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Poèmes à Alex (Part 5)/ Poèmes d'amour


Liste des poèmes

  1. Le mental propre.................................
  2. Piratesse........................................
  3. L'ami fidèle.....................................
  4. Hommage..........................................
  5. Par Mordicus.....................................
  6. Le rebelle.......................................
  7. Lune noire.......................................
  8. Horrible pensée..................................
  9. Lavandière.......................................
  10. Sarcophage.......................................
  11. Or en miette.....................................
  12. Victime passionnelle.............................
  13. Ma princesse arabe...............................
  14. Imaginer encore..................................
  15. Que de symboliques...............................
  16. Quand j'y pense !................................
  17. Si peu de chose..................................
  18. Tenir le coup....................................
  19. Le filon oublié..................................
  20. Alexandra, Mon Amour.............................
  21. Alexandra, Ma Hyène..............................
  22. Tourniquet à lacérer.............................
  23. Requin d'Antinéa.................................
  24. Avant que tu ne sois majeure..................
  25. Peut-être un jour.........................
  26. Ta vie si différente.....................
  27. Un petit dernier.............................
  28. Amour...........................................
  29. Au lecteur choqué..............................
  30. Si je pouvais lui dire...............................
  31. En espérant que non...............................
  32. Toi qui pense à lui..............................
  33. Ainsi donc.........................................
  34. Elle et son chanteur...........................
  35. Le plus beau.................................................

(Notez l'abandon de la rime à mi-chemin de la fin)


LE MENTAL PROPRE

Génération de cinglés
A qui tente de s'y retrouver;
Oh, petite fille des blés,
Ramasse le chat crevé.

Si le monde chavirait,
Je m'en irais retrouver
La saveur de ta peau sucrée
A mon sceptre désavoué.

Il me faudra renverser les montagnes,
Elargir la coulée de lave.
Provoquer la grande castagne
Entre petits-fils de slaves

Juste pour que la guerre éclate
Et que je vienne te secourir
Après l'ère des primates
L'heure à vous tous de mourir.

Le génie à découvrir,
Retracer l'unique amour porteur
De la main à divertir
D'un geste au coeur.

Le talent à former
Dans l'isoloir du coeur
D'un vieux lion affamé
Par trop d'impudeur.

Que tu reviennes à moi
De ton propre fait
Sans ses montreurs de foi
Qui rachètent l'amour défait.

Que de prières au Seigneur,
Il m'a manqué en affaire
De clamer mes ardeurs
Aux démons de l'Enfer.





PIRATESSE

Elle fera la vie douce
Aux marins des galères.
Après qu'on la détrousse,
Elle régnera sur les mers

Entre tempête et mer calme,
Entre corsaires et pirates,
Elle trifouille de sa fine lame
Dans les versets coraniques des sourates.

Entre cyclone et trou d'eau,
Tu prends à l'abordage
Les frégates et les bateaux
De tes mauvais présages.

Chaloupe à la mer,
Te porter en triomphe
Sur les bords de Bavière
A l'autre strophe.

Quitte ton vaisseau
D'hommes de main lubriques
Ô ma divine Salambô,
Retrace mon Angélique,

Marquise des îles du couchant.
Puis-je être ton prince levant
De mon sabre tranchant
Comme de Messire D'Artagnan.



L'AMI FIDELE

Applaudissent-ils pour se moquer
Des stars aux invités du public.
L'humour décapant du toqué
Triomphe de la supplique.

Simple d'esprit au prolétaire
Sont façonnés à la mode du Caire.
Faut-il que la race des Seigneurs
Viennent à juger de leur valeur ?

Peur qu'ils soient manipulés
Par les discours démagogiques.
Voudraient-ils les acculer
Au massacre synthétique ?

Fais-moi intégrer mon état originel
Quand je ne m'offusquais pas d'elle.
Mais, surtout que tu puisses
Me parler comme un père à son fils.

Tu me manques, mon Créateur.
Je t'aime mon Ami,
Toi qui à chaque heure
Me lance un cri.

Qu'elle me supplie de revenir,
Que des pensées qui filtrent l'esprit,
Je ne puisse la maudire
Pour le serpent qui l'a séduit.

Si vous la reconnaissez,
Sachez qu'elle m'est acquise.
Si vous la pourchassez
Contre moi, à votre guise.

Me voir d'ici cinq ans
Dans ses bras virtuels
Et mon costume clinquant
Noir sur le blanc de ma belle.




HOMMAGE

Il vivait sur la colline
Avec ses bêtes de somme.
Il goûtait aux pralines
Rejetées par les grands hommes.

Il aimait à rire quand
Elle s'allongeait sur le dos.
Cela faisait cinq ans
Qu'il portait un bandeau.

Factice retour au futur,
L'année des retrouvailles
A ses yeux est un parjure
Qui négocie le soupirail.

Suprématie devant ses congénères,
Qu'elle me raconte sa vie,
Ses tourments, ses crises de nerf,
Ses pertes fréquentes d'appétit,

Ses petits amis, ses nuits agitées,
Ses promenades sur la plage,
Ses lectures, ses pages déchiquetées
Dans l'univers où elle surnage.

Et qu'enfin je la quitte
Pour qu'elle me tienne
Dans son coeur, une place invite
Jusqu'à la prochaine.

