éternel carcan.
Idées forgées à mains nues
Dans l'esprit de délinquants.
Dans la multitude partagée,
Il a ses partisans.
Sous la loi ombragée,
Il dit purifier le sang.
Ils honorent un dieu de guerre,
Satan en place forte
Derrière les stèles de pierre
Dirige vers toi ses cohortes.
Même sous un faux registre de l'Amour,
Il trompe son monde d'halluciné
Les conduisant aux fours
Partager le sort des damnés.
PERLES QUI SE JETTENT
Lutte au coup par coup,
Ton uniforme corrompu,
Payé par les barons fous.
Devise : vider les accus.
Coin des fumeurs en boîte de strip,
Ils occupent le terrain vague
Avec le mal aux tripes,
S'arrogent une dernière blague
Comme un baiser de mort.
Toi qui ne jure qu'en Baudelaire,
Si tu répond au son du cor :
Un trip de jambes en l'air,
Aujourd'hui, plane l'oiseau
Dans la vallée morbide.
Demain, pleure le vermisseau
Bien trop candide.
Buse, déploie tes ailes
Avant qu'on ne t'en sépare.
Lâche ta vieille opinelle
Et change de gare.
Passe de mode, de branché
Aux mines déconfites de trahison
Creuse sa tranchée
Dans les caves et sous les ponts.
Bunker en abris de guerre,
Tu perfuses en terre ravagée
Entre mines et bombes incendiaires
Qui rendent ton coeur léger.
Petits soubresauts...
Tu savais bien
Qu'il y en aurait trop
... et plus rien.
METRO, BOULOT, DODO
Tir au flanc au prix de rabais,
Dose frelatée pour allonger
La corde au gibet
De rognures d'ongles rongés.
Corps étendu et glacé
Après une agonie silencieuse,
Le coma du défoncé,
La seringue insidieuse.
Affiche placardée dans les métros,
Lynchage des gens de la morale.
Jeune fille sur le carreau
Dans l'antre de la mygale,
Tisse la toile de perles
De la rosée des paladins
Trompé de siècle
A cette funeste fin.
Boulot de semeur en vaine ;
Pâle et livide minois,
Sur les pavés traînent
Les éternels rois.
Oh, tu peux te vanter
Du bonheur assouvi.
Le souffre des édentés
A jamais te ravit.
Le niais débonnaire
Ignore ce qu'il en est.
Le parfait ordinaire
Renie ses trois plaies.
Que ne faut-il
Pour en faire partie ?
Les enfants des îles
Ont tous péri !
PERLES D'ORIENT
Sensuelle à fleur de peau
Sans être la plus belle,
Elle a le charme nouveau
Du ministère intemporel.
Grande prêtresse,
Active les consciences décadentes
De Sirius à Antarés,
Ses flammes ardentes
Déchirent la robe des stratus
Comme des coeurs de porcelaine
Sur les bords de l' Indus
Au luxe de Baden-Baden.
Au delà de la forme,
Il y a l'individu péremptoire
Dans l'oeil du maelström
Enfoncé le suppositoire.
Brebis galeuses effarouchées
Par la dame aux entrechats,
La robe détroussée
Dans le jus des crachats.
Déshonoré du sang des rois,
Bleu de gris et blanc cassé
De la bonne marche des lois
A la grande odyssée.
Lapider les infidèles,
Tripoteurs aux bras long
Dans la fine dentelle
Aux gardes du peloton.
Les membres coupés,
Mis au banc de la société.
Les vêtements détrempés
Devant tes yeux exorbités.
AGONISE, HUMANITE
Fument, boivent, les inspirés ;
Célébrer un autre dieu.
Il porte mille visages de grès
Sous d'autres cieux.
Draguent, violentent, les artistes ;
Objets de culte dépassés.
Rouleaux à prières et chapelets tristes,
Les dessous rapiécés.
Démontent et trahissent, les disciples ;
Nouvelle école, nouveaux maîtres
Sous des auspices terribles,
Ils faussent leur paraître.
Se dégoûte, le mauvais poète
De puiser nulle part,
Quand soir de fête,
Il dépose son regard.
S'insurgent, les politiques
En manque de fadaise
Pour séduire un public,
Regorgent de braises.
