LE TEMPS D'UNE RENCONTRE
Je songe que je pense à toi
Puis me rendors, perdu dans mes leurres
Pensant à ta venue prochaine
Pour venir couvrir mes petits malheurs.
Toi qui veut me faire oublier
Le carcan d'où tu m'as débusqué,
Ne sais-tu pas quel danger
Tu cours en me révélant ton amitié
?
Il a suffit d'un échange de poèmes
Pour que tu saches l'intime de mes pensées,
Mes souffrances, tous ces secrets enfouis
Dont je ne souffle mot à personne.
Si tu vois que j'ai perdu la rime,
Ne prends pas ombrage
De ce que tu crois fainéantise
De mon esprit en mal d'espoir.
Je craignais dans mes rêves
Que tu viennes à me jeter
Regards perfides me molestant
Pour m'interdire de t'approcher.
Te sachant maintenant si heureuse
En amour dans les bras de ton charmant,
Je m'en voudrais de gâcher
Ton bonheur en m'infiltrant
Par une brèche non colmatée
De ta jeunesse en souffrance
A ton journal intime si opposé
A ta nature devenue permise.
Je m'achemine à la fin du premier
En espérant qu'il y en aura
Bien d'autres qui viendront renforcer
Cette amitié encore bien fragile.
TON BLONDINET SUPERBE
Qu'il m'est agréable de renouer
Avec ce genre dont je me croyais
A jamais exclu de mon vivant,
De témoigner en vers
De tes mérites à me soutenir
Malgré mes faiblesses et mon impuissance
A me révéler homme viril
Et charmeur au bras des demoiselles.
Tu partages tes moments de liberté
Pour venir en aide aux malades
D'esprit et de corps fatigués
Pour leur faire de nouveau apprécier
Le romantisme de quelques lignes
Qu'un nouvel auteur a pondu
Pour te mettre plus en valeur
Et plus en avantage que jamais.
Echappée de tes difficultés
Passagères au détour amoureux
De ton enfance solitaire et prude,
Tu profites d'élans non compensés
Pour savourer l'union terrestre
Avec l'élu de ton coeur bafoué,
Rendu à tes pieds en témoignage
De ce qu'il s'est refusé à t'offrir
De peur de n'en pouvoir connaître
Plusieurs au drame de sa vie
Où il côtoie l'épais schisme
Des aventures sans lendemain.
Continue de te garder saine
Ne rechignant pas à quelques folies
Pour travestir l'ennui coutumier
De faits et gestes reproduits.
TE CASER AU PLUS VITE
As-tu gardé de ce temps-là
Des bribes de ce qui te faisait
Unique au point de te bander les yeux
Et le coeur pour remplir la page ?
Es-tu aujourd'hui si comblée
Qu'il te suffise d'entamer le dialogue
Finissant par proposer au garçon
S'il veut de sa vie, te faire partage
En ces temps où l'on ne se marie plus
Pour d'obscures raisons financières
Ou de liberté qu'on veut assouvir
Au grand dam des serments d'autrefois ?
Quel est ce sérieux qui me semble
T'avoir envahi pour t'être promu
Dans la fidélité de la mariée
Qui se veut donner entière à l'époux
?
Et qu'à jamais, cela tienne
Et se renforce au fil de ta vie
Malgré la fournaise des passions ardentes
Qui t'agite au gré de tes rencontres.
Comment as-tu dompté la chose
Qui se plaît dans l'inconnu,
Cet aspect incontrôlable et puissant
Qui s'engage à nous tromper ?
Que craignais-tu d'affronter
En venant ainsi me remettre
L'objet coupable de mon esprit tourmenté
Pour que tu gardes partie de moi ?
Ma déception de n'avoir pas su
Te transporter où je te voulais
Mener au comparé des lectures
Romanesques fouettées par tes yeux.
PARTIR A L'ABORDAGE
De souhaiter qu'un malheur te vienne
Pour te voir trouver refuge dans mes bras
Comme dans ceux d'un ami trop proche
Qui te console de la peine causée
Et te tenir le plus simplement
Du monde, le temps que tes larmes
Disparaissent dans le brouhaha de tes mots
Pour m'avouer le fragile de ta destinée.
De faire de toi, le clairon enchanteur
Des réveils matinaux d'une quête absurde
Et recueillir ce moment d'abandon
Sans profiter de ton chagrin parsemé.
Est-il plus question du rôle d'un ami
Dans les moments de détresse à son égérie
Que d'un retour aux sources jaillissantes
Du comment de la chose provoquée ?
L'impalpable des vers monotones
Qui se veulent exemples d'intégrité
Pour goûter à ta sensiblerie manifestée
Derrière ton apparente joie de vivre.
Et si tu mènes la danse aux verres
Embrumés de ton pauvre confident
Réduit à espionner les battements
De ton coeur déchiré de sanglots,
Tu ne feras preuve que de pitié
Et de compassion pour l'être affamé
Qui s'en nourrit par défaut
D'autre chose plus conséquente.
Que si j'en suis anéanti
Au point de te laisser faire,
Je sois au moins conscient
Du trouble naissant en moi.