Sa vie, un échec cuisant
A la hauteur de ses limites.
Son homme, un amant jasant
De passions déconfites.

Mon oeuvre, une éloge folle
A mon inconnue fatale
De la petite vérole
A son trou de balle.





PAR MORDICUS

Si tu es venue pour me dire
Ce que je refusais d'entendre,
Permets-moi de partir
Sans chercher à comprendre.

Si tu es venue me dire
Que tu regrettes le passé,
Accorde moi de finir
Ce que j'ai commencé.

Si tu es revenue vers moi
Dans l'absence totale de désir,
Repars aussi vite chez toi
Démonter les barrières à proscrire.

Si tu es repassée seulement
Pour répéter le sans rancune
Des chansons du moment
En compagne de l'infortune,

Il vaut mieux que tu te taises
Que tu t'en retournes d'où tu viens
Sans consumer les braises
De notre amour ancien.

Si tu te refuses encore
A t'humilier de larmes franches
Dans le froid du grand Nord,
Dans la béatitude blanche,

Je verrais ta noirceur
Qui te distingue des sages.
Je rêvais ta douceur
De femme d'un autre âge.

Si tu reviens sans mot dire
Comme une femme désabusée
Du mal d'aimer et de lire,
Tu seras ajoutée au musée.





LE REBELLE

Supposé de la forme
Contre les apparats.
Pendant que les gens dorment
Du profond embarras.

Il suffit de briser le maillon,
Déserter les boîtes de nuit,
Ne se vêtir que de haillons,
Supprimer les rimes de l'ennui.

Refuser la consommation,
Détraquer la machinerie.
Tenir tête aux stars de la chanson
En dédaignant leurs pot pourri.

Le troupeau reste asservi.
Je n'ai besoin de rien,
Ce goût pour l'anarchie
Et le refus des biens.

Le problème est ancien
Mais le remède est proche,
Déchirer les derniers liens,
Faire tomber les anicroches.

Alexandra au fond de mon panier,
La grande vie dans le votre ;
Un compromis à signer
Entre les nouveaux apôtres.

Vous me la donnez
Et je vous la retire.
Vous y aurez gagné
De sauver un martyr.

Elle reviendra d'elle même
Sans ménager votre peine.
Graciée de l'anathème
Evite au bagne de Cayenne.




LUNE NOIRE

La mort, elle aimait en parler,
Ses poèmes que vous ne lirez pas.
Sa voix qui me coulait
Dans mon sirop d'orgeat.

Comment pouvais-je savoir !
J'avais bien la puce à l'oreille
Mais l'amour est de ne rien voir,
Se laisser mettre en bouteille.

Celle à qui on ne résiste pas,
Qui se fait merveilleuse.
Celle à qui on ne la fait pas,
Larmes douloureuses.

Jouet dans des mains innocentes.
Qu'ont-elles toutes aujourd'hui ?
Quelle époque tonitruante !
Défaire un geste gratuit

Seulement pour se vanter
D'avoir été aimé par un grand
Tout au long de l'été,
Ravie par son feu conquérant.

Faites que je n'ai pas de fille
Car à moins qu'elle ne m'en donne une,
Elle portera mon nom de famille
Mais le prénom de ma Lune.

La peur motive ses études.
Mon chien se défoule comme il peut.
Ce n'est plus la fille prude
Qui brille d'un éternel feu.

Elle se reflète dans l'eau marécageuse.
Elle est le seul trésor de ma vie.
Derrière la brume sirupeuse,
A l'instant, je la vis.





HORRIBLE PENSEE

Si encore, je te savais heureuse
Dans les bras d'un page.
Les serpents de ta Charmeuse
Me doivent un gage.

S'est-on, tous deux, tant aimés
Qu'ils ne peuvent plus rien t'apporter
Si ce n'est une image déformée
De ma splendeur héritée.

A me voir, elle se dirait
Qu'elle a fait grand mal
D'aussi vite se retirer
De mon jardin frugal.

Son amie s'est approchée
Pour lui dire qu'elle l'aimait;
Je n'étais pas fauché !
Et puis, à vrai dire, j'aimais.

Comme cette femme qui dansait
Sur la scène du saloon,
Image d'une vie passée
Où d'indien, on me fit clown.

J'étais comme absorbé par son décolleté,
Vert de paillettes, court sur la cuisse.
Déjà voyeur, je me dégoûtais
Moi-même de l'érection du pénis.

Je porte la main aux yeux,
Mais la Féconde me pousse
A revisiter le lieu
Des femmes qui se détroussent.



LAVANDIERE

Il y a des étoiles à l'infini,
Des toiles chez les maîtres,
Des voiles à l'agonie
Et des beautés à naître.

Mais mon centre de vie,
Le flambeau de ma chair,
La fille qui me ravit
Reste une étrangère.

Dans mille ans, la Terre
Sera à nouveau un jardin.
Il n'y aura de désert
Que dans le souvenir des marins.

Les habitations auront disparu
De la surface de la planète.
Plus de cités lumineuses en vue,
Quelques rares troupeaux de bêtes.

Jamais, elle a été si belle.
Que de poètes, il nous manque
Pour se faire les sentinelles
De la garrigue et des calanques.

Qu'elle est libre aujourd'hui,
Autant que le parfum bleu nuit
De mes rêves d'enfance,
D'amour de vacances.