Grandissent, les petites filles
En objet de martyr
Aux pères de bonne famille,
Elles se font grossir.
Pleurnichent, les femmes
Qui voient leur mari partir
Sous les conseils de Sodome
Qui les veut trahir.
Elles sont passées de mises,
En reviennent des belles promesses
Jamais tenues et mille fois prises
Aux matins qui blessent.
LE MAL BAISE
Eux n'ont pas de complexes
Quand ils en abordent une.
Ils lui parlent sexe
Comme d'autres, lune.
Cela fini dans la frénésie,
Partage tu toucher pour voir
Si l'on s'apprécie
Sans jeter son crachoir.
Presser de bouffer la vie,
Ils n'ont plus le temps
De pleurer par dépit
Par moments de grand vent.
Comme désabusés, il me semblent,
Ils collectionnent les aventures.
Dans ces temps troubles,
Il y a trop de fritures.
Les corps s'électrisent,
Les coeurs s'épuisent.
C'est l'individu qui choisit
Ce dont il a envie.
Les barrières sont tombées.
Dieu, je dois vous le dire
S'est retiré du champ de blé.
Condamnés à périr.
Oiseau de mauvais augure,
Je suis le premier de la liste.
Sans doute, la plus belle ordure
Même s'il se dit artiste.
Contrôle de vous même
Qui vous fait défaut.
Les gens qui s'aiment
Jusqu'à l'échafaud.
COCKTAIL DE FEMMES
S'ils me ressemblaient,
Elles fermeraient boutiques.
Les économies criblées
A cause de membres obliques.
Collection de printemps,
Elles ne font que la gigue.
Fausse rage de dents
Tout au long de l'intrigue.
Elles se donnent au créateur
Une envergure de pitre
S'agrippant comme de tuteur
Aux verres de leur vitre.
Nobles catins en fille de trait,
Pur produit de la libre entreprise
Des ports en Erythrée
A votre bouche cerise,
Je n'ose me plaindre
De belles soies frangées de dentelles,
De rouges façades à peindre
Entre dorures et flanelles.
Femmes aux masculines controverses
qui montent à la parade
Entre gouttes de pluie averse
Aux mille reflets de jade.
Elles ont de l'homme la démarche,
De la femme, un large bassin,
Maya coupée des attaches,
Je refuse de boire à ton sein.
Ils ont échafaudé ce plan
Mais je l'ai tant courbé
Que la vague de l'océan
Est venue les emporter.
NE PAS AIMER
A vous dégoûter du sexe intime
Juste par votre infidélité conjugale,
Je me tiens en grande estime
En dehors du champs des cigales.
Saint de mon corps affecté
Par une grande misère morale.
Coeur débité, conscience disjonctée
Par vos incessantes fringales.
Non pitié, pas devenir comme vous.
Monstres ignobles, bête de sexe
Le doigt logé en dessous,
Folâtrer au vieux réflexe.
Ruse des fourvoyeurs en quête,
Ils jouent les indifférents
Pour qu'elles s'y prêtent
Plus volontairement.
Convoiter le mâle inaccessible,
Celui qui se refuse à se donner
A des formes répréhensibles
Sur une banquette égrenée.
Puritain qui s'insurge en branle
De la montée des chevilles aux cuisses
Dans les couches infernales
Du tafia des filles que je lisse.
Elles sauront vous mener
Plus habilement encore.
Vous pouvez les traîner
A salir votre corps
Mais sans lui dire je t'aime
Sinon elle a partie gagnée
Et comme à moi-même,
Elle viendra vous saigner.
RECHERCHE D'IDENTITE
J'ai le mérite d'être moi-même
Bien que cela déplaise à certain.
Les anciens du système
Sont fidèles au train-train.
La chemise-cravate rejoint son troupeau,
La fille de joie se pomponne le derrière.
Accoutrement de foire au bureau,
La même course qu'hier.
Je suis pas de la planète,
Qu'ont-ils tous à courir ?
Oh vous savez, c'est la traite
Des blanches du maigrir.
Abattoir pour les récalcitrants,
Société uniforme et anonyme,
Rude école à l'âge de vingt ans,
Initiation ouverte au crime !