AIMER, ENCORE AIMER
Toute cette apparente dureté
Pour te cacher mon profond embarras
A te dévoiler toute ma douceur
Pour me montrer fort de mes faiblesses.
T'ai-je demandé la permission
De recourir à l'art poétique
Pour te remettre mes sensations
A ton ingérence maladroite ?
Devrais-je plutôt me taire
Que confondre tes envies coupables
Quand je garde les yeux baissés
De peur de foudroyer les tiens ?
Se peut-il que tu imagines
Que ce n'est qu'un nouveau jeu
Dont j'élabore les règles d'avance
Pour me faire gagnant légitime
Comme au ministère de mes conquêtes
Dont tu me crois toujours héritier,
Mis en demeure par mes amantes
A trouver abris au plus loin d'elles.
Si je me dois de tenir mes promesses
Qu'on ne vit pas d'amour et d'eau fraîche
Et qu'il vaille mieux te préférer
Malgré les risques à encourir
De me voir témoin ou esclave
Désigné de ton délire amoureux
Qui ne cesse de croître
Aux souvenirs des ébats sulfureux
Qui mutilent ta vie nouvelle
Comme quand on regarde au plus près
Pour ne pas voir de beauté au loin
De risque de s'en trouver pris.
COMME IL TE PLAIT
Te rappelles-tu des visages d'autrefois
Qui se collaient contre ta bouche
Pour en saisir le fil
De ta saveur toute douce.
Sentais-tu qu'ils craquaient
Déjà sous ton emprise féline
Quand tu les enlaçais par derrière
Pour qu'ils n'aient rien à redire.
Comment se fait-il Delphine
Que tu ais si vite grandi
Entre tes émois de jeune fille
Pour me cacher ton état de femme ?
Regrettes-tu que j'en vienne
A t'envahir et de dissiper
Au monde du dehors des lieux
Où tu navigues en perdition
De mon ridicule à te troubler
Afin que tu trouves moyen
De me préciser que je m'égare
Là où tu refuses de me suivre.
T'importe-t-il que je n'empiète
Pas sur le privé de tes relations
Pour tenter d'y voir clair
Entre tes amours distribués.
Ne me prends pas toi aussi
Pour un enfant dont on sourit
En pensant qu'il est bien sot
De se donner tant de mal
Pour se croire habité d'une passion
Qui se veut plus féconde
De la proximité qui découle
De politesse entre voisin-voisine.
UNE VISITE ACCOMPAGNEE
Crois-tu que je n'ai plus d'amour
A t'offrir tant j'en ai gaspillé,
Qu'il te soit possible encore
D'en grappiller le dernier élan
Comme pour un baiser d'adieu
Avant même que la romance
Ne se soit produite entre nous
Afin d'oublier l'escapade
Qui aurait pu nous surprendre
Si j'avais su te recevoir
Mieux que je ne l'ai fait
Ce matin d'automne où tu m'as souri.
Et pourtant sentir un malaise
Profond dans tes absences régulières
Au seuil de la porte d'entrée
Ou devant la cage aux oiseaux.
Tu n'es pourtant pas la première
A franchir les limites de mon univers
Mais qu'ai-je retenu des autres
Si peu délicieuses auprès de toi.
Enchanteur des coeurs foudroyés
Dont tu te méfies, me sachant
Emporté à surgir du néant
Pour soulever le voile du mystère
Dont tu te veux garante.
Saches que je suis au parfum
De l'envie ponctuelle des femmes
De collectionner les amis
A défaut de beaux amants
Reconduits sur le carré d'en face,
Préférant te voir accompagnée
Que de me faire ton soupirant.
MISE AU POINT
Avoue que je t'indispose
Et que tu souhaites en secret que j'arrête
De m'inspirer de ta personne
En te dédiant toujours plus de poèmes.
Me clarifier la situation présente
Pour souffler sur mes espoirs
De chaloupe venant accoster
Sur une terre trop accueillante.
Mettre à bas mon enthousiasme
En voyant revenir mon passé vertueux
Trié sur le volet par tes soins
Pour nous taxer de points communs.
Le paradoxe aidant à cerner
La confusion extrême encore élargie
A ne point te faire souffrir
Sans me mettre au déplaisir.
Saute des lignes aux quatrains
Pour que je ne sois pas objet
De pitrerie aux yeux de tes proches
Evertués à démonter mon manège.
Et qu'importe si tu les écoutes
Pour te soumettre au courroux vengeur
De l'amant délaissé la veille
Qui se croyait chassé de ta vie.
N'irais-je pas m'en plaindre
Si tu ne devais rien changer
De tes habitudes par mes venues
Intempestives dans tes journées bien réglées.
Tu n'as commis aucun impair,
Seulement, je dénie toute responsabilité
Qui ne vienne à modifier en partie
Tes engagements d'ici ou d'ailleurs.
TE VOIR EN MAL
Que j'en vienne à souhaiter
Que tu ne me connaisses plus
Comme l'amoureux infidèle
Qu'il te plaît d'imaginer
Pour te retenir de tomber
Dans mes bras fatigués d'attendre
Ce qu'ils se voient toujours refusé.