Voici qu'elle me sourit,
Ses mains repliées aux coeur
Comme une vierge assouvie
D'un éternel bonheur.

Je n'ose interrompre
Son chant mélodieux.
Il bat à tout rompre
Du mystère des dieux.





SARCOPHAGE

Savoir émouvoir et plaire
M'est devenu inutile
Si pour se faire
Dans la vieille ville,

Je dois débaucher
Une autre fille des bars.
Sur la table, la coucher
Et la déshabiller du regard

Seulement pour répondre à l'appel
De la bosse du chameau.
Il me faut dénicher la pelle
Pour creuser au caveau

La perle des profondeurs,
Laver les couches de peintures,
Ne pas m'offusquer de la rondeur
Ou du franc parler de la roulure.

Mais Alexandra n'y est pas !
Le sexe ne compense pas l'amour perdu.
Je m'en vais à grand pas
Voir si je puis encore être mordu

Par des fesses plus fermes.
La folie de se croire promis
A cause de quelques je t'aime
Entre sanglots désunis.

Toutes faites à la chaîne,
Allumeuses en trompe l'oeil.
Grugé par ma reine,
Je m'en retourne dans mon cercueil.

Qu'il fait étroit là-dedans
Alors que les autres s'amusent.
Je consume le bois du feu ardent
Pour récuser la reine des Muse.





OR EN MIETTE

Reviens-moi, petite fille.
Ecorche-toi les seins aux barbelés
Avant que le temps se gaspille,
Que je vienne à me fêler

La tête contre le puits,
Cervelle fracturée en porte-cloche.
Arme qu'on sort de l'étui
Comme anguille sous roche.

Front contre la pierre taillée,
Echine refroidie par le canon,
Le souffle court, déverrouillé
La gâchette pour la Manon.

Je n'en ai pas démordu,
Même les tripes à l'air
Et la cervelle fendue,
Tâches vermeilles sur ma crinière,

Je suis parti la découvrir,
La révéler à ma vue
Sans me la ravir
Pour que j'en sois venu.

Cette impression moribonde
Comme si le ciel allait manquer
Aux belles images du monde
Qui s'en vient à craquer.

Marche au pas cadencé.
Les fils du veau égorgé
Ne peuvent plus danser,
Semblables à des statues érigées

Pour amuser la galerie,
Ils fuient de leur or massif
Le douloureux et grandissime prix
De l'âme écorchée à vif.





VICTIME PASSIONNELLE

Il t'en a écrit trois comme moi
Sauf que dans mon cas,
J'ai continué tant j'étais flatté
Que tu me portes intérêt breveté.

Voudrais-je te faire mal
Que je me frapperais moi-même,
Qu'à la libération finale,
Je te verse ma crème.

Enfin dit après un long parcours,
Je me ferais donc démon
Ou artisan de la basse-cour
Pour répondre à ton nom.

En cela, je t'aime plus
Que Dieu en moi-même
Préférant me donner à Vénus
Et me mettre à son emblème.

Lucifer, porteur de lumière,
N'étais-tu dans l'Esprit Saint
Qu'un pion de tesson de verre
A devoir polir sans fin

Mon âme qui te savait condamné
A lutter contre ma personne
Trop haut placé dans l'échiquier
Pour autant que ton nom résonne.

Ton Dieu que tu as tant aimé,
A préféré placer un imparfait
A sa suite que de te le donner
Comme chair à torréfier.

Je compatis à ta peine, mon brave.
Tu montres combien je suis petit
Chaque fois que j'élargis mon enclave
A celle du voisin imparti.




MA PRINCESSE ARABE

Son char volant la déposa
Ornée de ses palefrois
Comme une Vénus en bière.
Je tombais ventre à terre.

Elle posa sa main sur ma nuque.
Je me sentis comme enveloppé
De la fureur d'un eunuque
Castré au fil de son épée.

Je levais mes yeux vers elle
L'implorant de me garder la vie.
Elle étendit ses bras et me tint contre elle.
Je sentais monter le génie.

Je posais ma tête sur son épaule,
Elle me caressa les cheveux.
Comme dévoré au vitriol,
Je lui fis mes aveux.

Elle ne m'écoutait pas,
Elle riait aux éclats
Comme si rien ne comptait
De tout ce que j'avais fait.

Et puis, qu'elle s'en foutait,
Qu'il n'y avait eu que moi .
Et plus je l'écoutais,
Plus je regagnais foi.

Elle s'était promis de revenir.
Elle savait que c'était moi,
Le détenteur de son avenir.
Elle ne voulait pas d'autre roi.

On est parti vers son royaume
Dans la cité des sables gris.
Nous avons joint nos paumes
Comme de jeunes otaries.




IMAGINER ENCORE

Ils s'assemblent entre eux
Au plus profond de l'intime
Se croyant parties au lieu
D'entiers voués au Sublime.

Ca bouge toute la nuit.
Ca prolonge ton ennui
Jusqu'aux lueurs du matin
Où tu sors enfin du jardin.

Le nu ne me dérange
Pas plus de peler une orange.
Plus mon sang bleuit
Et plus ta lèvre me trahit

De choses que je ne t'ai jamais dites
Ni rêver de faire avec toi,
Ce qu'hier tu invites
De coucher avec moi,

Qu'il te fallait la garder
Pour qu'il me la manque
Du mur crépis et lézardé
Où tu gravais le symbole d'Ankh.