Inutile à la grosse machine,
Bouche de trop à nourrir.
Sur le pavé, les Rustines
Aux semelles à se départir.
Abasourdi dans mon chez moi,
Bien entretenu au chaud,
A l'ombre des lois,
Je risque très gros.
Retard de cotisation
Pour mes vieux jours.
Fatale ablution
A vivre l'amour.
Que faites-vous sur Terre ?
J'écris de la prose en vers
Sur votre sacrée planète,
De quoi mettre le coeur en fête.
OASIS
Sécurité de l'enfant mort
Avec un grain de fantaisie,
Il s'avance l'esprit retors
De peur qu'elle n'est pas saisie.
Jeune fille des bars,
Il n'est pas si mauvais homme.
Malgré ses neufs dollars,
Il fait jouir les dames.
Tu n'as qu'un sourire d'ange,
Une camisole rutilante
Attablée des mésanges
Aux tenues affriolantes.
Poupée de cristal d'eau de roche
Incite à la débauche le routier,
Les gifles après les taloches
Au fric du courtier.
Avisée à se laisser faire
En guêpière au faux bourdon,
Les quatre fesses en l'air,
Elle déclame ses tétons.
Loin des petites attentions,
Elle fait vibrer le bas
Sans le noyer de questions
Le pauvre petit gars.
De l'amour rose bonbon,
Elle a fait son deuil
Depuis que son gros bourdon
Lui fait un drôle d'oeil.
Elle s'y frotte l'abeille
Mais il ne dit mot,
Il renfourne son oseille
Sous la bosse de son chameau.
FILLE DE CAMPAGNE
Renommée des poubelles
Aux foules des ordures
Qui portent séquelles
De chanvre et bromure.
Celui qui va au bout du monde
Ne connaît pas la fin de soi.
Que la bière soit brune ou blonde,
Elle n'est pas la boisson du roi.
Le moteur a grillé.
Le silence abasourdit la peur.
Il me revient ton déshabillé
Qui sursoit à son heure,
Se contorsionne mon aimée
En magie des grand espaces,
Le trapèze d'un coeur enflammé
Aussi peu efficace
Que les blés étaient fendus
Par les hommes de labour
Quand les poulettes bien dodues
S'accompagnaient de quelques fours.
Tombe dans l'indécence
Le vieil enfant solitaire,
Refuser la jouissance
Du fringant Baudelaire.
Naturel, Naturel à la rescousse,
Où sont les petites sauvageonnes !
Bébé cadum à la peau si douce
Goinfrées aux hormones,
Assoiffées de vrais hommes,
Déhanchées de beaux gosses
Comme de métronome
Aux boîtiers de la fosse.
ROUTE DEGAGEE
A quoi bon jouer les moralistes
Avec une humanité de fourvoyés.
A quoi bon jouer les terroristes
Pour des créances impayées.
A quoi bon jouer les journalistes
A la chronique défrayée.
A quoi bon jouer les évangélistes
A la tenue débraillée.
Quand il attend de la vie
Qu'elle le frappe par derrière,
L'ange préserve le gentil
Du fond de sa garçonnière.
Quand il est tranquille
dans un coin de son logis,
Le démon aux guenilles
Lui chatouille l'esprit.
Tel est le jeu qui convient
Pour un enfant sénile
En but aux miliciens
De chemises noires habiles.
Si de sa retenue coutumière,
Il s'accorde le privilège
De planter sa roturière
Cul entre sel et neige !
Demain, il verra une minorée.
Il domptera l'hérésie.
Il ira jusqu'à l'adorer
Dans ses morceaux choisis.
Peau jeune de Juliette
Aura vite fait de se friper
Dans le miroir aux alouettes,
Son Roméo sera usurpé.
LES TREIZE CHANDELLES
Sbires de pacotilles
Dans le parcours des AEons,
Méfie-toi du feu qui brille
Dans la forge du charbon.
Les obstacles à l'ascension
Sont partout érigés
Comme possible damnation
Aux humains affligés.
Discours mensongers et images débitées
Font la paire des moyens employés
Par le sanguinaire antidaté
Au émissaires fourvoyés.
Le poing bat en cadence
sur un rythme primaire.