Que tu n'ais jamais lu
Ce qui se voulait pourtant
Une entrée en matière aisée
Pour convenir d'un intérêt réciproque
Pour les bons sentiments qu'il nous reste.
J'ai voulu me faire tout petit
Pour qu'on ne me remarque plus
Mais tes yeux m'ont grandi
D'espérance au sortir de ta venue.
Je voudrais déjà m'en aller
Pour surtout ne pas te connaître
Et ainsi m'ancrer tous ces rêves
Inachevés où se mêlent nos vies
Aux frontières des aventures tronquées.
Tu disposes de tant d'atouts majeurs
Que tu pourrais me réduire à néant
Ou m'élever une statue de glace
Dont tu t'évertuerais à faire fondre
Les bords pour qu'au point de fracture,
Tu puisses me briser du monde
Qui s'inquiète de mon potentiel.
Quel piteux homme je fais
De me sentir auprès de toi
Comme une poupée qu'on casse
Par dépit de se voir abandonné.
LE GESTE FACILE
T'offusquant que je te courtise,
Tu prends ton mal en patience
En lui faisant jurer sur l'office
De se tenir bien tranquille
L'espace d'un petit moment encore
Afin de me prendre en flagrant délit
Pour le lâcher à ma gorge
Me faisant souffrir de la comparaison.
Il te semble si facile que je m'inspire
De toi que tu en oublies justement
Que cela ne vient pas sur commande
Pour répondre aux ardeurs naissantes.
Il faut que soit présent
Cet agent dont la nature
N'est pas encore répertoriée
Par les physiologistes si enclin à cela.
Il me fait défaut depuis trop longtemps
Pour que je m'abaisse à le délier
Pour céder aux convenances
Qui se veulent mon rempart.
Toi qui me prend pour trop sage
Pour oser me jucher au seuil de chez toi,
Comprends mon hantise de tes proches
Venant à me traiter d'incongru.
Alors, je te repousse comme je peux
En glissant la chose dans ta boîte,
Ce qui traduit pour toi
Un manque de passion véritable.
Mais tu n'as qu'une vie à dispenser
Et je ne peux malgré mon envie
Te prendre en partie pour moi
Sans t'arracher à l'élu de ton coeur.
FAIRE DE TOI UN MIROIR
Ne puis-je être l'ami
Que de femmes lointaines ?
J'ai trop pris l'habitude
De la distance pour m'en passer
Car elle me donne le mal suffisant
Pour laisser couler le sang
De mon coeur écorché à vif
Dont tu recueilles le nectar sacré.
Imagine qu'à l'inverse de moi,
Un prince charmant de son royaume
Te formule de plus belle manière
Encore sa demande en mariage ;
L'aurais-tu admis à franchir ton portique
Sans craindre de mélanger tes sentiments
Rendus à l'étroit par le prestige
A devenir première femme du pays ?
Une seule fois, me laisserais-tu
Prendre possession de ton corps
Pour que je sache enfin l'effet
Que te procure mes vers que tu lis.
Puis-je me révéler androgyne
Et recevoir ce que j'ai semé
Sans passer au travers de toi,
M'immolant dans le retour vacant.
Pleurer pour éteindre les braises
Qui me feraient encore renaître
Et me voir transformé à tes yeux
Pour que tu me choisisses en premier
Et goûter au passage de tes lèvres
Les accents fiévreux des matins d'hiver,
Des rires d'enfants joyeux
Sur le lac gelé que l'on traverse.
L'AMIE DES ENFANTS
Chamboulée de tes instincts naturels,
Tu consens à me prendre la main
Pour m'extirper du gouffre béant
Où je me languis de rêvasser.
L'épreuve passée, la récompense
De tes pénibles moments vécus,
Tes petits pas précipités
Dans la cohue des corps entremêlés.
Quelle joie les enfants auront
De te voir à leur chevet
Les bordant dans leur demi-sommeil
Où tu les rassures de leur état.
Des guérisons spontanées, résultat
De ton affection pour les petites
Têtes blondes au teint livide
Comme à ton serviteur malade.
Ce bain de soleil qu'on s'abstient
De prendre quand on se retire
Bien loin des autres qui s'embrassent
Pour souligner qu'ils s'aiment.
Avec cette bonté de coeur profonde
Qui mérite de se passer de soin
Quand tes effluves se répandent
Dans leur logis mal éclairé.
Ton rayon de lumière salutaire
Qui dépose de gros joyaux
Dans les coeurs trop fatigués
De battre à force de pleurer.
Prends soin des adorables bambins
Qui attendent que la vie
Leur sourit et les épargne
De tes souffrances passées.
J'AIME L'INFIRMIERE, MAMAN
Tu me rappelles ces fées disparues
Qui donnaient une pointe de génie
Au rejeton qu'elle voyaient en mal
Tout en bas dans la vallée.
Armée de ton sourire cajoleur,
Tu démontes les barrières de son ennui
En participant à ses jeux irréels
Pour qu'il fasse de toi, sa promise.