Peu importe, je ne voulais
Que ta présence à mes côtés
Sans même te fouler
D'un regard à la dégoûtée.

Te savoir là dans mon univers,
Nulle ne saura t'imiter en cela.
Qu'aucune aux plus beaux travers
Ne dénouera jamais l'entrelacs.

Nos âmes qui se lamentent
De n'avoir su nous aimer
En avenir que j'invente
Pour te revoir t'animer.





QUE DE SYMBOLIQUES

Engagé comme ouvrier
Et grugé par le patron.
Employer le négrier
Autour du chaudron.

Ca baise la soubrette
sans préliminaire avant-coureur
De renverser la charrette
Avant d'avoir séduit au coeur.

Souffrir dans l'isolement
Du manque volontaire et voulu
Avant de se faire amant
Dans des débordements goulus.

Repousser sans déprécier
La valeur de la marchandise
Ni la filer à l'épicier
Pour une souris grise.

Entretenir le suspense
Jusqu'à la faire craquer
Sans user des pinces
Pour la croquer.

Si pure qu'on la garde
A jamais enfouie au dedans
Même si j'avoue qu'elle tarde
De revenir comme avant.

Cette tension d'amour fou
Qu'on voudrait toujours partager
Pour rejoindre les bouts
D'une histoire ombragée.

A choisir un apex
Entre amour et sexe,
Je défend le premier
Et confond le second.




QUAND J'Y PENSE !

Si vous me défendez,
Je vous cracherais au visage.
Si vous me l'accordez,
Je m'en irais à l'abordage.

Qu'elle me peine d'avoir grandi !
Pourquoi tant d'assurance ?
Pourquoi ai-je été trahi
Par sa folle manigance ?

Elle qui voulait que je l'étouffe,
Que je la tue, que je la piétine
En martyre de patine
D'opérette sur le rough.

Pourquoi ne l'ai-je pas fait
Avant qu'on nous découvre ?
J'aurais signé son autodafé
Pour échapper à la pieuvre.

Promettre l'amour toujours
Au naïf que j'étais
Et braver sa cour
Au plus dur de l'été !

Si au lieu de se dire
Plus raisonnable qu'avant,
Elle avait su me dire
Qu'elle ne m'aimait plus comme avant ;

Cela aurait été affreux
Mais s'en serait allé l'espoir.
Je n'aurais plus ce creux
Qui m'empêche de boire.

Tant besoin de voir
Celle qui m'a traîné à ses bottes,
A suivre d'impossibles asymptotes
Jusqu'à son pieux dépotoir.





SI PEU DE CHOSE

Quand je t'aurai connu,
Je mourrai à moi-même
Déposant mon diadème
Ne voulant te voir nue.

Ton corps n'a rien qui me plaît.
Tes balourds me sont un fardeau.
Tes courbes et cuisses mal profilées
Me donnent froid dans le dos.

Ton âme m'est un régal.
Tes silences me sont parlants.
De toi, j'ai la fringale
Des instants laissés blancs.

J'ai reçu d'elle ce qu'une autre
Aurait mis une vie entière
De procuration en danse du ventre
Sans égaler mon héritière.

Pauvre de moi, interdit de ma belle.
Mon amour qui ne veut fléchir
Dans ce brouhaha de demoiselles
Qui gesticulent sans réfléchir.

J'entretiens la passion
Qui l'a quittée.
Je brouille de pulsions
En rêves agités.

Je crève de honte
Face aux infidèles.
Si peu de compte
Auprès d'elle.

Vous pouvez rire.
Il sonne creux
De s'en aller quérir
Vous autres affreux.




TENIR LE COUP

De toute manière, vous faites tout mal.
Vous avez beau vous appliquer,
Même pour les choses banales,
Vous ne faites que forniquer.

Quand elles sont superbes à mourir,
Elles ne font que s'aimer au travers de moi.
Pourquoi donc me fais-tu sourire
Quand tu sais que j'ai si mal de toi

Que le rideau peut tomber
Et que les pierres me lapident.
Je ferai une dernière enjambée
Pour finir en terre putride

J'élaguerai les dunes
A la recherche de la cité perdue.
Si tu me vois ma prune,
Ne bois pas à la ciguë.

Je soigne des amours infidèles.
Je crie de tout mon âme affaiblie
A ce que la vengeance du ciel
Vous épargne dans son lit.

Je pleure de mon ashram
Sur la communauté des ermites.
Ne puis-je allumer une flamme
En retour de ma vie qui s'effrite ?

Ne peut-elle reconnaître qui m'habite
En toute heure, à tout lieu
Plus qu'un amour fidèle, un invite
En mon coeur jeune et impétueux.

Très cher tsarine en exil,
Souviens toi du poète solitaire.
Sa folie l'a contraint à l'asile
Où il croque son vers de terre.





LE FILON OUBLIE

Derrière vos buildings de verre,
Vos froissements de papiers,
Vos machines qui réitèrent ;
Toujours à vous épier

L'un l'autre en contrebas
Du siège à droite du chef,
Vous vous faites les soldats
De vos propres griefs.

Veillez à ceux que le marbre noir
Recouvre votre tombe avancée
De vos pelletés en déversoir
Aux tranchées défoncées.