Les voilà qui dansent
Au bord du ténébreux cratère.
Mais, je ne peux rien faire.
Il se poussent les uns les autres
Dans les affres de l'Enfer
Dans lequel, ils se vautrent.
Combien sont au cent huitième degré ?
Très peu sous la coupelle délétère
Dans la tourmente des regrets
Sont parvenus à se parfaire.
Les faux démons s'y mêleront,
Ils en ramèneront quelques uns.
Les destructeurs renaîtront :
Attila, Napoléon, Hitler en un.
L'étoile se renversera
Pour l'ultime et dernière fois.
L'Europe à cris et a sang
Se tournera sur le flanc.
FAUT-IL VOUS QUITTER ?
Faut-il cacher la femme
Sous d'amples atours
Pour changer la trame
Naissante des vautours ?
Faut-il remplacer les ouvriers
Par robots et ordinateurs
Pour amasser les billets
Dans la poche des entrepreneurs ?
Faut-il libérer les meurtriers
Des geôles de l'Empire,
Remettre le pied à l'étrier
Pour le meilleur et pour le pire ?
Faut-il revivre à nouveau
L'enfer des tables d'écoles,
Des devoirs et des travaux
Qui génèrent le contrôle ?
Faut-il donner son obole
En fils de bon chrétien,
Se donner le beau rôle
Dans un large soutien ?
Faut-il me croire ailleurs
Plus pestilentiel qu'ici même ?
Je ne me montre meilleur
Qu'à la fille que j'aime.
Faut-il qu'elles veuillent plaire
A tout autre plutôt qu'à moi
Pour toujours se laisser faire
Comme des filles de joie ?
SCALP
Je triche à vous écrire
Ce qui m'est trop facile
De toujours vous décrire
Par des rimes malhabiles.
Changer de moyen d'expression :
Petits poèmes en prose,
Histoire de science-fiction
Ou roman à l'eau de rose ?
Pamphlet de la dérision,
Mouvement spiritualiste,
Histoire d'une passion
Plus folle que triste ?
Démonter le puzzle de la pièce,
Cette allégorie de l'amour
Que j'ai inventée de toute pièce,
Imagination à rebours.
Rendre gloire à la Féconde
En se refusant à elle
Pour la donner au monde
En pature au bout de la ficelle.
Tirez, tirez encore de la corde
Jusqu'à ce qu'elle n'y tienne plus.
Que son âme et son corps se tordent,
Se détachent de mon chevelu.
Si je protège mes boutons
Des crèmes de palissade,
Le point noir du fronton
Qui émerge de la façade
Décrépie des bourrasques de l'hiver,
C'est pour transcender le vrai
Que me picore le pivert
En sale bête de trait.
SURVIVANCE
Je bois mon jus d'orange
Pendant qu'ils crachent leur sang.
Je les imagine en songe
Séquestrés dans les camps.
Attroupés en discothèque,
Ils dépensent leur énergie
Alors que les métèques
Participent aux orgies.
Consommé de chair fine
Et broyée dans les épices
Présentement servi incline
Sur le plateau des supplices.
Ils émigrent dans le vieux,
Chaparder un brin d'herbe
Du blanc bien soucieux
De perdre sa Superbe.
Témoin de viol et pillage,
L'austérité du massacre grince
Du vol à l'étalage
Dans les cités régentes du prince.
Les idéaux doivent céder
Aux exigences des entrailles
Du ventre décousu et débridé,
Nourris aux vieilles semailles.
Abandonnez vos mets de choix,
La chair vous rend brutaux
Près à tout et sournois
Pour tenir vos sinistres châteaux.
Armés jusqu'aux dents
Délabrées aux mortiers
De sous êtres impuissants
Qui entassent le charnier.
PELER LA POMME
Donnez leur à bosser
De quoi tuer le temps
De vous faire rosser,
Précipiter le pas hésitant !
Soit partager leur peine
Soit s'en porter bien aise
Que pareille chose ne vienne
Troubler le calme de vos charentaises.
Se réfugier dans ses pénates
Pour ne pas se montrer au dehors
De la répression qui dérate
La rage décoiffée des porcs.