Toujours encline à te dégager
De situations troubles avec lui,
Tu lui expliques qu'il va grandir
Et connaître l'amour non trafiqué
Que l'on porte aux infirmières
Pour peu qu'elles soient habitées
Du pouvoir de changer le morne
Hospitalier en couleur de fête.
A côtoyer des enfants condamnés
Dont les parents s'efforcent de se désunir
Pour rejeter la faute de l'un sur l'autre,
Tu leur fais admettre simplement
Qu'en cela, ils s'aiment plus eux-mêmes
Que leur pauvre enfant attristé
De leurs disputes incessantes
En trompe l'oeil de leur égoïsme.
Ne pas crier plus fort qu'eux
pour les faire taire le soir venu
Quand ils refusent de se coucher
Pour que tu leur racontes des histoires
D'ogres venant à tricher un peu
En disant qu'ils viennent manger
La belle héroïne quand les petits enfants
Se montrent turbulents et sauvages.
POUR RENDRE TON IDYLLE PLUS FORTE
Si tu sais déjouer mes tours,
Tu n'en seras que plus forte
Pour cloisonner tes sentiments
Doubles qui pourraient surgir.
Ton modèle corrompu des lois
Qui te voulaient façonnée,
Tu déplaces tes repères de choix
Pour endurcir ton coeur vers lui.
S'il suffisait d'écrire des poèmes
Pour se voir refouler l'opposant,
Les pauvres gens de coeur
Dénués d'inspiration créatrice
Se lamenteraient de la page blanche
Qui ne vient point se remplir.
Et si au conseil d'un tiers,
Il t'écrit avec ses mots à lui,
Il en sera d'autant plus
Aimé que la profondeur
Atteinte par ses phrases
Supplantera celle du pourfendeur.
Et de l'opportun ainsi glissé,
Il ne restera plus rien
Qu'une union d'autant plus forte
S'établira entre vos âmes jointes.
Je me maudirais au contraire
Si je prenais avantage certain
Devant son emportement déclaré
A se corrompre pour te plaire.
Il m'est grandement profitable
De te savoir déjà prise.
J'en suis sûr de ne rien changer
De tes amours triomphant jusqu'à lui.
LE CHOIX DES AMOURS
Je n'en veux point parler
Que tu sacrifies ton temps précieux.
On doit réfréner son amour
Pour surtout n'en laisser rien paraître.
Retiens ma solitude atroce
Qui fait que je sois plus enclin
A aimer qui me témoigne
De l'affection malgré mes tares.
De ces amours plus que ridicules
Qu'on porte aux êtres intouchables
Qui se donnent à fond
Pour des causes perdues.
T'es-tu trouvée digne d'être aimée
Pour en arriver à sortir
Avec ceux qui te plaisent
Plus qu'à ceux qui te le proposent.
Tu sais, t'écrire me permet
De rendre véridique
Que je pense à toi
Quand tu n'es pas là.
Si je te donne l'impression d'une idylle
Qui ne se foule pas en chair,
C'est que je me veux sur
Un plan différent, être regardé.
J'ignore tout de ces choses
Que si jeunes, ils explorent.
Je ne te croyais pas dans le secret,
Mais aujourd'hui, je te sais des leurs.
Non pas que je le regrette,
Il ne m'appartient pas de juger
Si tu le croyais devenir ton mari
Ou si l'entente sexuelle est d'importance.
TU ME SAUVES QUELQUE PART
Et je m'emballe pour te peiner,
Dussais-je apprendre à vivre
Au lieu de présumer des choses
Que tu as dites ou faites ?
Les démons veulent ma peau.
Tu leur retires un met de choix.
Ils m'avaient inspiré de nouveau
Les poèmes interdit à faire lire.
Tu es venue en coup de vent
Les chasser jusqu'au dernier,
Mais dans ta longue absence,
Ils ont surgi à nouveau.
Mais, ce que tu m'inspires
M'empêche de les écouter.
Veux-tu que je sois fort
Pour me réprimer à l'intérieur
Pour que ni toi, ni eux
Ne s'emparent de mon âme ?
N'es-tu pas trop chamboulée
Par mes propos discordants ?
Et tu trouves plaisir
A pénétrer mon univers !
Ne te forces-tu pas
A me venir en aide ?
N'as-tu que bonté et pureté
Sur l'alliance que tu me remets
A défaut de larmes venant renchérir
Toute autre liaison plus folle ?
Agite ton mouchoir en désespoir
De cause au lendemain des noces
Où ton cavalier t'aura transporté
D'émotions à l'émerveillement magique.
BAISER DE GOSSE
Pour te dire, j'aurais envie
Mais l'émotion m'en serait
Trop forte et je m'évanouirais
Au toucher des lèvres douces.
De trop ressentir les choses
Empêche parfois de les vivre
Et c'est pourquoi le baiser
M'est encore une saveur inconnue.
Tu me diras qu'il embrasse bien,
Qu'il fait chavirer le ventre
Et qu'en aucun autre, jamais
Tu n'as connu ce petit plus.
Et moi, je t'écouterais
M'imaginant le labourage
Des terres râpeuses, crénelées
De fortifications rustiques.
N'y verrais-je même pas l'essentiel !