Qu'il me pèse de mesurer
L'étendue de mes domaines.
Chaque hectare m'effraie
De prospecter tes veines.

Fin limier de ton monde enchanté,
Je garde tes vertes prunelles
Aux mille reflets argentés
L'écharpe au bras des infidèles.

Sait-on jamais si je devais
Un jour te voir à nouveau,
M'évertuerais-je à t'enjoliver
De vers encore plus beaux.

Serait-ce alors mon destin
D'épouser la précieuse catin
Qui s'épuisa naguère dans l'art
D'aimer sans voiler son fard.

Glisse tes mains dans les miennes.
Reformons le cercle divin
Afin que le cyclone revienne
Et m'emporte loin, très loin.

ALEXANDRA, MON AMOUR,

Je t'aime comme un Dieu fourvoyé

A jamais.

Même martyr, je préfère être

Et n'aimer que toi

Pour les jours qu'il me reste

A vivre dans ton souvenir.

Pardonne moi de t'aimer

Contre ta volonté et ton équilibre.

Pardonne moi de t'avoir séduit.

Je vais bien.

Je pense beaucoup, toujours à toi.

Ton Gémani qui te porte en lui.


ALEXANDRA, MA HYENE

C'est uniquement pas flemme

Si je te colle au derrière

Comme un suppositoire engagé.

Tu es tombée dans mes bras

Sans que je n'ai eu d'efforts à déployer.

Reprendre la quête auprès d'une autre

Me causerait une surcharge de travail.

Séduire n'est pas mon habitude

Alors je te reste fidèle.

Je me moque totalement

De tes sentiments propres

Puisqu'il me suffit de t'aimer.


TOURNIQUET A LACERER

Que deviens-tu, amour brisé ?
As-tu pansé tes plaies ?
Moi qui n'ai pas su t'aiguiser
Ne parviens pas à t'oublier.

Le voudrais-je encore un soir,
Entendre le son de ta voix chuchotée
Dans ta machine, le jus du pressoir
Sans que je n'ai à me décalotter.

Plus prompt aux plaisirs des sens,
C'est moi qui m'en serais allé
Par une travée d'inconscience
A finir sur un pieu d'empaler.

L'amour me suspend son trophée
Mais c'est au banc des éclopés
Que je traîne le surfait
De mes doigts sales détrempés.

Avec mon coeur, ma raison a viré
Comme un supplicié de Tantale,
J'ai beau de tout mon long, m'étirer,
Ne parviens pas à lever ton voile.

L'indomptable, la féline
Redoutable en bord de plage,
Tes jambes nues au sol de la cabine
Qui irritent jusqu'à mon pelage.

Comme le mythe des Danaïdes,
Je comble d'amour une fille
Dont le coeur n'est plus avide,
Dont l'oeil jamais plus ne pétille.

Que de poèmes qui riment à rien
Dont le temps suffit et se gaspille
De songer au témoignage ancien
D'un amour tenu sans béquille.





REQUIN D'ANTINEA

Quand les cieux se soumettaient,
Quand nos yeux convergeaient,
Que j'allais jusqu'à t'inviter
Sur les cimes enneigées

Avant qu'elles ne soient de vomir
Des chalets à construire,
Des palais de l'émir
Aux tribus à reconduire

Jusqu'en bord de l'abîme
En territoires défendus
Par nos rapports intimes
Et nos corps étendus

Aux endroit trop délicats,
Aux banquettes des salons
En souvenir de Guernica
Et de sa morte saison.

Tu avais douze ans à peine.
Ishtar, le guerrier glauque
Se trouve bien en vaine
De plonger dans ta coke.

Le regard vide et absent,
La pâleur outrageant le faciès,
Des moeurs plus qu'indécent
A vous toucher la fesse.

Sang de cristal et papier gitane,
Tenue de paille sans ficelle
Entre chasuble et soutane.
Vingt cinq ans, se révèle

Ingrat de son premier amour,
Abuse le rivage des étoiles,
La voie lactée qui savoure
Ses prémices en bord du voile.





AVANT QUE TU NE SOIS MAJEURE

Pourriez-vous me prêter
Votre chatte et votre bouche
Le temps d'une nuit d'amour.
Dis que tu ne peux vivre sans moi.

Je veux pouvoir dire à toutes :
Elle a quinze ans et elle grandit.
Elle est déjà plus grande que moi.
Elle ne m'attend pas malheureusement.

Et moi, je ne veux pas t'aimer belle dame.
Je m'en fous, c'est Alexandra que j'aime.
Elle veut pas mais je veux vivre dans son souvenir
Il lui reste peut être encore quelques bribes

De sa toute jeunesse quand elle m'aimait.
Je crois encore qu'elle m'aimait vraiment
Et les autres étaient nulles et menteuses.
A quoi ça sert de vivre avec une autre

Alors que c'est elle que j'aime.
Je veux pas qu'on me la fasse oublier.
Je veux pas qu'on la force à m'oublier
Mais je veux pas lui coller au derrière.