Encore vertes ou plus que mûres,
Les pommes me sont délectables
De par leur belle devanture
Qu'elles soient ou non respectables.
Si je puis en croquer,
Je puise au trognon
La perle du paltoquet,
Recevoir un gnon.
Sans la confondre, une mégère
Plus ou moins apprivoisée
Au bistouri de sa chair
Par les hommes aiguisés.
Il vaut mieux l'appeler
Que la mirer au loin
Avant qu'elle ne soit talée
Au toucher de leurs mains.
Coup de dents jaunes
Entre caries qui s'infectent
Et fruit de mon icône
Qui toujours m'affecte.
EXEMPLE PARENTAL
Comme ils parlent d'elles me désespère.
Elles sont l'apanage de mon coeur,
De petites filles au pair
Qui se font une idée du bonheur.
Le sacre des plus volontaires
Surprendrait même leurs parents
Quand elles se font panthères
Dans leur monde délirant.
Comme elles parlent d'eux me lamente.
Son aise, son allure, son franc parler
Sont-elles des qualités plus évidentes
Qu'un pauvre homme à libido refoulée.
Eux ne font que grandir
De voitures en poupées,
De maisons en bambins grippés
Qu'il faudrait dés engourdir.
Les époux font silence du coeur,
Du bordel qui les détrousse
Dans l'échange de regards vengeurs
Entre jets de patates douces.
Le soir, ils s'entremêlent
Pour s'oublier comme des machines.
Devoir conjugal et querelles
De sortir griffes et canines.
Viol entre partenaires,
Que de remords de s'être uni
Aussi vite qu'un courant d'air
Qui s'est très mal fini.
Pourtant si doux d'être accompagné,
D'avoir quelqu'un à aimer,
Fin prêt à faire saigner,
L'inviter à écumer.
MERDE, LES TOURTERELLES !
De monceaux rouges et blancs crochetés
Dans le froid de vos garde manger
Aux fruits émaciés et traités
Par le cultivateur découragé,
Dieu est-il toujours sûr
De son bon droit à vous élire
Entre vos offrandes et vos parjures,
Abel et Caïn à rôtir !
Abel aimait ses bêtes.
Caïn se contenter de cueillir.
Entrepôts de poulettes,
Serre pour aider à mûrir.
Loi de l'offre et de la demande,
Qualité et quantité qu'on a que faire.
Il reste de les porter à l'amende
Entre les couches sanguinolentes de l'Enfer.
L'humanité jetée au gouffre.
Les phoques peinturlurés,
Singes et chats écervelés qui souffrent,
Chiens et grenouilles torturés.
Eléphants qu'il faut édenter.
Armateurs de descentes de lit
Des félins aux robes tachetées
Jusqu'à mon frère de nid.
Vertu aphrodisiaque des couilles de bouc
Aux cornes du rhinocéros,
Les vieilles sorcières s'embouquent
De jeunes mâles féroces.
Huile de vison pour le poil brillant,
Graisse de baleine pour minois fragile.
Que de marins vaillants !
Islande, retour aux pêcheurs des îles !
DERNIERE VOLONTE
Si fantastiques que je vous trouve
A vous laisser porter sans réfléchir
Bien que je désapprouve
Votre manière de jouir.
Vous devez tant souffrir
Pour le soir venu, décompresser
Dans vos boîtes à rire,
De remarques déplacées.
Quelle vie absurde à laquelle j'échappe
Dans les culottes de ma mère
Qui de sa langue, me lape
Comme un rejeton pubère.
Quelle est cette fureur de vivre
Qui vous anime au goût du jour.
Je me sens comme défaillir
Dans les limbes de ma cour.
Jetez la pièce dans le puits
Et le corps du cadavre avec
sans oublier mes écrits
Et mon manteau de varech.
Dites que j'ai mis fin à mes jours
Pour dissuader ceux qui voudraient me suivre,
Des philosophes repentis sur le retour
A mes amantes devenues ivres.
Voici la dague pour me poignarder.
Ceci est le coeur à transpercer.
Je crois vos raisons bien fondées.
Je me soumets à vos regards courroucés.
Vous auriez pu être parfaits
Que ceci n'aurait rien changé.
Avant de vous dégrafer,
J'implore une dernière gorgée.