As-tu gardé pour toujours
Le souvenir du premier baiser
Echangé au sortir de l'enfance ?
DECEPTION PREMIERE
Je comptais les minutes qui s'égrenaient
Et tu ne venais toujours pas,
Plus emprunté sans doute
A m'oublier qu'à me bénir.
Comment te dissimuler la passion
Que tu sais m'habiter en mon sein
Et devoir m'en tenir pour dit
Que tu deviennes ma nouvelle amie.
J'ai bien compris le message.
Moi qui t'aurait demandé
De formuler un voeu en secret
En pénétrant dans ma chambre
Pour la première fois de ta vie,
Je m'en trouve réduit
A espérer que tu viennes
Bien la prochaine fois.
Et même si jamais plus, je ne te verrais
Franchir le pas de ma porte ;
Je me réjouirais de te rencontrer
Dans la montée des étages
Si tu ne choisis pas l'escalier,
Trop fragilisée pour m'affronter
Le temps de quelques secondes
Passées dans un silence effrayant.
Renforcé par ton contact facile,
Me suis interposé sans vergogne,
Comme un indigent affamé
Qui ne sait pas se tenir,
Brisant l'amitié si fragile
Que je savais en péril
Par mes façons vulgaires
D'interchanger les rôles.
TOUT BRILLE SANS TOI
J'avais tant fait pour le mieux,
Epoussetant mon vieux mobilier
Faisant de l'ordre allant
Même à disposer un fauteuil
Et une table basse ornementée
D'un pot-pourri, de deux verres,
De jus de fruits et d'un broc d'eau
Pour au mieux te recevoir.
Ce n'est pas que tu sois fâchée
Mais que je t'ai fait de la peine
En me substituant à lui
Dont je voulais pourtant te rapprocher.
Je m'insère là où je ne dois pas,
Je ne peux recoller déjà
Les pots cassés du désastre
Tombé de ces derniers temps.
Je m'étais promis de jamais
Séparer les gens qui s'aiment
Et j'ai osé attenté
A l'élu de ton coeur fidèle.
Mon plaidoyer n'a que faire
De me disculper de mes torts.
J'ai trop usé de coeurs
Pour qu'on me remette mon délit.
Tu m'apprends à vivre autant
Par ton absence de ce matin
Que par les leçons d'agir
Dont tu voulais m'entretenir.
Qu'il est absurde qu'entre
Voisins, des liens se tissent
Car ils ne se sont pas choisis
Comme il en est au hasard.
EFFORT COMPENSATEUR DE L'AUTRE JOUR
Je voulais te donner un peu de ce bonheur
Que l'on goûte avec parcimonie
Quand on a un mari chanteur.
Tu peux de mon talent me faire grief.
Aurais-je encore du me renseigner
Si du tien, tu n'étais point honorée
Avant que de muse, tu ne deviennes
Le point d'orgue de mon oeuvre ?
La télévision sur son meuble perché
N'avait jamais autant reluit.
Tout était à son avantage
Jusqu'à ma toilette choisie.
Tout ce grabuge l'autre jour
Quand tu es venue à l'improviste
Observer la déchéance du lieu
Où je me tenais pour mort.
De ton bouche à bouche infiltrant,
M'inondant du souffle de ta vie
A l'approche de ton visage en damier
Qui fascine mes ardeurs défendues.
Mon père frustré de mon avis
Changeant à l'honorer ou non
De ma présence habituelle
Dans l'ignorance de mon attente
Infructueuse de la matinée
Où tu m'as fait languir.
Que je puis être déroutant
A donner tant d'importance
A ce qui n'est peut-être
Qu'un rendez-vous remis
Si bien qu'il t'en importe
Qu'on se revoie à nouveau.
PREMIERE FOIS OU JE T'AI VUE
Je me surprends à regarder
Les nuages à la tombée de la nuit,
Mes pensées toujours dirigées vers toi
Ne sachant où tourner mon regard
Pour retrouver l'image de ton corps,
Reformer les traits de ton visage,
Recopier ton approche si câline
Et tout ce que tu n'osais me dire.
Mais qu'est-ce discours ?
Comment te voudrais-je ?
Remarque qu'il y a des années,
Je te regardais à peine.
Je me souviens d'une fois
Sur la butte où je t'ai fixée
Dans les symptômes de ta maladie.
Tu étais si jeune, Delphine.
Et après, le trou des années.
Je te revois en belle compagnie
Te comptant parmi les femmes heureuses
Et ne revenant pas comme tu as changé.
J'ai vu ton frère bien souvent
Mais toi, vraiment si peu.
Et pourtant, ces rares fois là
Tu me parlais comme à un ami.
J'étais gêné de par ma situation
Mais j'ai su qu'il n'y avait
Pas qu'à moi que tu délivrais
Cette affection sans borne.
Alors, pourquoi ai-je voulu
Me rapprocher plus de toi ?
Pouvais-je savoir qu'une amie
Si proche me ferait trop mal ?
TON MEC A TOI
Il doit t'aimer à s'en rendre fou
Même sans te célébrer de louanges,
Tu le sens glisser toujours
Plus aux tréfonds de ta chair.