Tu t'en veux de m'avoir appelé
Mais je suis aux anges de t'entendre.
Je t'ai demandé de raccrocher.
T'as pas pu et moi j'étais dur

Parce que je voulais que tu te soucies
De moi, pas que tu fasses semblant
Pour que je t'écoute m'entendre dire :
Cesse de m'écrire, je t'en prie,

Ca risque de me poser des problèmes.
A part ca, je te souhaite une bonne année
Pourquoi, tu en as rien à foutre de moi.
Mais si, mais si. Qu'allais-tu rajouter ?





PEUT ETRE UN JOUR

Je pourrais vivre toute ma vie
Loin de toi mais pas sans nouvelle,
Vouloir partager tes moments de vie,
Que tu m'écrives, que tu m'appelles,

Que tu vives, que tu penses à moi,
Que tu ne déménages pas sans me donner
Ta nouvelle adresse, je m'en fous
Qu'il te pénètre, que tu l'aimes

Mais, je veux compter un peu comme un ami
Sans plus jamais te mettre mal à l'aise.
Je voudrais que tu m'accordes tout cela
Quand tu seras libre dans trois ans.

C'est toi mon amie, l'amante d'une vie
Même si tu restes toute ma vie durant
Un rêve, je veux m'y noyer dedans,
Imaginer qu'avec toi, j'aurais pas pu

Me lasser et passer d'autres moments merveilleux,
Peut être qu'un jour tu voudras me voir enfin
Ou accepter de passer ta journée avec moi
Pas même la nuit, juste t'avoir près de moi.

Ta mère en tant que directrice qui t'embauche
Et toi qui rit et moi en face de chez toi qui t'observe.
Tu es une perle que je n'ai pas su enfiler.
Tu es au contraire celle qui me raccroche à la vie.

Je vais rattraper le temps perdu.
J'aimerais seulement que tu laisses
Sonner une fois et puis tu raccroches
Le soir quand je suis à la maison.

Je t'en demande beaucoup, passer toute une vie
Comme ça à vivre dans ton ombre comme
Monsieur Hire et je suis si heureux d'avoir échoué,
D'encore espérer qu'il te reste quelque chose de moi.





TA VIE SI DIFFERENTE

J'ai la chance d'avoir un contact avec toi.
Le "je n'aime pas écrire" où tu te réfugies.
Je ne veux pas te tromper même en pensée
J'ai déjà cru le faire et je n'aime pas cela.

Plutôt attendre de communier avec toi,
De dire qu'à un jour près, tu ne m'aurais pas eu.
C'est divin de t'entendre, téléphone-moi ma douce
N'attends pas un ou mille ans, redis-moi bonjour.

Tu n'aurais pas du, je sais
Mais que j'aime te savoir
Relever et composer mon numéro
Quelle qu'en puisse être la raison.

Je veux pas t'empêcher de réussir,
C'est malgré moi que je t'embête.
Tes rires que je croyais être des craquements de ton coeur
Reflétaient ta nervosité et ton mal être de me parler.

J'ai pas le droit de t'aimer à distance
Penses-tu à moi quand tu me dis
Au sujet de l'un d'entre eux,
Il est beau à mourir si tu savais.

Ha, mais y a mon Gémani, c'est vrai,
Lui qui m'attend, mon vieil amour.
Mais tu raisonnes autrement que moi
Tu préfères sans doute t'amuser et jouer

Pas t'enfermer, aller aux concerts,
Voir tes copines, les beaux mecs,
Plaisanter avec eux toute la soirée,
Aller sur la plage te baigner avec eux.

Voir leurs yeux jeter leur dévolu
Sur ton corps qui ne s'y refuse pas
Et mon image qui disparaît, qu'ils éclipsent
Par leur virilité et leur confiance en eux.




UN PETIT DERNIER

Je suis heureux que ton mec
Soit si beau, bien dans sa peau,
Qu'il peut se vanter d'avoir la fille
Que j'aurai aimé avoir pour femme.

T'es un vrai bijou, Alexandra
Et qu'il n'aille jamais se plaindre
De toi, ma dulcinée des prairies,
Qu'il sache toujours te rendre grâce.

Mais si tu as un peu de temps,
Appelle moi. De toutes façons,
Je serai toujours libre pour toi
Puisque je demeure ton esclave.

Tu es la fille sur laquelle
J'en sais le plus entre toutes.
J'ai des amies mais pourtant
C'est de toi que j'en veux.

Je te supplie de ne pas regretter
Ton coup de fil, tu es d'une bonté
Si seulement tu me priais de t'écrire.
J'avais plus d'espoir, tu es ma fontaine

Tu m'en as redonné même si
J'ai rien compris, je ne voudrais
Jamais ton malheur et pourtant
Comme tu vois, j'y contribue

Tu as le droit comme l'autre folle
D'un jour vouloir recevoir mon amour
Et après, me dire que c'est fini
Mais de la façon dont tu l'as dit,

C'est pour te préserver de ta mère.
Dis toi que tu ne me dois rien.
Je ne mérite aucune consolation
Mais je t'aime, voila c'est tout.





AMOUR

Il y a des amours incertains
Où le fibre se décolle et casse
Avant que la promise revête
Son habit de fête et de mariage.

Il y a des amours trahis
Où le tissage se détériore
Quand les mots sont prononcés
Sur la promesse de vivre ensemble.

Il y a des amours trompeurs
Où le sexe est la raison première,
Où les tiges sont en bourgeons
Quand le coeur ne suit pas.

Il n'est de plus bel amour
Que celui que tu m'as offert.
Il n'est de plus grand amour
Que celui qui me fut rendu.

Il est des amours partagés
Où l'on vit d'embrassades,
D'étreintes et de mots simples
Quand la passion se meurt.

Il est des amours insensés
Où l'on se dit avant même
Qu'on ait commencé à s'aimer,
Que demain, il faudra se quitter.

Il est des amours suscités
Par le rejet de l'être convoité
Qui se veut ainsi plus aimé
Par celle qu'il a choisi de rendre folle.

Il n'y aura plus d'histoire d'amour
Comme celle qui me fut écrite.
Il n'y aura plus de serments d'amour
Puisque la fille de jadis s'en est allé.




AU LECTEUR CHOQUE

Toi qui me liras et me jugeras,
Que tu sois mon épouse chérie,
Mon fils, ma fille ou une étrangère,
Sache que je ne suis pas mauvais homme.

Que mes tourments prendront fin
Dans l'amour qui me sera rendu.
Je ne suis déjà plus mon corps,
Le mental, encore pour quelques temps.

Et après, je serai proche du but
Quand je m'identifierai plus à rien.
Que j'aurai allumer les gaz de propulsion
Au lieu de grimper les étages de la fusée.

Je me dois de décrasser la femme,
Gratter sous son maquillage, retirer son tailleur
Pour trouver Dieu, celui qui est
Le plus à même de ne pas me recevoir.

Comment peut-elle cacher un bien
Si précieux, enfin, faut passer par là.
Aller tout au fond d'elle-même
A la fois pour se perdre et l'oublier.

Comment sous les couches, peut-elle
Nous donner la coulée de la lumière,
Ce goût d'éternité à la fois dérisoire
Et divin qui s'échange dans l'union.

Et toutes ces filles qui m'échappent.
J'aurais voulu toutes les connaître ou presque.
Les plus belles que j'aurais trouvées niaises
Parce qu'elles seules réussissent par l'inné.

Elles usent de la faiblesses des hommes
A exposer leur beauté fatale et honteuse.
Sous la lumière trop dense des dieux,
Je ne vois pas ton corps et tes gestes.





SI JE POUVAIS LUI DIRE

Je n'ai pas envie d'en connaître d'autres.
Les laides n'ont plus que la haine
Et les belles en font un jeu macabre
Alors les messieurs puisent entre les deux.

J'en aime une. Elle ne m'aime plus.
J'omets de me retourner sur une autre
Alors qu'elle était prête à m'aimer.
Je fais à l'envers de mes profits.

Toutes celles que je regarde se retirent
En me dévisageant comme un vaurien.
Que j'aimerais pourtant les emprunter
A leur mari galant pour leur faire leur fête.

Alors dis moi, jolie fille, que ressens-tu
De ma bite enfoncée entre tes cuisses ?
Pensais-tu que ce serait différent avec moi.
Je n'imaginais pas que nue, tu sois si belle.

C'est bien agréable d'user d'un corps parfait.
Comment avec ton visage de top-model,
N'as-tu pu dénicher qu'un mec comme moi ?
Tu pourrais être plus exigeante, je t'assure !

Que j'ai de l'imagination amoureuse
Ne rentre pas en ligne de compte.
Imagine plutôt son corps sculpté
Dans le roc, le physique du playboy.

Qui puisse te jucher sur son promontoire
Et tenir le coup sans s'écrouler
Ou se demettre son phallus sculptural.
Tu rencontreras plein de beaux hommes.

Ils te feront l'amour à te déraciner
Du sol. Ils y mettront tant de passion
Que tu sentiras tes lèvres arrachées
Et d'en haut et d'en bas, tu saigneras.




EN ESPERANT QUE NON

Certains déposeront Venise à tes pieds
Seulement pour te témoigner leur amour
Et quand tu rencontreras un mec comme moi
Qui se dira déçu par la vie et par l'amour,

Que la seule qu'il aimait est partie
Un jour pour ne plus jamais revenir,
Qu'il ne veut pas en aimer une autre
Pour sacrifier une passion aussi belle,

Si seulement, elle se souvenait
Et refusait de lui cacher son amour.
Et tu auras beau le supplier à genoux,
Ta main dans sa braguette ouverte,

Il ne pensera qu'à sa bien-aimée.
Alors, tu lui avoueras que tu as été
Aussi une de ces femmes qui n'a pu
Tenir ses engagements de jeunesse

A la fois par peur de la passion et par soif
De découverte d'une maturité plus grande
Et que le jour où tu as voulu de lui,
A nouveau, il avait disparu du monde.

Que tu ferais tout pour le rejoindre
Si tu étais certaine qu'il t'avait oublié,
Qu'il ne t'aimait plus, qu'il ne voudrait
Même pas de toi dans son lit froid.

Il te répondra d'attendre que l'ancien
Te donne de ses nouvelles avant
De vouloir à tout prix te taper
Le premier matou qui lui ressemble

Et qui n'en veut qu'à ta chatte.
Démordre de tes souffrance
En laissant partir de toi, un élan
D'amour continuel vers lui.





TOI QUI PENSE A LUI

Et qu'après, il te téléphonera
Pour te demander de le rejoindre
Dans le petit nid douillet
Qu'il t'aura préparé dans la place.