Ton image de femme épanouie
Est l'apanage de ton homme.
Il sait devancer tes désirs
En place et cause de chacun.
Lui vouant une admiration solennelle,
Tu reposes ta tête contre lui
Pour en être rassurée
Par son amour débordant.
Il en est touchant qu'il
Te témoigne de si grands élans.
Tu n'imagines la vie qu'auprès de lui.
Tu veux le fuir pour qu'il te retrouve.
Et résonne ses mots tendres
Qui te bercent en déclarations
Comme s'il voulait te conquérir
A nouveau te volant à lui-même.
Victime de tes rages saignantes
Qu'à force d'embrunir,
Elles ravivent votre amour
Comme d'autant de fils de soie.
Son soutien dans les moments
Où te sentant désemparée,
Il vient tendrement t'embrasser
Et t'élever dans ses bras.
Tu ne comptes pareil bonheur
Dans tes cahiers d'écolière
Et tu penses à lui, si beau
Qui t'attend pour t'aimer.
TES PARENTS QUI L'APPRECIENT
Ils s'enchantent de ton choix
Charriant le jeune homme aimant
Venu lui faire sa demande
De se lier à toi pour la vie.
Elle te dit que meilleur homme
Que lui te sera difficile à trouver
Tant il se veut te protéger
Dans son empressement à te tenir.
Les enfants crient de joie
Dans le tintement des carillons d'or.
Les colombes filent haut dans le ciel
En prélude du voyage de noce.
Il te fait voir du pays,
Te ravit par ses goûts
Se montrant des plus délicats
En te portant sur le pont
Alors que le bouteille se fracasse,
Que la houle se fait pressante,
Que les amarres sont tranchées
Et vogue le vaisseau lointain.
Entre tempête et mer calme,
Isolé du monde vivant,
Vous baissez les grands voiles
Pour débarquer au firmament
Les coeurs joyeux au rythme
De la samba des zones côtières
Où vous cheminez enlacés
Sous les grands palmiers.
Au crépuscule des étoiles nombreuses,
Il mène la barque au navire
Te contant les fables d'antan
Des époux perdus sur une île.
ARTISTE EN HERBE
Il s'autorise de grands espaces
Pour rouler à tambour battant,
Tes cheveux flottant au vent
Glacé de la cascade d'eau perlée.
Tu dévales les champs d'herbes fines
Main dans la main de ton aimé
Et ton sourire dont il raffole
A ses yeux qui t'emballent.
Et tu ris de sa façon de te voir
Quand il te cache ses yeux larmoyants.
Il ramène ta chevelure sur tes épaules
Comme pour admirer ton buste magnifié.
Une indéfinissable impression
De goûter charmant sur l'herbe
Comme au siècle dernier
Où Shubert le mettait en musique.
Et quand tu poses auprès de lui
Pour que le peintre rende la candeur
De vos visages épris de passion
L'un pour l'autre de vos vies,
Il ne vient pas dans son esprit
De quart d'heure de folie en bataille,
De victoire chancelante en défaite
Où se confondent les parties
Et chercher partout un reflet de toi
Pour un monde fait à ton image
Où toi seul le pourvoie
De ce qu'il te semble attendre.
Secondant ton ange gardien,
Il s'accorde à dépeindre
Les ficelles de ton destin
Emmêlées à s'éprendre.
LES MANUSCRITS A BON PORT
Le : " Tu ne t'es pas regardé "
Qui vous est aussi vite retourné
Que le reproche aiguisé au tranchant
Et la haine qui se voit montée.
La question ne se pose pas
Quand on sait un sentiment
Non réciproque où l'un se démène
Pendant que l'autre le rejette gentiment.
Il t'aurait été plus facile
De me les rendre sur le palier
Au lieu de devoir attendre
Que j'y consente à l'intérieur.
Par timidité, tu t'en serais allé
En me cachant tes pensées profondes
Sur mon art et ma personne,
Pressée de retrouver les tiens.
Ne t'avais-je pas dit
De me les retourner
Que s'ils te tourmentaient
Jusqu'au point critique ?
Puis-je plutôt penser
Que ce geste de retour
Se voulait être de toi,
Une offre d'amitié sincère
A moins qu'un prétexte
Pour me voir en mon domaine,
Cherchant à me connaître mieux
Pour en partager mes délires ?
Il semble que ta fiche soignée
Se voulait résultat de ton étude
Acharnée de mes vers emportés
A mes amies et sujets d'amertume.
LA PROMENADE DE SANTE
Il soulage tes inquiétudes pécuniaires
En te montrant sa bourse remplie
Dont il déloge quelques liasses
Pour les trésors de la Monade.
Il n'est pas avare de son argent.
S'il s'en sépare, il est facile
D'imaginer que par mégarde,
Tu as du toiser une originalité
Qu'il a bien vite remarquée
Pour demander au garçon
De retourner à la vitrine
Pour l'en défaire de son présentoir.
A l'abris des soucis financiers,
Tu coules des jours heureux
Etant chaque jour plus comblée
De faire ce que bon te semble
Quelqu'en soit le salaire rétribué
Pour soulager la détresse des enfants
Abîmés dans leurs corps épuisés
De sollicitude pour leurs parents.
Bientôt, tu enfantes à ton tour
De ces bébés trop charmants
Qu'on voudrait tenir à soi
Toujours aussi petits.
A la fois, trop heureuse d'un mari
Protecteur et passionné
Tu te vois tout autant des enfants
Récompensée de sa double attention.
Tu ne connais pas la vie monotone
Tant il regorge de stratagèmes
Frisant parfois le ridicule
Pour te mener à son trône.
TON FILS QUI S'EN VIENT
Il aurait envie de t'embrasser
Mais il a peur que tu en viennes
A l'aimer et défaire le roman
D'amour dont il est étranger.
Ne voulant pas être la cause
D'un désengagement fatal,
Il se retire à grands pas pour laisser
Au maître continuer son oeuvre.
Ce favori de tes ardeurs amoureuses
Profite du temps qu'il est seul
Pour t'implanter dans ton quotidien
Les racines de son arbre majestueux.
Lui sait aimer comme il faut,
Faisant ton émerveillement grandiose
En polissant chacune des pétales
Qui te font fleurs d'orchidée.
Il brille d'éclats de rire
Face à l'humeur maussade
Des gens de ton monde
Se tournant pour la piqûre.
Il s'accomplit le manège tournant
Des grands soirs de fièvre
Où l'on se veut donner un enfant
Par l'amour de sa vie de labeur.
Virevolte le moulin à vent
Qui s'amenuise du filet d'eau
A cacher en la maison
Les graines à s'en trouver percées.
Ton ventre en soubresauts violents
Dissipe la moiteur des fatigues
Déchargées au trop plein des journées
Où tu te démènes dans son attente.
CHASSE A L'HOMME
En toute amitié comme tu le dis
Si bien pour me reprendre en main.
Je voudrais céder la place
Au chanteur bruyant des foires.
Celui qui déclame son amour
Aux passantes du mal-être
Comme on traverse la rue
En jetant du pain aux pigeons.
Les minettes à vos places
Pour des yeux me défendre
De vous rouler de mes braises
A mes émois pétrifiés de glace.
Heureusement que je n'ai
Que poésie à t'offrir.
Si j'avais en outre
Un physique de mannequin,
Une bourse d'homme d'affaire
Avec l'éthique de sa charge,
J'aurais pu ne pas comprendre
Mais je suis l'inverse d'eux.
Je ne parviens à domestiquer
Cette inspiration encline à me perdre
Comme autant d'abandon
Aux fers de lance des chevaliers.
Tu projettes ton palefroi
A l'assaut de ma dernière demeure
Suivant tes fougueux lévriers
Pour m'ordonner ta face vengeresse.
Je titube au bras de la rivière,
Emporté par les flots menaçants
Le temps de fixer ton image
Avant d'être broyé contre le roc.
FEMME DONT ON REVE
Mon coeur est lourd de chagrin
Du silence mortel de tes envies.
L'écroulement à bout de souffle
D'un désir passionné de partage.
Pauvre enfant dans la peau
D'une femme pressée de vivre.
Servante dévouée des causes perdues
Qui s'affiche le sourire aux lèvres.
Détentrice de l'étrange pouvoir
De bouleverser les esprits.
Prisonnière d'un passé redoutable
Qui t'a rendu combattante.
Amoureuse d'un homme sans tâche
Dévoyé à te suivre toujours.
Modèle de femme libérée
Parce qu'attachée à son homme.
Déjà trafiquée par mes soins
Pour qu'elle s'imagine autrement.
Delphine de son joli prénom
Qui revient des gloires antiques.
De perdre conscience des choses
Qu'ils reçoivent de toi.
Mais tu veux à tous, donner
Des miettes d'un parfait bonheur.
Le poète dépassé de ses ardeurs
S'en vient se remettre
En lice après avoir échoué
Au martyr de son doux rêve.
Tu figures d'un autre temps
Mes espoirs en terre brûlée.
Tes pieds sur les charbons ardents
S'activent au retour des flammes.
REGAIN D'ENERGIE
Comme une fontaine à boire,
Tu sèmes tous tes plaisirs
Dans le morne de nos espaces
Acculés à se faire prendre.
Je voudrais te taquiner,
Te recevoir dans mon esprit,
T'abriter de mon confort,
Te nicher de ma folie.
Lézarder les profils hauts
Qui viendraient nous surprendre
A porter des espérances tranquilles
Malgré la tempête au grand large.
Sait-il souffrir ton absence,
S'adoucir de ta volonté,
Ravir ton feu conquérant,
Lustrer tes nuits harmoniques.
Mutile vos approches fécondes
Des détails qui m'abîment.
Ebranle les chimères du poète
Pour qu'il éteigne sa flamme.
Donne moi ces parfums subtils
De vos regards complices.
Evite moi de grâce
De brandir les bouquets de joie.
Culbute les carrières rongées
Du fécond de leurs mobiles.
Agite le hochet coulant
De mes lubies d'emballage.
Pourquoi t'ai-je dit adieu
Comme on baisse un étendard ?