Mais tu ne voudras pas l'engager,
Juste le connaître dans ta chair.
Vivre la passion du début ancien
Avant qu'elle perde en intensité amoureuse.

Le quitter pour en garder le meilleur
Dés qu'il te croira acquise à jamais.
Et toujours revenir vers lui au moment
Où il ne croira plus en ses chances.

Chaque fois, il espérera que tu restes
Et toujours, tu t'en iras loin de lui.
Tu te ménageras une seconde retraite :
Un mec tout à l'opposé de lui

Et tu navigueras entre eux-deux
Et les super mecs trop craquants,
Goûtant aux qualités de chacun
Sans payer le tribut de l'amour.

On cherchera toujours vers toi
Mais tu ne baisseras jamais ta garde.
Tu te laisseras remplir ton foutre
Dés que le bonhomme te plaira.

Et puis, tu prendras le visiteur
Pour l'amener jusqu'à ta chambre.
Tu te déshabilleras devant lui.
Tu verras dans ses yeux son envie.

Tu aimeras ce désir de l'homme,
Sa main qui s'éprend de tes poils,
Ses fesses fermes et rebondissantes,
Sa bite que tu fais pénétrer en toi.





AINSI DONC

Tu te soumettras aux attouchements,
Aux fleuraisons, aux masturbations,
Aux délires des humiliations voulues
Au lieu du téléphone qui raccroche,

Des amours qui se vivent en cachette,
Des billets doux envoyés en hiver
Pour se rappeler un été orageux,
Et préparer un printemps fleuri.

Et comme le norvégien, l'espagnol,
L'italien et la parisienne, tu m'auras oublié,
Relégué parmi les souvenirs indésirables,
Entre tes expériences amoureuses délicates

Avec des garçons trop loin ou trop vieux,
Des filles pour qui tu sentais quelque chose.
Comment ai-je pu te décevoir de l'amour
Qui m'était compté par poème envoyé ?

J'aurai voulu que tu m'aimes toujours
Et si tu reviens, je voudrais tant
Que tu n'ais plus de raison pour t'enfuir,
Mais une pour m'embrasser sur la bouche.

Et que toute la nuit, tu restes
Allongée sur moi de peur
De te trouver seule au matin,
Ne m'ayant pas vu partir.

Si seulement les filles tombaient amoureuses
Entre elles au lieu de préférer les garçons,
Je pourrais comprendre ce qui te pousse
A leur accorder tes faveurs dans les toilettes.

Que peux-tu éprouver près d'elle qui t'aiment.
Ce n'est que du synthétique qu'elles te rentrent.
Même leurs doigts te rappellent les hommes
Qui passaient la main entre tes cuisses.




ELLE ET SON CHANTEUR

Elle rêve d'un chanteur,
De reprendre sa mélodie,
Qu'on lui écrive une chanson,
Qu'on lui joue de la guitare.

Elle rêve d'un homme des foires
Qui lui dise Alexandra en chanson
Et que la musique l'emporte
Entre le couplet et le refrain.

Elle rêve de se promener
Avec lui dans le bain de foule
En délire où des filles plus belles
S'arrachent des lambeaux de sa chemise.

Elle rêve d'inspirer l'amour,
De séduire l'homme en recherche
De sa dose de regards de filles
Toutes abandonnées pour un sourire.

Elle veut être plus aimée qu'hier
Mais elle aime souffrir le martyr.
Elle voudrait tant qu'il la trompe
Mais il ne signe que des autographes.

Tellement rongé qu'il s'en inspire
Quand insoumise, elle s'en va ;
Il chante et revient vers elle
Avec de nouvelles mélodies.

Elle sait plus comment dépasser
Un amour qui ne saurait l'être.
Elle regarde en arrière comment c'était
Et se moque de comment demain sera.

Elle veut qu'on l'aime à crever
Mais jusqu'à demain seulement.
Elle ne dit mot de ses motifs
Quand elle fait ton numéro.





LE PLUS BEAU

Même si elle semble heureuse quand elle divague,
Son coeur craquelé d'espoirs attend les beaux jours.
Pour ne pas qu'il s'en aille et lui laisse le vague
D'une histoire pas même commencée, elle lui fait l'amour.

A travers les soupirs, les ronds de fumée à peine dessinés,
Elle s'arrache le coeur pour s'imprimer un sourire
Superficiel se dit-elle en le voyant s'illuminer
Quand il s'approche et qu'elle se sent partir.

Envie fugace d'une nuit d'amour à l'hôtel
Pendant qu'elle part dans la nuée des hommes
S'imaginer qu'il est là, mais où va-t-elle
Ainsi défrichant allègrement son delirium ?

La suivre dans son tourment de savoir les choses,
La voir passer par le même dédale d'incapacité,
Divaguer l'un et l'autre en oubliant les faits et causes
Même si l'amour n'a plus de raison de citer.

De l'amour romantique qu'elle s'échine à lui refuser,
Elle court pour l'oublier entre estampes japonaises.
Mais à chaque fois, elle revient le coeur brisé,
Le corps défait comme sortie d'un tableau de Véronèse.

Au moins sait-il qu'il peut mourir sans qu'elle le regrette.
Mais si elle meurt la première, il la suivra bientôt.
Quand il la verra morte sur la charrette,
Il n'aura de joie qu'on le tue aussitôt.


 
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