Pourquoi me suis-je reposé
Comme on retire un attelage ?
BAMBI
Adieu Bambi, sauve tes émules.
Retourne les mottes de terre brune
Et laisse les oiseaux des champs
S'abattre en ligne sur les semis.
Le vermisseau picoré du bec
Comme sacrifié pour la troupe,
Contamine la chair fine des rapaces.
Ne broute pas l'herbe d'alentours.
Rejoins la folle bourrasque.
Ne regarde pas l'agonie hurlante.
Sois fort et passe au travers
Sans trop chercher à savoir.
Sauve toi, il n'est plus temps
D'agiter le fanion de la Croix-Rouge.
Tu dois partir sans te retourner.
File au devant des flammes.
Les faibles devront succomber.
On retrouvera leurs cendres.
Eloigne toi des défigurés de la nature.
Il n'est pas bon d'en côtoyer.
Ils ont bien vu la chose arriver
Mais bouger leur était trop dur.
Il savent le mystère effrayant.
Leurs ombres ne les suivent plus.
Leur maladie n'est pas apparente.
Ils ne sont que morts-vivants.
Bambi, n'y pense pas, va-t'en.
On te fera vivre des aventures.
Si nous restons dans les limbes,
C'est pour que tu sois heureux.
Faire la fête nous ennuie
Car nous existons trop au dedans.
FAITES LE TAIRE
Il y a des appels qui y ressemblent
Mais qui est le véritable sauvé ?
Ces esprits limités à survivre
Et occupés de petits bénéfices.
Du sang qui les dépasse
Aux choses de leur destin
Qu'ils se plaisent de suivre
Dans les sentiers entamés.
Du vide des moments laissés libres
Qui se colmatent après coup.
Les sentiments à brides abattues
Qu'il fallait comme d'habitude
Dissimuler au lieu d'en faire part.
Mais, l'on se méfie qu'il puisse
Sous couvert d'émotions amoureuses
Venir saccager la vie tranquille.
Alors, quand il vient trop près
Du sanctuaire des âmes protégées,
Les rendez-vous ne tiennent plus.
On préfère le repousser dehors
Pour qu'en public, il ne manifeste
Pas l'embarras du brasier permanent,
Et détourne la rivière des interdits
De couche et de bon voisinage.
Il choque les prêteurs du dimanche.
Elle regrette d'aller vers lui.
Il ne fait pas cause du reste
Et l'incite à témoigner des choses.
Les mots ne lui viennent pas.
Il ne passe pas son chemin.
Comme dans un duel au revolver,
On attend que l'autre dégaine.
LA TRIQUE DU CHATIMENT
Ce n'est pas pour mes beaux yeux
Que tu viendras te retourner,
Plutôt rire sous ta cape
Et cracher ton venin de femme.
Briser l'accord au plus tendre,
Le mignon installé au volant,
Refoulé de sa passion du début,
Te garde au chaud pour la nuit.
Et ton corps qui s'ébroue
De vers encombrants ton esprit.
Bafoué par ton revers tournant,
Je m'aligne droit dans la mire.
Méfie toi des poids encombrants
Qui éraflent tes dalles précieuses.
Tu peux filer sur l'autre voie.
Je ne vais pas t'acculer encore.
Lapsus volontaire et pratique
Pour ombrager ta mine souriante
Au pensé de la traque
Percutante investie du chaos
De terminer l'ouvrage dégradant
Pour t'imprimer la violence
D'une passion enragée de fiel,
Pourrie jusque dans l'art d'aimer.
Groggy de la culbute capotée
A cause de tes orteils gelés
Et meurtris de ta marche forcée
Dans l'estampille d'un pesant boulet.
Cérémonie de la martingale
Eventrée qui pisse ses diamants.
La pression des pierres brutes
Evacués de la galerie serpentine.
S.O.S. AMITIE, ON VOUS ECOUTE
Le poète s'en remet au large
Car les muses s'en sont allées.
Il ne m'en reste aucune à aimer
Et si grand nombre à oublier.
Mais, ne ferais-je que de les apercevoir
Et j'aurais trop mal de ne pas les posséder.
Ne peut-on pas souhaiter meilleur
De lui dire pendant l'acte charnel
Combien on la sent nous appartenir,
De la sentir s'abandonner contre nous
Et se laisser faire en prise
De la passion qu'elle nous délivre.
Sa dernière rencontre déroulée
Dans son antre maléfique
A très vite tourné court
Quand il s'est pris d'amour pour elle.
Elle lui a repris ses espoirs
En revenant à ses horaires libres
Pour ne plus lui en concéder
Comme au promis qu'il fut.
Se refusant d'être choyée par mes lettres,
En regard peut être de son compagnon.
Venant à prendre une place
Trop grande dans sa vie réglée,
Elle me suggère d'aller voir ailleurs
Si d'autres peuvent me satisfaire
Comme les servants des coeurs troublés
Qui restent à votre écoute
Sur la ligne des appels à l'aide.
Et à l'occasion peut-être
Lors de mes sorties dans le parc
Venir me faire un bonjour guilleret.
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